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Archive for the ‘Votre enfance’ Category

Je vous propose de faire un point sur la manière dont vous vous êtes construit(e), enfant. Avez-vous reçu beaucoup d’attention, d’affection, de soutien et de câlins ? Avez-vous reçu des félicitations et des encouragements réguliers ? Avez-vous reçu une bonne nourriture émotionnelle ? Probablement pas, si vous lisez ces lignes.

Découvrez ici les deux parties d’une interview de Isabelle Nazare-Aga (partie 2).

 


Pourquoi ce manque de nourriture affective ? Peut-être vos parents avaient-ils manqué eux mêmes de reconnaissance, peut-être se servaient-ils de vous pour décharger leurs frustrations, leurs colères, leurs sentiments négatifs. Peut-être répétaient-ils les mêmes comportements que leurs propres parents (dureté, absence de tendresse, d’écoute, de considération…) ?

Dans tous les cas de figure, vous avez probablement fait tout ce que vous pouviez pour les satisfaire dans le seul but qu’ils vous aiment. Malgré tout, vous avez peut-être eu la sensation que ce n’était jamais suffisant : qu’il fallait être encore meilleure, dans tous les domaines. Au fil des années, vous avez alors fini par penser que vous ne seriez jamais totalement à la hauteur !

 

Alors, pour obtenir l’indispensable nourriture affective, essentielle pour de bonnes fondations émotionnelles, vous êtes-vous lentement conditionnée à plaire à tout prix pour les satisfaire et contenter aussi vos maîtres, vos professeurs et bien d’autres personnes autour de vous.

Un bon moyen de repérer si vos parents ont effectivement contribué à ne pas vous donner assez confiance en vous, de manière tangible, est de lire les listes suivantes et de voir en quoi elles vous concernent.

Il s’agit d’un extrait de l’excellent livre de Susan Forward (Parents toxiques : comment se libérer de leur emprise).

Comptez combien de fois vous répondez « oui, tout le temps », « oui, très souvent » ou « oui, régulièrement ». Certaines questions peuvent être angoissantes ou embarrassantes, ce qui est bien normal car il est question ici de VOS parents. Or, il est difficile d’admettre que ce sont nos parents qui ont pu nous faire du mal. Pensez à répondre « oui » même si un seul des parents est concerné par la réponse.

Vos parents sont-ils un peu, beaucoup, extrêmement ou pas du tout toxiques ?

Tout d’abord, quelle relation vos parents ont-ils eue avec vous lorsque vous étiez enfant ?

1. Est-ce que vos parents vous disaient que vous étiez méchant ou bon à rien ?

2. Vous adressaient-ils des insultes ?

3. Vous critiquaient-ils sans cesse ?

4. Est-ce que vos parents utilisaient la douleur physique pour vous inculquer la discipline ?

5. Est-ce qu’ils vous battaient avec une ceinture, une brosse ou d’autres objets ?

6. Est-ce que vos parents vous faisaient des choses qu’il fallait tenir secrètes ?

7. Avez-vous subi des violences sexuelles de quelque nature que ce soit ?

8. Aviez-vous presque toujours peur de vos parents ?

9. Aviez-vous peur de manifester de la colère contre vos parents ?

Vos parents avaient-ils une vie qui vous embarrassait ou vous perturbait ?

1. Est-ce que vos parents s’enivraient ou se droguaient ?

2. En étiez-vous perturbé, embarrassé ou effrayé ?

3. En éprouviez-vous de la peine, de la honte ?

4. Est-ce que vos parents étaient profondément déprimés ou inaccessibles, à cause de difficultés d’ordre émotionnel, ou d’une maladie mentale ou physique ?

5. Est-ce qu’il vous a fallu prendre soin de vos parents à cause de leurs problèmes ?

Ensuite, dans votre vie d’adulte…

1. Vous trouvez-vous impliqué dans des relations destructives ou abusives ?

2. Avez-vous le sentiment que si vous devenez trop intime avec quelqu’un, cette personne vous fera souffrir et/ou vous abandonnera ?

3. Vous attendez-vous au pire en ce qui concerne les gens ?

4. La vie en général ?

5. Avez-vous du mal à savoir qui vous êtes, ce que vous ressentez et ce que vous voulez ?

6. Avez-vous peur que les gens cessent de vous aimer s’ils découvrent votre véritable personnalité ?

7. Lorsque vous réussissez, vous sentez-vous angoissé, avez vous peur que quelqu’un ne découvre que vous n’êtes qu’un imposteur ?

8. Vous arrive-t-il de devenir furieux ou triste sans aucune raison apparente ?

9. Êtes-vous perfectionniste ?

