Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Estime de soi’ Category

Les sites, les livres et les vidéos de développement personnel regorgent d’articles sur la confiance en soi, l’amour de soi, la vision de soi, l’estime de soi. Difficile de s’y retrouver du fait des nombreuses manières de voir les choses et des désaccords entre les professionnels sur les définitions et ce qu’elles renferment. Il existe une abondante littérature sur chaque thème. Pour résumer ces notions qui, bien que différenciées, se superposent et s’entremêlent, je privilégie le point de vue de Christophe André et François Lelord dans leur ouvrage intitulé « l’estime de soi, s’aimer pour mieux vivre avec les autres ».

Les trois composantes de l’estime de soi entretiennent généralement ­des liens d’interdépendance : l’amour de soi (se respecter quoi qu’il advienne, écouter ses besoins et ses aspirations) facilite incontestablement une vision positive de soi (croire en ses capacités­, se projeter dans l’avenir) qui, à son tour, influence favorablement­ la confiance en soi (agir sans crainte excessive de l’échec et du jugement d’autrui)**.

Avec de la confiance en vous : vous vous sentez capable de….

La confiance en soi s’acquiert lorsqu’enfant, on intègre le fait qu’échouer est parfois le résultat désagréable d’une expérience, mais qu’il est préférable d’en tirer des leçons plutôt que de se laisser envahir par des émotions paralysantes pour de futures tentatives.

Si vous avez confiance en vous, vous êtes connecté à votre valeur intrinsèque. En cas d’échec lors d’une première expérience, vous ne vous en voulez pas : pour vous, ne pas réussir fait partie du processus de tout apprentissage.

Une personne dépourvue de confiance en elle est secouée au moindre échec car elle pense que sa valeur personnelle dépend de ses résultats. Redoutant un nouvel échec, elle hésitera à recommencer.

Grâce à la confiance en soi on ose se dire « je vais y arriver » devant chaque nouvel apprentissage et on peut faire face à un échec sans se sentir totalement anéanti.

Avec de l’amour de vous-même * : vous vous aimez dans la globalité…

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? Matthieu 22-39

L’amour de soi s’acquiert lorsqu’enfant, on fait l’expérience de recevoir l’amour de nos parents indépendamment de nos succès, de nos talents, de nos résultats scolaires, de notre caractère…. Si, enfant, on est aimé de manière inconditionnelle, on apprend à s’aimer soi-même.

Il ne s’agit pas de « s’aimer » comme le narcissique…. ! C’est cette posture du cœur qui nous fait prendre soin de nous-mêmes, être en accord et en paix avec nous-mêmes. S’aimer soi-même permet de ne pas se dévaloriser, se respecter dans nos besoins, notre rythme, nos goûts et nous pardonner nos erreurs.

Je ne pense pas avoir croisé 5 personnes capables de s’accepter complètement. Il existe toujours « un petit truc » qu’on aimerait pouvoir changer en soi : la couleur ou la texture de ses cheveux, son manque de culture générale, sa difficulté à apprendre un sport, un instrument, son manque d’altruisme ou de compassion, sa phobie des araignées etc. 

Quoiqu’il en soit, une personne qui ne s’aime vraiment pas elle-même ne peut croire en l’amour des autres envers elle. 

Loin de nous aveugler sur nos imperfections, l’amour de soi nous permet au contraire d’en être conscient et de les accepter avec bienveillance -mais sans complaisance. C’est l’amour de nous-mêmes qui nous aide à croire possible qu’un autre puisse nous aimer. 

Si vous avez une bonne vision de vous-même : vous vous voyez de manière réaliste, ni beaucoup plus petit que vous ne l’êtes, ni beaucoup plus grand.

La vision de soi est « le regard que l’on porte sur soi, cette évaluation, fondée ou non, que l’on se fait de ses qualités et de ses défauts ». Notre vision est souvent très subjective. Les victimes de pervers narcissiques disent souvent « je suis nulle, je ne vaux rien, je suis moche et stupide, etc. » Ce type de propos laisse l’entourage interrogatif, qui les décrit tout à fait différemment. 

estime-de-soi-02

Positive, la vision de soi est une force intérieure qui nous permet­ d’attendre notre heure malgré l’adversité. Une vision de soi limitée poussera le sujet à la dépendance vis-à-vis d’autrui : on peut établir des relations satisfaisantes avec les autres, mais on se limite au rôle de suiveur, on ne passe que sur des voies déjà explorées par d’autres **.

Si vous avez une bonne estime de vous-même : vous considérez avoir de la valeur. 

