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Archive for the ‘La communication’ Category

Peu de personnes font la distinction entre confrontation et affrontement, beaucoup utilisent l’un des deux mots pour l’autre.

Pourtant, il est important de bien les distinguer l’un de l’autre :

La confrontation concerne les idées et permet d’engager le débat tandis que l’affrontement concerne les personnes et mène à la guerre.

Le pervers narcissique ne connaît pas la confrontation malgré ses dires. Lorsqu’il vous lance, sans ménagement : « de toute façon, avec toi, on ne peut pas discuter », il faut reconnaître dans cette phrase, déjà, le germe de l’affrontement, puis qu’il se pose en juge et en critique. Le ton et le regard, bien souvent, accompagnent ce jugement lapidaire, prononcé dans le but de vous faire fléchir ou de clore le sujet.

Quoiqu’il en soit, ce que dit alors le PN c’est : « je n’arrive pas à te plier à mes idées, à te persuader que j’ai raison… donc on ne peut pas discuter avec toi…».

Soyez zen et surtout ne le croyez pas. Ne tenez pas compte de cette phrase, généralement prononcée lorsqu’on est à court d’arguments et qu’on n’a pas réussi à infléchir l’autre et restez vigilant à ne pas la prononcer vous-même.

Les conflits sont inhérents à la vie : il n’est pas nécessaire d’être deux pour être en conflit. Il peut arriver que nous soyons en conflit avec nous-mêmes, pour et contre à la fois, d’accord sans vraiment l’être, à cheval sur deux positions et c’est tant mieux car il est parfois souhaitable d’être dans la nuance, le doute, l’ambiguïté, l’incertitude.

Que se passe-t-il dans une relation « normale » quand l’autre nous tient des propos avec lesquels nous sommes en désaccord ? Et bien, souvent, nous le disons, nous défendons notre point de vue, notre idée, notre vision, tranquillement, sans animosité ni agressivité.

  • Je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis.
  • Je préfère que nous envisagions un autre type de solutions.
  • Je ne vois pas du tout les choses de cette façon.
  • Cette proposition ne me convient pas.
  • Ce que tu as fait est méchant.
  • Ce n’est pas généreux de ta part.

Ce type de réponse permet de marquer sa position, de faire preuve de respect, de garder une certaine fermeté sur le fond, d’éviter l’escalade, de dissiper les malentendus et la confusion. Indirectement, cela autorise l’autre de faire de même. Chaque interlocuteur aura sa vision des choses tout en respectant celle de l’autre, évitant ainsi l’affrontement.

Celui-ci survient quand le respect n’est plus à la base des échanges. Il indique que l’on a dépassé la simple fermeté de position, qu’il y a eu escalade verbale puis dérapage et l’agressivité a fait perdre le contrôle.

L’un des protagonistes tente de soumettre l’autre à ses arguments par la culpabilisation, la menace, le chantage, les cris, etc. Les faits ne sont plus au cœur de l’échange. L’autre devient la cible des attaques.

  • Tu es nulle, tu réfléchis comme un âne.
  • Vous êtes très limité.
  • De toute manière, tu ne sais pas de quoi tu parles.
  • Vous feriez mieux de réfléchir avant de parler.
  • Tu es méchante.
  • Tu es égoïste !

Remarquez bien la différence :

– dans la confrontation, le sujet est ‘je’ ou un acte.

– dans l’affrontement on privilégie ‘tu’ et ‘vous’ comme sujet de la phrase, pour disqualifier, enfermer l’autre dans une boîte étiquetée. ‘Vous êtes limité, ‘tu es méchante’…

Notez que l’affrontement, ou conflit, est un obstacle à la communication et c’est bien de cela que le PN va user, plus ou moins habilement, plus ou moins ouvertement, car il ne communique pas sur des bases saines et respectueuses !

 

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Comparons ces schémas de résolution de conflit : d’un côté via une communication saine et de l’autre, via une communication avec un manipulateur.

