Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Syndrome du Sauveur’ Category

Avertissement aux (ex-)victimes ! 

Cet article risque de choquer certaines ex-victimes (ou victimes actuellement en souffrance) mais je dois le dire, quelque chose m’intrigue, m’interpelle…

Si vous êtes une ex-victime cherchant à aider et soutenir une autre ex-victime, je vous encourage à ne pas minimiser ce que vous allez lire.

Je me lance au risque de déplaire fortement à certain(e)s d’entre vous. Ce qui suit n’est que le fruit de longues années d’expérience et d’observation, de recoupements et d’interrogations.

Les victimes de personnalités nocives, des pervers narcissiques en particulier, souffrent vraiment  pendant la relation et parfois, longtemps après, elles subissent encore l’effet de la toxicité, comme si celle-ci prenait tout son temps pour être évacuée.

En croisant leur route, il m’est même arrivé d’être très proche de certaines d’entre-elles.

En connaissez-vous ?

Des mois, des années après qu’elles aient extirpé les flèches du prédateur qui avait empoisonné leur existence, soudain, certaines dévoilent un beau jour un caractère moins conciliant que vous l’auriez imaginé, moins ouvert qu’elles voulaient bien le faire croire et plutôt agressif voire méchant… A y regarder de très près, un ou deux signes avant-coureurs* auraient pu éveiller vos soupçons, mais vous les avez ignorés… Si vous êtes une ex-victime, c’est (encore) un vieux réflexe chez vous, ne soyez pas trop dur(e) avec vous-mêmes.

Que font-elles de si répréhensible ? 

Et bien un jour, par exemple, elles cessent de donner des nouvelles sans raisons (ni dispute ni désaccord…) malgré des relances de demandes d’explications. Ou bien elles se révèlent de mauvaise foi, ou ingrates ou les deux…. Elles peuvent aussi se montrer très critiques. Quelques fois elles peuvent devenir distantes, agressives, dominatrices, manipulatrices, culpabilisantes, rancunières et vengeresses, sans aucun « motif apparent ». Parfois un peu tout cela à la fois, d’un bloc et de manière inattendue…. Surprenant ? Incroyable ? Inconcevable ? En effet, pourtant, c’est réel même si c’est embarrassant pour moi de le constater et de l’écrire car on croirait parler du manipulateur, non ? Mais non, il s’agit des victimes. Un jour le masque tombe et vous les voyez agir ainsi envers une ou plusieurs personnes dont vous pourriez d’ailleurs faire partie même si vous les avez soutenues…

Elles qui, pourtant, avaient réclamé en vain des explications de la part de leur tourmenteur.

Elles qui se lamentaient que l’autre trouvait toujours des justifications à ses comportements et propos distants, odieux, humiliants, dénués d’empathie ou de la moindre compassion.

Elles qui souffraient de l’agressivité gratuite, injustifiée et disproportionnée de leur partenaire PN.

Elles qui pleuraient parce que leur conjoint pouvait les ignorer royalement quand elles sollicitaient désespérément un dialogue ouvert, constructif.

Elles qui disaient que l’autre ne parlait que de lui et ne s’intéressait pas (du tout) aux autres.

Elles qui, abasourdies, ne comprenaient pas comment on pouvait traiter quelqu’un de la sorte.

Elles qui disaient que leur conjoint ne se remettrait pas en question, qu’il n’irait jamais consulter un psy ou qu’il en voyait un pour donner le change mais sans avancer d’un pouce…

Bref, elles qui constataient que leur partenaire avait fini par montrer son vrai visage au fil du temps.

Les années passant, j’ai réalisé à quel point ce n’est pas si simple : il n’y a pas systématiquement le monstre d’un côté et la gentille fée de l’autre. En général c’est le cas, bien sûr, mais il arrive aussi que la « douce fée » ait juste trouvé son maître…  Aussi choquant que cela soit, j’ai pu l’observer : elle a juste rencontré quelqu’un de plus contrôlant qu’elle, quelqu’un qui veut imposer son point de vue avec plus de force qu’elle, quelqu’un plus autocentré qu’elle, quelqu’un avec encore moins de scrupules qu’elle, quelqu’un de plus stratégique, hypocrite et insincère qu’elle. Une personne ayant une plus haute opinion d’elle-même qu’elle.

Entendez bien que ces situations restent très minoritaires. Néanmoins, comme j’ai vu cela se produire plus d’une seule fois, j’ai cherché à comprendre et j’avoue qu’il est difficile de savoir ce qu’il faut en conclure…

Je crois que certaines de ces victimes sont elles-mêmes toxiques. Elles n’étaient pas aussi dévastées qu’elles l’ont dit, mais elles sont douées pour jouer les victimes et ainsi mieux contrôler leur petit monde.

