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Pourquoi moi ?

Unknown

Toute victime d’un pervers narcissique se demande au moins une fois au cours de sa relation avec lui pourquoi c’est sur elle « qu’il a jeté son dévolu » ? Si elle a connu plus d’un PN, la question « pourquoi moi ? » est encore plus prégnante. Comment se fait-il que le PN insulte sa cible, la dénigre, la dévalorise, l’insécurise, la méprise, la maltraite, la menace régulièrement de rupture imminente, la dépersonnalise ET POURTANT, ne la quitte pas. C’est la quadrature du cercle ! 

Certes, il est plus dépendant qu’elle sur le plan relationnel, mais s’il « la garde au chaud » c’est surtout parce qu’elle a une belle et forte personnalité, c’est ce qui le stimule et le nourrit. En outre, plus la cible est brillante, plus il éprouve une vraie jouissance à asseoir son pouvoir et son emprise sur celle dont l’intelligence, aussi vive soit-elle, ne pourra jamais contrer ses nombreuses fourberies, car elle n’est pas « équipée » pour cela. Et pour peu qu’elle fasse partie de la population des surdoués, alors, c’est le comble de la délectation pour le pervers narcissique, aimanté par ce type de profil.

D’ailleurs, quand vous voulez faire savoir à votre entourage ce que vous subissez, rares sont ceux qui vous accordent longtemps du crédit. Pas uniquement parce qu’il sait se montrer charmant en public mais parce que, vous connaissant, vos proches ne peuvent concevoir que VOUS, vous seriez réellement capable de rester avec un tel individu ! Dans leur esprit, vous exagérez un peu non… !? Ou peut-être avez-vous mal interprété : « il ne l’a pas fait exprès », « il n’a pas voulu dire ça », « c’était une plaisanterie douteuse, mais il ne pensait pas à mal », « il a peut-être juste été maladroit », « il est peut-être en train de traverser une période difficile, ça passera », « mais enfin, pourquoi restes-tu avec lui? » La liste des arguments est longue, pour semer encore plus le trouble en vous.

Rappelez-vous : les personnes n’ayant jamais connu la maltraitance psychologique dans l’enfance et n’ayant, de fait, jamais subi la moindre manipulation perverse en amitié, en famille, en couple ou au travail, n’ont aucune connaissance de l’existence de tels êtres et méconnaissent les mécanismes d’emprise. *

Vous-même, vous ne vous reconnaissez plus, vous êtes désarçonnée par vos propres réactions, en état de sidération devant votre incapacité à réagir de manière adaptée, à savoir en ayant eu la bonne idée de le quitter au premier manque de respect avéré.

Dr Jekyll et Mr Hyde en action, donnant à voir le visage qui sert ses intérêts et opérant ce que Racamier appelait un « véritable détournement d’intelligence ».

Revenons au sujet : la rencontre avec le pervers narcissique est favorisée par une conjonction de facteurs. Un manque de confiance en vous, une estime de vous-même défaillante et surtout, un état momentané de vulnérabilité exacerbée. Le PN se sert habilement de votre fragilité temporaire liée à une rupture récente, un licenciement, un décès, des soucis financiers, un déménagement ou un accident.

C’est LE moment idéal pour un PN s’il croise votre route. Il met à profit cette période pour infiltrer votre vie, vous « tendre la main », passer pour l’homme providentiel et idéal que vous n’attendiez plus, mais, en réalité, Machiavel est à l’oeuvre dès la rencontre… il est déjà en train de répertorier chacune de vos qualités humaines, qu’il n’aura jamais et qu’il cherche à vampiriser, sans succès pour lui, bien qu’à votre détriment. Et voilà le cercle vicieux enclenché.

Dès lors, c’est votre capacité exceptionnelle à vous ressourcer de vous-même qui prolongera votre calvaire. Vous avez appris à le faire depuis l’enfance, envers et contre tout. Le PN « extorque » votre énergie, tandis que vous vous débattez, en utilisant votre faculté naturelle à vous « auto-recharger ».

Soyons clairs, même s’il ne l’avoue que très rarement, le pervers narcissique exècre les personnes malades, faibles ou fragiles, qu’il considère geignardes, plaintives, inintéressantes, voire encombrantes. Son radar lui permet d’ailleurs de faire la différence entre un état de mal-être passager et un état plus « structurel » de fragilité.

Une personne dépressive n’a pas l’énergie vitale pour affronter la folie d’un PN. Et il en faut pour faire face à l’alternance quotidienne douches chaudes-douches froides, aux montagnes russes et tout ce qu’il peut faire subir, sans états d’âme.

Faites le point sur vos propres qualités qui ont attiré à vous un ou des pervers narcissiques.

Ce qu’il faut retenir :

Si vous avez été ou si vous êtes la cible d’un PN, c’est que vous possédez au moins 80% des qualités humaines suivantes : vous avez une certaine force de caractère, vous êtes douée d’altruisme, d’empathie, vous croyez fondamentalement en la bonté humaine, avec une certaine naïveté, une certaine candeur. Vous croyez aux valeurs de solidarité et d’entraide, vous possédez le sens de l’écoute. Vous avez la capacité de donner, d’aimer, de partager et la volonté de communiquer, de construire des relations solides et sincères. Vous savez vous remettre en question (trop). Vous êtes autonome, indépendante, courageuse. Vous avez de l’énergie à revendre, vous êtes généreuse, passionnée, ouverte, sociable, tolérante (trop), on apprécie vos valeurs éthiques et morales, votre consistance, votre intégrité, votre constance également. Vous vous intéressez à l’avenir de l’humanité, vous êtes souvent concernée par une certaine forme d’écologie ou, a minima, de non-gaspillage. Les épreuves de la vie n’entament pas facilement votre optimisme ce qui vous confère l’art de rebondir… Et il est probable que l’on vous considère jolie et intelligente. Je vous laisse compléter la liste, à votre convenance.

Quels sont par exemple vos savoir-faire, vos talents personnels : êtes-vous douée pour la décoration, la gestion de l’argent du ménage, la couture, le tricot, le chant, la peinture, la sculpture, la cuisine, le sport, les langues, l’apprentissage de nouvelles activités, l’organisation de voyages, celle de la maison, etc. combien de choses aimez-vous faire, combien de projets aimeriez-vous mener à bien ?

C’est donc une bonne nouvelle ! Vous êtes pleine de belles qualités et surtout, vous êtes forte !

Comment un PN pourrait-il résister à une telle abondance de qualités dont il est totalement dépourvu et dont il aspire désespérément à se remplir? C’est aussi alléchant et irrésistible que du sang frais pour Dracula.

Alors prudence, lors d’une prochaine rencontre : exercez votre discernement, ne donnez pas tout, tout de suite à un beau parleur, prenez le temps de le connaître. Posez-vous les bonnes questions : êtes-vous dans une période de transition, de précarité matérielle ou émotionnelle ? Vous sentez-vous fragile, fatiguée, abattue ? Si oui, restez sur la réserve, le temps de vous refaire une santé psychologique et donnez du temps au temps.

* Qui peut y voir clair ?  Seuls les gens avertis, c’est-à-dire ceux qui ont déjà été sous l’emprise d’un PN et ont appris à reconnaître leur profil. Les psychiatres eux-mêmes, dans le cas heureux où ils reconnaissent l’existence des PN, ont du mal à s’y retrouver sur certains profils toxiques. Pour un individu lambda, comment distinguer un profil de pervers narcissique d’un conjoint un peu difficile à vivre, à l’humeur parfois changeante, pas toujours très à l’écoute ?

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