Conflit normal                                      

• Il y a un vrai débat

• Il y a un sujet ouvert au conflit

• Il y a des éclats de voix

• Les 2 parties s’énervent ou peuvent s’énerver

• Il y a conciliation

• Il y a souvent des excuses de part et d’autre

• Il y a généralement recherche d’un consensus

Conflit avec un manipulateur

• Le vrai débat n’existe pas

• Le manipulateur n’évoque jamais le sujet réel du conflit, au contraire il le nie !

• Il n’y a pas d’éclat de voix de la part de l’agresseur : son ton « calme », voire froid, provoquera votre colère et frustration

• Le manipulateur ne s’énerve pas mais se moque de votre colère et la tourne en ridicule

• Il n’y a pas de conciliation

• Il n’y a pas d’excuses du manipulateur

• Il y a généralement recherche de domination et de soumission de la part du manipulateur

Que faire ? Faites le point avec vous-même :

Établissez un examen de conscience objectif sur vos qualités et défauts car bien souvent le manipulateur se sert d’un seul acte de la personne pour la juger sur sa globalité, par exemple : « Est-il vrai que je suis égoïste ? Voilà tout ce que j’ai fait pour lui depuis trois ans… », « Est-il vrai que je ne suis pas à la hauteur ? Voilà les éléments que je peux mettre à mon actif… ».

Ensuite, faites le tri de ce qui relève réellement de votre responsabilité car le propre du manipulateur est de brouiller les frontières en faisant passer ses besoins avant les vôtres : « Est-ce que son problème existe indépendamment de moi ou en suis-je vraiment à l’origine ? » « Jusqu’où puis-je répondre à sa demande tout en me respectant ? ». Une fois que vous aurez évalué vos limites, vous pourrez prendre une décision claire.

Deux stratégies s’offrent alors à vous : la contre-manipulation ou l’affrontement (je dis bien l’affrontement et non la confrontation).

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Je communique

Tu communiques

Il communique

Nous communiquons tous, et pourtant, quand….

Vous communiquez avec des manipulateurs, vous avez la sensation qu’ …

Ils ne communiquent pas ! C’est normal, ils usent de stratégies.

« Entre ce que je pense,

Ce que je veux dire,

Ce que je crois dire,

Ce que je dis,

Ce que vous avez envie d’entendre,

Ce que vous croyez entendre,

Ce que vous entendez,

Ce que vous avez envie de comprendre,

Ce que vous croyez comprendre

Ce que vous comprenez,

 Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés

 à communiquer,

 Mais essayons quand même… »

 Edmond WELLS, Encyclopédie du Savoir relatif et absolu

Il y a donc fort à parier qu’entre ce qu’une personne veut dire et ce que son interlocuteur comprendra, il y a un océan. Mais si elles veulent vraiment se comprendre sur ce qui est essentiel, elles y parviendront. Deux personnes voulant s’entendre et se comprendre chercheront à dissiper les malentendus, les quiproquos et les interprétations personnelles, autant de petites contrariétés qui provoquent les malaises.

Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’écouter une personne (A) vous raconter les déboires qu’elle a eu avec une autre personne (B). Au travail, dans la famille ou parmi des amis qui divorcent. Vous avez attentivement écouté la version de A et un jour, si vous avez eu l’occasion d’entendre celle de B, peut-être qu’à la lumière de ce nouvel éclairage, votre opinion sur la situation a un peu changé. Cette situation assez fréquente reste heureusement bien souvent sans conséquences. En particulier dans des situations banales et lorsque A et B racontent finalement à peu près la même histoire. Les filtres personnels de chaque protagoniste nuancent les récits selon ce qui a marqué l’un ou l’autre, en fonction de son passé, de ce à quoi il est réceptif et sensible, mais au final, les deux racontent la même chose.

Supposons à présent que le discours persuasif de A donne subtilement de B l’image d’une personne infâme. À la fin du récit, c’est évident : A ne peut être que la pauvre victime de B. C’est pourquoi A mérite, à vos yeux, compassion et soutien mais B un châtiment sévère.

