Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Quitter : la solitude salvatrice’ Category

Unknown-1

Vous avez récemment quitté PN, définitivement. Malgré le massacre dont vous avez été l’objet, paradoxalement, vous éprouvez cruellement le vide, pire, vous vous sentez en manque, comme un drogué qui a besoin de sa dose. C’est normal.

Pourtant, c’est bel et bien LE moment de CHOISIR une période de solitude salvatrice.

Une fois le PN éloigné, nous l’avons vu, il faut respecter le principe de : « pas le moindre contact ». Bien sûr, l’idée de vous retrouver seule le matin au réveil, le soir, le week-end, lors de soirées et de sorties, est une perspective peu engageante, voire effrayante. Vous avez pris l’habitude de vivre pour lui, à travers lui. Il se peut aussi que la dépendance financière, matérielle ou sexuelle amplifie votre terreur de la solitude à venir, surtout s’il vous a distillé ses contre-vérités : « si tu crois que tu trouveras mieux que moi après moi, si tu penses que quelqu’un d’autre que moi pourrait te supporter, sans moi tu n’es rien, tu n’existes pas… ».

Rompre, dans tous les cas de figure, ce n’est pas seulement quitter quelqu’un. C’est également dire adieu à ses rêves, ses projets, ses illusions et ce processus nous plonge fatalement dans les angoisses et les questions inhérentes à ce retour au « célibat forcé ». Sans compter que, la plupart du temps, une rupture est vécue comme un échec, parfois cuisant. C’est pourquoi de nombreuses personnes cherchent rapidement, et à tout prix, à se rassurer par des moyens factices et inefficaces à terme.

Il est plus judicieux d’essayer d’abord de comprendre ce qui a fait capoter votre relation, de faire le point sur la part respective des responsabilités de chacun dans le naufrage du couple. Cette démarche requiert du temps, de la réflexion, du courage. Il faut aussi avoir la capacité de se remettre en question et la volonté de revisiter certaines de vos croyances sur les hommes, les femmes, le couple, l’amour, les attentes.

C’est pourquoi je préconise une période de solitude, indispensable à ce travail d’introspection, période d’autant plus cruciale qu’il faut, dans le cas particulier d’une relation toxique avec un pervers narcissique, faire, de surcroît, un double travail complémentaire : dégorger le poison émotionnel accumulé au cours de la relation et entreprendre une restauration intérieure, psychique et émotionnelle. Pour ce faire, vous devez vous recentrer sur vous-même et si possible, le faire avec l’aide d’un excellent thérapeute.

Ne craignez pas cette période de solitude qui ne peut être que bénéfique.

Beaucoup de personnes préfèrent pourtant s’étourdir frénétiquement pour oublier leurs désillusions et contourner les problèmes de fond : en sortant tous les soirs, en buvant ou en fumant plus que de raison, en s’inscrivant immédiatement sur les sites de rencontres pour s’enivrer dans des rencontres éphémères, consommer du sexe de manière compulsive et se « rassurer » sur leur pouvoir de séduction. Cela leur barre la route à une possible future rencontre, belle, sincère et stable. Au préalable, il est nécessaire de comprendre pourquoi vous êtes dépendante sur le plan affectif, pourquoi vous croyez que votre amour peut sauver l’autre ou pourquoi vous avez tant de mal à vous respecter.

N’allez pas croire non plus que chercher un autre partenaire avec qui construire un nouveau couple durable serait une consolation. Le risque est trop grand de vous retrouver rapidement engluée dans une relation similaire, généralement plus violente encore. Que serait cette nouvelle relation ? Un pansement ? Un moyen d’éviter l’auto-critique et la réflexion ?

Éviter de se lancer tête baissée dans une nouvelle relation évite donc le risque de reproduire un schéma délétère.

Mieux vaut opter pour une solitude consentie, pour réfléchir et comprendre. C’est une condition nécessaire pour un rétablissement réussi, loin des habituels jeux de séduction et autres RDV futiles qui ne peuvent qu’entraver le travail personnel.

Il ne s’agit pas de vivre en ermite, mais de ne pas s’éparpiller, de ne pas se perdre encore plus soi-même. Le PN a déjà bien réussi à vous dépersonnaliser, ne prenez pas le relais de son travail de sape. Comme le dit Jacques Salomé, il est bon d’apprendre avant tout à être un bon compagnon pour soi-même.

D’ailleurs, remarquons que le PN, lui, ne supporte pas la solitude. Comment le pourrait-il, il ne se supporte pas lui-même. Vous ou une autre, c’est la même chose, vous êtes interchangeable pour lui. C’est pourquoi il ne traîne jamais pour trouver une nouvelle proie.

Ce qu’il faut retenir :

Si la période de solitude est choisie et assumée, elle sera d’autant plus bénéfique pour vous : elle vous donnera l’occasion de retrouver une certaine sérénité, de rendre à l’autre sa part de responsabilité (ses paroles, actions, pensées, ses désirs et attentes, ses jugements sur les autres, sur vous, lui appartiennent) et de faire un point sans détour sur votre manque d’estime de vous, vos croyances sur l’amour, et sur le lien étroit entre votre enfance et ce qui vous a amenée à vivre cette relation mortifère…

Sans compter que peu à peu vous allez reprendre goût à la vie, au rire, aux amitiés et relations sincères, reprendre une activité ou commencer une nouvelle activité qui vous tenait à cœur et dont la relation vous avait tenue éloignée… etc.

Tout ceci prends du temps et si vous êtes vous-mêmes dans cette phase de post-rupture, peut-être avez-vous déjà expérimenté cette nécessité de ne pas être parasité par trop de choses qui pourraient vous tenir éloignée d’une nécessaire « retraite ». Ne soyez pas pressée et rappelez-vous :

On ne peut empêcher les oiseaux noirs de voler au-dessus de nos têtes, mais on peut les empêcher d’y faire leur nid.

 

Publicités

Read Full Post »