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Archive for the ‘Construction d’une croyance’ Category

Aucun homme de qualité ne peut s’intéresser à moi !

Imaginons Magalie, 30 ans, jeune et jolie femme pleine de qualités, vivant depuis 17 ans avec la croyance limitante ci-dessus. Voici comment sa croyance s’est construite :

A 16 ans, elle aime bien un garçon de son collège (appelons-le Benjamin, 17 ans, plutôt bon élève, sportif et très sympathique). Elle s’en est ouvre à sa mère, qui lui répond : « ce garçon est trop bien pour toi! tu t’es vue ma pauvre fille ? ».

Magalie se dit qu’elle n’est probablement pas assez bien pour ce garçon ou que ce garçon est sûrement trop bien pour elle. Quoiqu’il en soit, elle développe cette croyance : « un « gars bien » ne peut pas s’intéresser à moi ! ».

Si sa mère lui a toujours fait des remarques désobligeantes, si elle ne l’a jamais valorisée avant cela, si elle était elle-même narcissique, si elle a toujours dénigrée, humilié sa fille, bref, si Magalie s’est déjà construite avec une mauvaise image d’elle-même, ce terreau sera parfait pour que cette croyance s’y enracine.

Il se peut toutefois que :

– si ce garçon lui déclare son amour peu de temps après, ou encore

– si une expérience lui démontre très rapidement que les paroles de sa mère sont infondées,

cette croyance ne puisse pas naître. Magalie peut même en développer une autre, comme «ma mère est jalouse de moi» ou  encore «ma mère parle sans savoir». Les chances que cela arrive sont minces : les paroles prononcées par les parents sont déterminantes pour un enfant.

Revenons à notre histoire : Benjamin ne prête pas une attention particulière à Magalie car il la voit comme une bonne copine faisant partie de sa bande. Cette attitude peut donner l’impression à Magalie que sa mère a raison… Ce qui, au départ, est une impression se transforme dans l’esprit de Magalie en croyance et en vérité. En fait, Benjamin ne s’intéresse pas aux filles en général, il a d’autres centres d’intérêt, mais Magalie le prend pour elle à cause de la mauvaise image qu’elle a d’elle-même et à cause de la remarque de sa mère.

Une année passe et voilà que Benjamin commence à s’intéresser aux filles. Et puis arrive une nouvelle fille, au lycée, elle plaît à Benjamin qui commence à la fréquenter. Magalie reste une « vieille » copine. A ce stade de sa vie, pour elle, c’est bien sa mère qui avait raison, puisqu’il s’intéresse à une autre ! Elle commence sa vie de femme en croyant : « aucun homme de qualité ne peut s’intéresser à moi » .

Voyons comment sa croyance inconsciente (qu’elle prend pour la réalité) agira à l’âge adulte. Sans le savoir, elle « demande « à son cerveau, jour après jour, de lui confirmer ce qu’elle croit, de faire en sorte que cela soit la vérité !

Désormais elle a presque 30 ans, une bonne situation, elle a de l’humour, elle est généreuse, joyeuse et sa vie sociale est bien remplie. Elle a eu quelques aventures, mais elle souvent tombée sur des hommes dominants, narcissiques, la dénigrant. Un soir, elle est invitée par Edith, une amie, qui fête ses 30 ans avec faste : il y a beaucoup de monde à cette soirée.

Gabriel, un homme intéressant et bien dans ses baskets, selon Edith, repère Magalie. À cause de sa croyance, celle-ci ne pourra pas accepter l’idée que s’il l’abordait ce pourrait être parce qu’elle lui plaît ! Si elle a « identifié » Gabriel comme un homme de qualité, d’emblée, elle choisira d’autres explications à ses regards insistants : il veut un renseignement, ou il ne sait pas vers qui se diriger. Au mieux il cherche une amitié (comme Benjamin en son temps). Quoiqu’il en soit, elle ne fera pas le lien avec l’histoire de ses 16 ans.

Il est très difficile de repérer une croyance du fait du réflexe ancien qui la sous-tend.

Il faudrait qu’une amie pointe la situation avec insistance pour que Magalie entrevoit la démarche de Gabriel comme étant différente de ce que sa croyance lui impose. Si Edith lui dit, d’un air coquin :

– Dis donc, Gabriel te dévore des yeux depuis le début de la soirée !

Magalie répondra immédiat :

– Qu’est-ce que tu racontes ? Tu dis n’importe quoi !

– Mais si, je t’assure, il ne t’a pas quittée du regard !!

– Arrête un peu, tu n’es pas drôle !

Les croyances sont tenaces et sont de véritables entraves au discernement ! Elles imposent une déformation de la réalité.

Sans la sienne, Magalie aurait vu par elle-même qu’elle plaisait à cet homme. Peut-être aurait-elle aurait répondu :

– J’espère, il me plaît aussi…

Supposons une suite : Gabriel vient vers elle, Edith s’éclipse. Il en profite pour échanger avec Magalie quelques mots pour faire connaissance, mais son portable sonne au bout de 3 minutes, il s’excuse et s’éloigne. Edith en profite pour revenir vers elle :

– Alors, tu vois, qu’est-ce que je disais, tu lui plais vraiment ?

– Bof, c’est sûrement sa femme qui l’appelle, arrête un peu tes délires !

– Ecoute, fais un effort enfin ! pourquoi ne lui plairais-tu pas ?

– Parce qu’il est trop bien pour moi !

– Ha bon ? En quoi ?

– heuuu…

Magalie trouvera des arguments : ceux qui alimenteront sa croyance inconsciente. C’est un processus réflexe comme on l’a vu dans l’article chat échaudé craint l’eau froide. Il faudra à son amie persévérance et patience pour l’aider à faire une relecture de sa situation : bien que tout prouve le contraire à Magalie, sa croyance lui fait interpréter les événements selon ses filtres et donc, ses interprétations.

Dans une telle situation, il lui est très difficile de reconnaître seule qu’elle n’agit pas selon le principe de réalité.

Dans le cas où elle réussirait à identifier que sa vie amoureuse est conditionnée par «aucun homme de qualité ne peut s’intéresser à moi», il sera nécessaire de remettre cette croyance en cause pour s’en délivrer. Mais c’est un processus générateur de stress, ce qui réduit encore la possibilité d’y parvenir !

Synthèse :

Les croyances limitantes, comme leur nom l’indique, réduisent les capacités à entreprendre des choses ou à être au monde autrement. Plus elles sont anciennes, plus elles sont enfouies, plus elles sont inconscientes. Nos actes, nos comportements, nos ressentis et même nos pensées sont guidés par elles. On peut toutefois les repérer et bien que cela demande des efforts, il est possible de s’en délivrer et de les transformer.

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