10. Avez-vous des difficultés à vous détendre ou à vous amuser ?

11. Tout en ayant les meilleures intentions, vous surprenez vous à vous comporter exactement comme vos parents ?

Enfin, dans votre relation actuelle d’adulte avec vos parents…

1. Est-ce qu’ils continuent à vous traiter comme un enfant ?

2. Est-ce que beaucoup des décisions majeures de votre vie sont fondées sur l’approbation de vos parents ?

3. Éprouvez-vous des réactions émotionnelles ou physiques intenses à la pensée de passer du temps avec vos parents – ou après avoir passé du temps avec eux ?

4. Avez-vous peur de ne pas être d’accord avec vos parents ?

5. Est-ce que vos parents vous manipulent avec des menaces ou des reproches ?

6. Est-ce que vos parents vous manipulent avec l’argent ?

7. Vous sentez-vous responsable de la façon dont vos parents se sentent ?

8. S’ils sont malheureux, avez-vous le sentiment que c’est votre faute ?

9. Pensez-vous que c’est à vous d’arranger les choses pour eux ?

10. Croyez-vous que, quoi que vous fassiez, ce n’est jamais assez bien pour vos parents ?

11. Croyez-vous qu’un jour, d’une façon ou d’une autre, vos parents vont s’améliorer ?

Si vous avez répondu « oui » à au moins 12 de ces 36 propositions, vous êtes en droit de considérer que vos parents ne vous ont pas pleinement aidé à devenir un adulte vraiment confiant. Vous faites peut-être partie de ces personnes pouvant avoir développé une personnalité plus ou moins dépendante. Tout dépend du score que vous avez obtenu, mais plus avez de points plus le manque d’attention dont vous avez été victime a fonctionné comme un poison émotionnel, en créant en vous des besoins quelques fois excessifs d’être apprécié, voire approuvé en tant qu’adulte.

Un manipulateur sait profiter de ce que vous êtes encore en recherche de cette reconnaissance : il décèle vite qu’il peut vous faire céder, obtenir de vous ce que vous n’avez pas forcément envie de faire. Vous céderez parce que le manipulateur touche chez vous une corde sensible, une de celle que vous ne voulez pas sentir vibrer car cela vous cause des désagréments (la culpabilité, la sensation de ne pas être à la hauteur…, autant de ressentis que vous voulez faire cesser). Faire ce que le manipulateur exige vous permet de faire cesser cette vibration.

Remarquez que cela est valable en dehors de toute relation avec un manipulateur tel que décrit dans la littérature. Les vibrations que l’on veut voir cesser nous font agir de façon inadaptée ou dire des choses que l’on ne pense pas pour « avoir la paix », ou pour « éviter une situation ou une émotion très déplaisante ».

Considérez par exemple ces 2 types de situations :

Un parent et son enfant mineur :

Le fils hurle ou fait du chantage pour obtenir quelque chose : le parent préfèrera peut-être céder pour ne pas avoir à affronter la crise !

La fille pleure pour obtenir une sortie avec ses copines : le père ou la mère finira peut-être par céder là encore, pour éviter de faire face à la tristesse de son adolescente ou pour ne pas passer pour un parent ringard !

Un homme et une femme en couple :

La femme ne veut pas adopter une certaine position sexuelle. L’homme la traite de « coincée » ou de « frigide ». Pour ne pas qu’il pense cela d’elle (car ces termes lui renvoient une mauvaise image d’elle-même), la femme finira peut-être par abdiquer.

La femme souhaite que son partenaire lui offre des cadeaux somptueux pour son anniversaire. Ce n’est pas le cas. Elle peut mettre la pression en insinuant qu’il est pingre ou qu’il ne l’aime pas tant que cela ou encore qu’elle envisage de le quitter s’il ne fait pas plus d’effort financier pour la combler.

Ainsi, on le pressent bien, un manque d’estime de soi est le terreau idéal du manipulateur.

Lorsque le partenaire manipulateur « fait sa cour », au départ, il vous apporte (en apparence) précisément toute cette attention dont vous êtes assoiffé(e). Il sent intuitivement que vous êtes sensible au sentiment de toute puissance que vous apporte la fusion avec l’être désiré. Il sent aussi que vous ne mettrez pas (ou quasi pas) de limites à ses comportements, ce qui est normal, puisque vous n’avez appris cela nulle part.

Dans la dépendance, on en vient à compter excessivement sur une personne en particulier pour assurer notre bonheur. Ce bonheur inassouvi d’être reconnu, apprécié. Cette dépendance produit l’attente inconsciente du Prince Charmant (un livre excellent sur ce thème : Quand le prince n’est plus charmant, de Susan Forward). Elle est votre talon d’Achille, justement très recherchée par le manipulateur : il s’engouffre dans la faille émotionnelle créée par votre réflexe (de l’enfance) de chercher à plaire, pour lutter contre la crainte d’être abandonné ou rejeté.

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