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Archive for the ‘2-Contre-manipuler : règles’ Category

1- Fixez VOS règles de communication :

Si la proposition d’un dialogue honnête avec le harceleur est refusée de manière manifeste ou déguisée, c’est le signe qu’il vaut mieux en rester là. « De plus, trop de gentillesse est comme une provocation insupportable pour le harceleur », affirme Marie-France Hirigoyen. Dès lors, d’autres règles de communication s’imposent (voir plus loin).

2 – Ne tentez pas de vous opposer ou d’entrer en conflit ouvert car le pervers est stimulé par toute opposition ou contradiction. Il puise dans toutes ses ressources pour garder la position haute, celle de vous influencer ou de vous soumettre.

Il vous faut relever les situations où, « toujours pour votre bien » évidemment, votre interlocuteur tente de vous définir et de prendre ainsi des décisions à votre place.

Exemples : « Ta mère n’a pas besoin de toi. Inutile d’aller déjeuner une fois par semaine avec elle« .  Ou bien :  » Vous, Isabelle, vous n’apprécierez pas ce nouveau client. Je délègue donc Mme Husson auprès de lui…« .

Apprenez à vous positionner en respectant votre ressenti : « Ai-je envie de rendre visite à ma mère cette semaine ? »

3 – Préférez l’apposition à l’opposition : confirmez toujours la proposition du harceleur.

Exemples : « Merci pour ta sollicitude, mais je vais voir maman parce que ça me fait plaisir ! ». « Je comprends que vous ayez confié ce dossier à Mme Husson. Pourtant, sachez que j’apprécie toujours de rencontrer de nouveaux clients ! »

4 – Réduisez les échanges pour ne pas donner prise à l’argumentation, à la prise de pouvoir, à l’agression verbale ou à la manipulation des faits et des intentions.

Exemples : au travail, évitez les déjeuners ou les pauses-café que vous propose le harceleur. Ne confiez pas des éléments de votre vie privée qui seront réutilisés contre vous : « Vous avez l’air déprimée aujourd’hui, cela doit venir de vos problèmes de couple. Mieux vaut que vous n’assistiez pas à cette réunion ».

5 – Trouvez la bonne distance et définissez le cadre de la relation en fonction de votre propre tolérance. Même si la relation vous est imposée, il est de votre responsabilité de fixer vos propres limites et repères.

Exemples : en week-end, si votre partenaire monopolise la voiture, n’hésitez pas à prendre le train ou le bus pour visiter, seule, ce qui vous intéresse. Si le harceleur se trouve sur votre lieu de travail, faites une pause : arrêtez-vous quelques jours pour vous ressourcer auprès de ce qui vous redonne plaisir et confiance en vous.

Apprenez à discerner ce qui se passe et prenez des mesures pratiques. (Extraits des maximes extraites de « 81 façons de ne plus se laisser manipuler » de Dominique Charnasse, Guy Tredaniel Editeur)

1 – J’identifie la manipulation grâce à ce que je ressens : l’instinct peut être un allié parfois (sensation de culpabilité, mal être, frustration).

2 – J’identifie le chantage affectif dès qu’on me demande (avec insistance alors qu’on refuse avec de bons arguments) quelque chose au nom d’un « lien » (sans respect de notre personne ou vrai désir, ce lien peut-être une prétendue solidarité par rapport à une souffrance vécue en commun).

3 – Je détecte la manipulation dès que l’interlocuteur se positionne en victime pour faire appel à mes sentiments ou ma pitié afin de me faire céder (cela prépare l’impossibilité de lui refuser quelque chose).

4 – Je prends conscience de la manœuvre affective dès qu’une menace (soit formulée, soit sous-entendue) apparaît dans le discours de l’autre : séparation, punition, remplacement, joue sur le manque de confiance, ça peut se traduire de façon non vraiment explicite mais sous-entendue par : « si tu me laisses ou si tu ne fais pas ce que je te demande je vais souffrir et tu sais que je souffre déjà beaucoup donc que je risque d’en finir et tu seras responsable de ma disparition ou de ma souffrance ou de mon état de santé précaire… »).