Cependant, il se pourrait que A soit de mauvaise foi, qu’il raconte les événements non pas en fonction de ses filtres, mais en fonction de ce qui l’arrange, de son objectif personnel. Il ne se contente pas de faire un petit discours sélectif et convaincant, il ment, il joue la comédie, etc. Au final, ce qu’il raconte n’aura plus du tout la même coloration que l’histoire de B, ce sera même perçu comme une autre histoire.

Alors qui croire quand on entend deux versions si dissemblables de la même histoire ? Si A prétend être la victime de B et B celle de A, à qui faut-il se fier ? Nous entrons dans le vif du sujet. Dans ce cas de figure, il est probable que l’un d’eux soit réellement la victime de l’autre, mais ce n’est pas forcément celle que l’on croit. Démêler le vrai du faux peut s’avérer plus qu’un casse-tête, une impasse. Cependant, lorsque l’on connaît les manipulateurs, il est possible que ce soit plus simple à démêler qu’il n’y paraisse : bien connaître le mode opératoire de ces personnes dans leur façon de communiquer, faire appel à son discernement et écouter son intuition sont des atouts majeurs. Il est toujours possible de se tromper, mais pour qui ne connaît pas l’existence de ces êtres machiavéliques, la confusion peut régner longtemps.

Le manipulateur a une stratégie. Il vous parlera de B en s’appuyant sur ses points faibles et utilisera vos valeurs personnelles comme ressort. S’il s’adresse directement à sa victime, il s’appuiera sans état d’âme sur son sens de la culpabilité, ses scrupules ou son sens des responsabilités. Celui ou celle qui fait directement les frais de la manipulation, ne peut en être victime que parce qu’il ou elle est animé de sens moral. Il est impossible de harceler un individu cynique ou une personne dénuée d’empathie. La plupart des gens sont donc influençables, voire manipulables jusqu’à un certain degré, et c’est plutôt bon signe, individuellement et collectivement.

Il n’est pas possible pour un manipulateur de harceler une personne (son conjoint, son collègue, son associé, son enfant) sans que, d’une manière ou d’une autre, l’entourage – lui aussi manipulé – ne prenne fait et cause pour le bourreau travesti en victime apparente…

Bien que très toxiques et destructeurs, les pervers narcissiques sont très minoritaires (selon Isabelle Nazare-Aga, ils représentent entre 2 et 3 % de la population. Si l’on compte les manipulateurs qui ne sont pas pervers narcissiques, j’évalue plutôt à 15%, la proportion d’individus cherchant à manœuvrer les autres de manière quotidienne, comme un mode d’échanges). Il y a donc des risques pour que vous soyez vous-même la victime directe d’un manipulateur un jour ou l’autre.

Alors regardez autour de vous. De qui prenez-vous la défense ? De qui épousez-vous la cause ? Qui vous demande d’agir en sauveur ou en soutien ? Qui est le soi-disant « salopard », le soi-disant « bourreau » que vous avez condamné sans appel, sur la foi d’un seul témoignage : celui d’une soi-disant « victime »? Etes-vous sûr que, sans le vouloir, et en toute bonne foi, vous n’êtes pas manipulé ?

Conseil : pour ne pas être manipulé dans un conflit entre deux personnes, écoutez les deux points de vue et observez. Ne prenez pas parti. Proposez une médiation. Si les deux adversaires accueillent l’idée de médiation avec soulagement, vous avez affaire à des personnes de bonne foi. Si la victime apparente refuse catégoriquement la médiation et tente de vous convaincre par la séduction, la colère ou les larmes, d’épouser sa cause, vous avez peut-être bien affaire à un manipulateur.

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Suite de Comm avec PN partie 1.

