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Archive for the ‘Zéro sale con’ Category

Steve Jobs : sale con certifié ? Sans aucun doute !

C’est l’une des déclarations (pas un scoop malheureusement) du livre de Robert Sutton (« Objectif zéro-sale-con ») sur le génie très lucratif d’Apple, j’ai nommé « Hero-Shithead-Roller coaster » (« Héros – Tête de merde – Montagnes russes »), surnom peu flatteur mais très évocateur de Steve Jobs.

Harcèlement, humiliations, crises de rage, menaces, etc. étaient le lot quotidien subi par l’entourage. Se faire ‘Stever’, licencié par Steve Jobs, était facile : il suffisait de ne pas se montrer assez persuasif dans ses arguments pour justifier une promotion !!! Chacun travaillait dans la crainte de ne pas pouvoir tenir les délais délirants de ce despote paranoïaque, contrôlant et odieux.

Le livre de Robert Sutton, au sous-titre imagé « Petit guide de survie face aux connards, despotes, enflures, harceleurs, trous du cul et autres personnes nuisibles qui sévissent au travail » s’intéresse aux conséquences des attitudes des individus nuisibles en entreprise.

Professeur de management à l’Université de Stanford, en Californie, Sutton est spécialiste du ‘comportement organisationnel’ (Organizational Behavior) « dont l’objectif est de mieux comprendre les comportements que les organisations engendrent, favorisent ou autorisent, les processus qui les font naître, et les conséquences pour les individus et pour les organisations elles-mêmes. » (Hervé Laroche, Préface de l’édition française).

Son approche rejoint la mienne : elle inclut l’analyse de Marie-France Hirigoyen dans « Le harcèlement moral » et celle de Christophe Dejours dans « Souffrance en France ». Pour l’une, le harcèlement est possible du fait des personnalités perverses, pour l’autre, il est généré par la guerre économique.

Les « sales cons certifiés » en entreprise sont les héros peu glorieux du livre de Sutton qui les décrit comme des ‘trous du cul’ (assholes en anglais) facilement reconnaissables : a minima dominateurs, au pire manipulateurs, tyranniques ou cruels. Rampants, flatteurs ou serviles envers plus puissant qu’eux, ils n’ont pas de scrupules à exercer leur malfaisance envers ceux qui sont sous leurs ordres et plus généralement sur plus faibles qu’eux.

Pour l’auteur, il est indispensable de prévenir plutôt que de guérir : détecter les sales cons dès l’entretien d’embauche est la première manière de prévenir. Les entreprises qui optent pour un processus plus méticuleux, plus long et plus fin, s’évitent quelques déboires : une fois le ver dans la pomme il est difficile de le canaliser, voire de s’en débarrasser.

En général, il est utile de prévenir les conflits, désamorcer les tensions, rééduquer les personnes, ce dont peu d’entreprises se soucient vraiment. Peut-être parce qu’elles s’attachent au coût immédiat qu’occasionnent ces mesures. En outre, il est rarement possible de faire évoluer les sales cons ‘oscarisés’. Seules les entreprises réellement préoccupées de voir leur personnel épanoui et serein n’hésiteront pas à prendre des mesures radicales, dès qu’elles le peuvent.

La difficulté majeure à éradiquer le sale con vient souvent de son niveau de compétence. Difficile de se débarrasser d’un ‘trou du cul’ dont le génie est reconnu de tous et qui n’a « qu’un problème de comportement ».

Je vous laisse à présent imaginer la difficulté pour une société de licencier un génial Steve Jobs, financièrement très rentable, bien qu’il ne contribuait pas à l’épanouissement professionnel autour de lui.

Ci-dessous, un extrait du livre en ligne (page 142) :

http://www.scribd.com/doc/77127794/Robert-Sutton-Objectif-Zero-Sale-Con-Mobbing

« Pourtant, ceux qui racontent ces histoires affirment que Jobs fait partie des hommes les plus créatifs, déterminés et persuasifs qu’ils aient jamais rencontrés. Ils reconnaissent qu’il insuffle une énergie et une créativité extraordinaires chez ses collaborateurs. Et même si ses caprices et ses critiques acerbes ont souvent conduit ses collaborateurs au bord de la crise de nerfs et en ont fait fuir beaucoup, tous estiment que ces qualités sont un élément crucial de sa réussite, en particulier son perfectionnisme et son désir obsessionnel de créer des beaux produits. Même ceux qui ont pour lui le plus profond mépris me posent la question : « Alors, est-ce que Steve Jobs ne prouve pas que certains sales cons méritent qu’on les supporte ? » ».

La réponse est contenue dans la question, mais je ne la partage pas forcément.

Dans le cas d’un sale con de base, donc sans génie créatif, la réponse serait probablement plus tranchée. Dans le doute, demandez à ceux qui ont déjà travaillé avec des ‘trous du cul’ qui se contentent de pourrir la vie des autres avec leur simple méchanceté et/ou leur vulgarité et/ou leur incompétence notoire et/ou leur stupidité abyssale ! Le danger croît avec la quantité de « et » que vous comptez dans votre analyse. L’envie d’en finir avec l’abruti(e) en question pointera son nez un jour ou l’autre.

Cela dit, est-ce que ceux qui ont supporté Steve Jobs méritaient d’avoir à le faire ? Et si oui, au nom de quoi ?

Est-ce que l’on peut être un génie sans que cela ne justifie tout et n’importe quoi ?

Peut-on devenir moins con sans perdre sa créativité ?

Enfin, à l’instar de Sutton, je vous invite à réfléchir au sale con qui dort en vous (en nous) et qui peut se réveiller, à tort ou à raison, même à titre exceptionnel.

Blog de Sutton (In English of course !) http://bobsutton.typepad.com/

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