Attention, car la menace est souvent implicite et non clairement formulée : menace de nous quitter, de nous punir, de nous remplacer. C’est une arme de choix face au manipulé, généralement peu sûr de lui.

5 – Je n’oublie pas que le mensonge, petit ou gros, ne pose aucun problème au manipulateur (mauvaise foi, information partielle, changement d’opinion sans scrupule).

A une convocation ou réunion :

6 – Je m’assure d’être entouré de témoins, si possible courageux et stables (l’union fait la force, les témoins peuvent devenir des témoins futurs).

7 – J’écris sur un agenda et devant le manipulateur, ce qu’il est prévu de faire et je relis à voix haute (ou par mail, pour éviter contestations futures ou qu’il revienne sur ces propos, qui ne dit mot consent, prendre soin d’imprimer les mails et de les emporter chez soi).

8 – Je répète plusieurs fois ce qui a été prévu ensemble, en le reformulant ou en lui adressant un courrier ou un mail dont je garde copie et récapitule point par point ce qui a été prévu oralement (laisser des traces les plus précises possibles, pensez au petit Poucet qui sème des cailloux pour retrouver son chemin).

La mémoire a tendance à être sélective. Dans le cas d’une emprise, d’une manipulation, d’un harcèlement moral, elle a tendance à vouloir refouler loin dans la mémoire les souvenirs douloureux. D’où la nécessité de laisser une trace écrite rapidement pour ne pas oublier ou déformer.

 9 – Je cesse de croire à ma culpabilité. C’est un outil de choix pour le manipulateur : une culpabilisation réussie est tout bénéfice et lui permet d’atteindre rapidement ses buts. Vous pousser à la faute est son objectif, alors ne craquez pas, il jubilerait.

10 – J’analyse froidement les faits et rien que les faits : prendre du recul par rapport à des émotions affectives négatives et raisonner. Ne pas extrapoler, sachez qu’il n’a aucun scrupule à penser toujours au pire. Relativiser !

11 – Je prends conscience que ma faute est imaginaire. Ils en savent beaucoup moins qu’on le pense… Prêcher le faux pour savoir le vrai est une technique. Souvent, le harcelé avoue des fautes minimes, par scrupule. L’erreur est humaine et nous avons tous commis un jour ou l’autre une erreur ! Et après ?!

12 – Je m’efforce à l’indifférence face à la tentative de culpabilisation. Il faut se bétonner, imaginer qu’il ne peut rien contre vous et qu’il n’a aucune prise sur vous. Donnez-lui un surnom du style « le cancer », « l’araignée », « le vampire » ou « le monstre », « le microbe » ou « le virus ». Cela vous permettra de mettre une barrière entre vous et l’agresseur. Imaginez ensuite que sa tête est sur un punching-ball virtuel et défoulez-vous…

CONFRONTEZ-LE !

Cette seconde stratégie est plus impliquante, elle risque de vous amener à vous positionner sur la nature du lien que vous souhaitez entretenir avec le manipulateur. Elle consiste à renvoyer l’autre à sa responsabilité.

Selon Jacques Salomé, auteur de “Pour ne plus vivre sur la planète Taire” (Albin Michel, 1997) : « Tout reproche exprime une demande indirecte… Ainsi, il s’agit d’amener l’autre à formuler son besoin mais aussi, d’accepter de passer aux yeux du manipulateur pour le/la mauvais(e) en renonçant à l’image idéale de soi. C’est possible lorsqu’on prend réellement conscience de sa propre valeur – c’est une chose qui se travaille -, cela vous permet de vous libérer de son regard inquisiteur et donc de retrouver votre liberté ».

Clé :

En bref, faites en sorte que votre comportement soit celui d’une personne totalement indifférente. Le contrôle de soi est nécessaire et ces consignes représentent des balises à tout débordement d’émotions négatives pour vous.

Mettez en pratique en utilisant les pages d’exercice que je vous propose dans l’article ‘je m’exerce‘.

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