5. Il use du paradoxe

Le manipulateur ou le pervers se complaît dans l’ambiguïté. Il est doté d’un talent inégalable pour retourner les situations. Ainsi, il nous communique ses besoins, ses jugements sur nous et sur autrui ainsi que ses opinions sur le monde mais il les change constamment selon les personnes et les situations qu’il rencontre. Il lui est aisé de modifier avec conviction ce qu’il affirmait il y a quelques jours, voire quelques minutes afin de semer le doute et la confusion dans l’esprit de sa victime.

Si cette dernière fait part au manipulateur de son incohérence évidente, il niera farouchement et ce, même en présence de témoins, qui par ailleurs sont rares. De plus, il est tout à fait capable d’accroître ce sentiment d’incompréhension suscitée auprès d’elle en l’accusant de mal interpréter ses propos ou en la qualifiant de personne instable.

Ses messages paradoxaux, doubles et obscurs, bloquent la communication et place sa victime dans l’impossibilité de fournir des réponses appropriées, puisqu’elle ne peut comprendre la situation. De cette manière, le manipulateur va épuiser la victime à trouver des solutions qui seront par définition inadaptées et rejetées par le manipulateur pervers dont elle va susciter les critiques et les reproches. Quelle que soit la résistance de la victime, elle ne peut éviter l’émergence de l’angoisse ou de la dépression. (Marie-France Hirigoyen, « Le Harcèlement Moral », « La communication perverse », p. 111).

6. Il divise pour mieux régner

Diviser et cloisonner ses relations, est un art dans lequel le manipulateur excelle et ce pour plusieurs objectifs :

• Par prudence afin que ses victimes ne puissent pas recouper ses mensonges ou qu’elles ne puissent pas s’allier contre lui.

• Provoquer des conflits entres elles et en tirer un réel plaisir à y assister mais aussi, gagner en puissance face à celles-ci car elles en sortent fatalement affaiblies.

Pour ce faire, il les monte les unes contre les autres en provoquant des rivalités ou de la jalousie, ou encore d’autres sentiments négatifs et ce, au moyen de mensonges et de médisances.

7. Il impose son pouvoir

Le manipulateur est persuadé de détenir la vérité absolue, il ne dialogue pas, il monologue sur ses idées préconçues. C’est aussi une façon sournoise de ne pas à avoir à débattre intelligemment, par ailleurs, lorsque vous lui soumettez votre avis il n’hésite pas à vous coupez la parole ou il adopte une attitude désintéressée, ou encore une attitude désapprobatrice en faisant « non » de la tête ou en roulant les yeux en l’air.

En outre, il est parfaitement capable d’inventer des proverbes, faisant ainsi glisser le propos initial du particulier au général.

Et enfin, bien que son discours énonce des propositions qui paraissent des vérités universelles, la plupart du temps le manipulateur a tort, ses postulats de départ sont souvent erronés. Malgré cela, il sait maintenir sa victime en position de respect et ce, grâce à son assurance, son attitude pédante mais aussi en se projetant, exemple : il ne dira pas « Je n’aime pas cette personne » mais plutôt « Celui-là est un imbécile, tout le monde le sait… comment ne pourrais-tu pas le voir !? ».

 8. En bref

Le harcèlement psychologique est d’une violence inouïe. La communication avec un manipulateur ou un pervers prend des allures de chemin labyrinthique, impossible de trouver la sortie. Cette communication est tellement tordue que vous vous demandez si vous ne devenez pas fou ou folle (Isabelle Nazare-Aga, « Les manipulateurs et l’amour »).

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Communiquer avec lui : attention, danger !

La COMMUNICATION VÉRITABLE avec un manipulateur est IMPOSSIBLE car il n’est pas capable de communiquer de façon simple, authentique, claire et saine avec autrui, en particulier avec sa cible. Pour la galerie, il peut donner le change tant que le sujet ne concerne pas son attitude, sa personnalité et tant qu’il n’est pas remis en question.

En effet, la manipulation est le seul moyen de communication qu’il connaisse, aussi se complait-il dans une communication ambiguë en faisant usage de toute une série de techniques pour la dévier de son objectif premier, la bloquer ou la fuir. Paradoxalement, c’est lui-même qui va affirmer que vous communiquez mal.