Une bonne estime de soi se forge lorsque, enfant, nos parents et les adultes qui comptaient pour nous, nous ont donné le sentiment d’être quelqu’un de bien, qui mérite d’être aimé et respecté et s’ils ont reconnu nos forces et nos qualités. 

L’estime de soi sera d’autant plus forte et stable que ces éléments auront été présents. On possède alors le sentiment d’avoir vraiment de la valeur. Ce sentiment peut donc être très faible, moyen ou élevé et varier plus ou moins largement selon le domaine : on peut, par exemple, s’accorder une grande valeur intellectuelle mais pas physique.  

Comment savoir si vous avez une bonne estime de vous ?

Imaginons que vous débutez des cours de tennis, vous persévérez un peu mais vous avez le plus grand mal à progresser, pire, vous n’y arrivez pas du tout. Qu’allez-vous en conclure ?

« Le tennis, ce n’est pas pour moi ! Je vais plutôt essayer la danse ! » Cela ne change en rien votre sentiment d’avoir de la valeur, vous riez de vous-même et passez à autre chose.

« Le tennis, ce n’est pas pour moi ! » Cela ne change pas trop votre sentiment d’avoir de la valeur. Vous êtes un peu contrarié mais c’est temporaire et cela n’altère pas votre sentiment d’être quelqu’un de bien. 

« C’est clair que le tennis ce n’est pas pour moi, en fait je suis nul(le) à ce sport », ça modifie votre sentiment d’avoir de la valeur, vous vous dénigrez.

« Je suis vraiment nul(le), je ne sais rien faire, c’est toujours la même chose », non seulement vous vous dénigrez mais vous généralisez.

Une personne n’ayant pas une bonne estime d’elle-même agit ainsi :

  • Elle fait preuve d’une modestie « anormale », excessive, toujours en train de dévaloriser ce qu’elle fait ou ce qu’elle apporte : « ce n’est pas grand chose », « ça ne me dérange pas ».
  • Elle a tendance à ne pas dire ce qu’elle pense mais fait parler les autres : mon père pense que…. mon voisin dit que…  ma cousine estime que….
  • Elle pense ne rien mériter et surtout elle ne sait pas se faire passer en premier alors elle s’oublie, faisant passer les autres avant elle. Elle confond le fait de s’accorder de l’importance avec de l’arrogance ou de l’égoïsme. Elle a du mal à se donner des permissions, même simples.  
  • Si un petit groupe de personnes rit, au cours d’une soirée, elle pense faire l’objet de leur moquerie et a le plus grand mal à recevoir des compliments, surtout de personnes inconnues. Elle se persuade que les autres lui disent des gentillesses dans le seul but de ne pas la mettre mal à l’aise.
  • Si elle reçoit un cadeau d’une personne, elle croit que l’autre agit ainsi avec tout le monde, sans distinction. Elle n’envisage pas d’être une personne unique. Elle se compare à son désavantage : selon elle, les autres sont toujours meilleurs.
  • De ce fait, elle se dévalorise constamment, se maltraite en se définissant par des termes qui la dénigrent et l’insultent.

L’estime de soi est un jugement subjectif sur nous-mêmes, mais pas uniquement. Cette appréciation est influencée par nos expériences personnelles, nos capacités et notre caractère. 

L’estime de vous-même est l’ensemble des jugements que vous portez sur votre personne dans tous les domaines de votre vie (professionnel, amical, amoureux, intellectuel, physique, etc…).

Différentes manifestations caractérisant l’estime de soi de la personne. Ce tableau vous permettra de vérifier votre niveau d’estime de vous-même.

(source: http://www.cairn.info/revue-recherche-en-soins-infirmiers-2006-3-page-52.htm)

loadimg.php

Cliquer sur le tableau pour l’agrandir.

Enfin, une bonne estime de soi permet une bonne affirmation de soi, un comportement assertif.

* Une étude américaine, réalisée en 1993 sur la base d’un questionnaire adressée à plusieurs centaines de personnes entre 20 et 30 ans et dirigée par le chercheur James Overholser, a confirmé qu’hommes et femmes ont des critères d’appréciation d’eux-mêmes différents – ce dont on se doutait un peu. Les premiers s’aiment à travers leurs réussites, professionnellement ou dans une activité physique, tandis que les secondes ont viscéralement besoin de voir leur entourage reconnaître leurs qualités personnelles.

(source : http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Estime-de-soi/Articles-et-Dossiers/Comment-s-aimer-soi-meme/Cet-indispensable-amour-de-soi)

 

** A lire : André-Lelord, A.(1999) L’estime de soi, s’aimer pour mieux vivre avec les autres. Odile Jacob

Read Full Post »