« Le mode de perception du manipulateur et ses processus cognitifs sont perturbés dans le sens pathologique du terme. Vous ne cessez de vous interroger sur l’irrationalité du raisonnement de ce partenaire. » (Isabelle Nazare-Aga, « Les manipulateurs et l’amour »)

1. Il refuse la communication directe

De façon subtile ou franchement évidente, le manipulateur fuit toute discussion qui le met dans l’embarras. Il peut tirer deux avantages de cette ruse habile : cela lui permet d’aggraver le conflit tout en l’imputant à l’autre mais aussi d’être perçu comme un individu plein de grandeur et de sagesse, par qui ne perçoit pas l’intention méprisante de son silence.

Pour fuir ouvertement une discussion, le manipulateur use de toute une série de stratégies dont voici quelques exemples :

• Il arrive en retard : la majorité des manipulateurs ne respectent pas la ponctualité et se font attendre.

• Il est absent alors qu’il a promis de venir.

• Il refuse de consulter un thérapeute conjugal avec vous ou pire : il vous y accompagne pour une première séance (vous pensez qu’il va enfin se remettre en cause !?) puis il vous convainc de l’incompétence du professionnel afin de ne plus y retourner.

• Il s’échappe physiquement en pleine discussion en changeant de pièce ou en sortant faire un tour.

• Il raccroche soudain le téléphone.

• Il arrête subitement une conversation avec vous, surtout lorsque c’est vous qui êtes en train de parler.

• Il s’intéresse à autre chose lorsque vous prenez la parole, par exemple en téléphonant à quelqu’un d’autre.

• Il remet toujours à plus tard en inventant de nouvelles excuses.

• Il boude avant que le débat ne soit clos : c’est une technique très courante du manipulateur. Il est capable de bouder des heures voire des jours entiers sans que vous en connaissiez la réelle raison or, il vous affirmera l’inverse. C’est pour lui un excellent moyen de vous culpabiliser.

• Il se manifeste uniquement de façon non verbale : haussement d’épaules, soupirs, regards désapprobateurs, yeux en l’air, sourires ironiques, froncements des sourcils, etc.

• Il affirme détester les conflits. En réalité, il les provoque. Il justifie ainsi sa non-participation au débat qui vous tient à cœur. Parfois il dit que les conflits sont normaux dans un couple pour justifier ses provocations.

En outre, il utilise d’autres moyens plus subtils pour fuir la discussion authentique, notamment pour résoudre les problèmes.

Ceux-ci sont explicités dans les points suivants.

2. Il déforme le langage

Le flou

• Il répond évasivement de manière délibérée, entretenant ainsi la confusion.

• Sans porter d’accusation claire afin de ne pas se compromettre, il utilise des allusions voilées et insidieuses qui, finalement, vont réussir à semer le doute mais aussi induire des sentiments, des réactions, des actes, ou, au contraire, les inhiber.

• Il entretient un discours paradoxal.

L’embrouille

Un procédé verbal habituel du pervers (visant à vous déstabiliser) est d’utiliser un langage très technique, sophistiqué voire abstrait et dogmatique : ses formulations, ses mots, ses syntaxes sont incompréhensibles. Plus les mots sont savants, plus les syntaxes sont tordues, moins vous saisissez ce qu’il vous dit et votre argumentation ne peut donc plus rebondir sur un argument concret.

La lecture de pensée

Ce procédé consiste (chez le PN) à nommer les intentions de l’autre ou à deviner ses pensées cachées, comme s’il était le mieux placé pour les connaître :

• Il interprète, il transforme ce que vous dites et vous prête de fausses intentions.

• Il projette : c’est-à-dire qu’il vous accuse d’avoir un comportement ou une intention qui correspond davantage à ses propres comportements ou intentions (on parle de projection), par exemple : « Avoue que tu as un amant ! » alors que c’est lui qui vit ou désire une relation extra conjugale. « Je ne peux jamais compter sur toi » alors que c’est vous qui ne pouvez jamais compter sur lui.

Prêcher le faux pour savoir le vrai

Cette tactique est mise au point par le manipulateur pour vous surveiller et vous tirer les vers du nez.

« La pratique la plus courante consiste à transformer une supposition en affirmation ou à poser une question incluant un élément erroné, par exemple : « ta sœur a bien fait de vendre sa voiture à ton frère !« . Ce à quoi vous répondez spontanément : « elle lui a donné la voiture, elle ne lui a pas vendue !« 

Voilà ! le tour est joué, le manipulateur se demandait si le frère avait assez d’argent pour s’acheter une voiture d’occasion. La véritable question est d’autant mieux camouflée que la conversation est légère et positive. (Isabelle Nazare-Aga, « Les manipulateurs et l’amour »)

3. Il ment

Certes, le manipulateur ou le pervers est un menteur invétéré, cependant il ne ment pas à tout propos. Le plus souvent, il effectue de sensibles falsifications de la vérité ou en omet une partie. Cette désinformation volontaire mêlée de mensonge et de sincérité est très déstabilisante pour l’interlocuteur. Et si vous découvrez la vérité, il va tenter de retourner la situation pour vous convaincre que vos preuves n’en sont pas.

4. Il manie le sarcasme, la dérision, le mépris et disqualifie

Cette attitude crée très rapidement une atmosphère désagréable, elle permet de faire tomber la méfiance et surtout, d’éloigner la discussion du propos initial, par exemple : lorsque vous exprimez de la colère, il dit soudain une phrase du type « Mh, t’as de beaux yeux tu sais. » ou « t’es belle quand tu es en colère!« .

La communication perd son sens, elle est pervertie pour se muer en une arme de contrôle et de pouvoir sur vous. L’impact psychologique des mots est phénoménal, des petits mots peuvent traduire une grande violence, ils résonnent en nous comme le ferait un coup de marteau sur la tête. (Isabelle Nazare-Aga, « Les manipulateurs et l’amour »)

Certains manipulateurs utilisent les mots au service de l’humour et en font généralement profiter la galerie en public, or, dans l’intimité, cet humour devient sarcastique et ironique sur les autres et particulièrement vous. Leurs allusions caustiques voire misogynes reflètent bien une vérité très violente et masquée.

Aussi, ces railleries consistent à ne pas donner aux mots leur valeur réelle ou complète, ou à faire entendre l’inverse de ce qu’on dit. Dans son livre, « Les manipulateurs et l’amour », Isabelle Nazare-Aga cite :

« Ainsi, dire quelque chose dans l’intimité et laisser entendre le contraire en public, faire ressentir de la tension, de l’hostilité sans que rien en soit clairement exprimé, représentent des armes efficaces. Il est donc naturel que le conjoint ciblé par ces attaques sournoises y réagisse le plus souvent avec agressivité. Le manipulateur s’empresse alors de le qualifier de « susceptible », « d’hypersensible », de « parano » ou « dénué d’humour ». La moquerie semble beaucoup exciter les personnalités narcissiques sauf si celles-ci leur est adressée, bien sûr. »

Le manipulateur impose une communication au service de la dévalorisation, il ridiculise le partenaire en public, se moque de ses convictions, de ses goûts, de sa religion, de ses origines, de son aspect physique, etc. Déprécier l’autre est sa manière (paradoxale) d’obtenir une gratification personnelle.

Parmi toutes les expressions dévalorisantes, citons quelques exemples retenus par les témoins : « Tu es un despote, un égoïste, une femme facile, une salope, ou encore une putain.« 

Les insinuations : « Si tu as raté ta vie avant, c’est pas pour rien !« .

Les jugements définitifs : « Pauvre impuissant », « t’es une mauvaise mère.« .

Les questions ironiques : « Comment est-ce possible d’être aussi bête ?« .

Les surnoms méchants : « La grosse » se suivent et se ressemblent, la liste est longue.

Lire la suite sur Comm avec un PN partie 2.

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