D’autres ont besoin d’une oreille compatissante jusqu’au jour où elles sont assez « reconstruites » psychologiquement pour se détourner, quelques fois même sans un merci.

Si la victime vient de quitter le PN alors elle est peut-être imbibée de son comportement et n’a pas encore dégorgé le poison malgré tous ses efforts. Si cela fait au moins deux ans que la relation est finie (sans un seul contact) elle a eu le temps de remonter un peu la pente. Alors il faut observer, prendre le temps d’analyser et ne pas se précipiter…

Si vous rencontrez une ex-victime de PN ou de manipulateur, soyez vigilant(e) si elle se plaint trop de ce qu’elle a subi surtout si c’était il y a plusieurs années.

Si vous êtes un peu atteint(e) du syndrome du sauveur, restez prudent(e) et ne cherchez pas trop vite à la soulager de ses malheurs….

S’il se peut qu’elle soit authentiquement fragile, douée d’une vraie sensibilité, empathique et naïve, il est aussi possible qu’elle soit un peu hypocrite, stratégique, calculatrice voire carrément perfide, malsaine, déséquilibrée. Il se peut aussi qu’elle ne veuille tout simplement pas sortir de son rôle de victime mais dans ce cas-là aussi, vous allez vous épuiser à vide. Seul le temps vous le dira…

*A propos des signes avant-coureurs que vous auriez pu identifier :

Vous réalisez après-coup qu’elle avait une propension à vous plomber en ne parlant que d’elle et de tous ses problèmes, sans jamais partager durablement des situations positives, légères et joyeuses. Elle ne s’intéressait pas réellement à vous. D’ailleurs c’est presque toujours vous qui preniez des nouvelles. Vos anniversaires ? Tiens c’est vrai, elle ne les fêtait pas vraiment alors qu’elle avait tant souffert que PN gâchait les siens… Vous prenez conscience que toutes les solutions proposées pour l’aider à régler ses problèmes ne lui convenaient jamais vraiment : elle trouvait que ce n’était pas réalisable, pas pour elle, impossible à mettre en œuvre, sans effet. Elle n’attrapait pas les perches tendues ou les lâchait rapidement pour continuer à se plaindre de sa situation : les psys sont trop loin de son domicile, pas assez efficaces, trop chers… aucun outil thérapeutique ne trouvait vraiment grâce à ses yeux, il lui fallait 1000 garanties que ça marcherait et si possible en deux ou trois séances maximum !

Si elle intégrait un nouveau groupe c’était pour vous dire ensuite que ses membres étaient intéressants, peu cultivés, ignares voire complètement cons ou tous manipulateurs, déséquilibrés, bref, infréquentables…. Or, comme me disait une amie il y a longtemps, on peut bien sûr tomber un jour dans un nid de cons mais pas systématiquement…  Et c’est vrai !

Ses propos vous reviennent après-coup : elle reste convaincue d’être cernée par des pervers narcissiques, et répète souvent que tout le monde est manipulateur, menteur, pervers. Elle n’évoque que les défauts des gens et ils ne l’intéressent pas vraiment ou vraiment pas. Elle revient systématiquement à sa vision noire et sombre et elle ressasse beaucoup le passé avec son ex. Les premiers mois c’est normal, mais passés les premiers 18 à 24 mois, cela doit sensiblement s’estomper. Peut-être est-elle devenue un peu parano ? Vos tentatives de lui faire voir qu’il y a des belles personnes partout dans le monde ont toutes lamentablement échoué…

Elle est confortée dans son discours par le fait qu’elle n’attire justement que ceux qui viennent alimenter sa croyance. Parfois, elle va même jusqu’à dire que personne ne la comprend, qu’elle est seule au monde et sans soutien !! Douche froide ! (j’entends comme un écho non !?…) : vous vous demandez brutalement ce que vous faites là, à perdre votre temps à lui remonter le moral depuis des mois ! Vous l’écoutez, vous la réconfortez comme vous pouvez, vous lui proposez des solutions, bref, vous êtes présente, compatissante. Vous ne voulez pas la laisser choir car vous savez ce qu’elle traverse et voilà qu’elle parle comme si vous n’existiez pas puisque personne n’est là pour elle… Vous n’êtes donc personne !

C’est pourquoi, je vous le répète, soyez vigilant(e) sinon elle pourrait vous entraîner avec elle au fond de son gouffre. Si elle tient à s’en sortir, elle le fera. Elle aura besoin de soutien mais elle sortira peu à peu de son isolement. Dans le temps, il y aura quelques rechutes mais vous verrez qu’un jour elle recommencera à sourire, à vivre et sera reconnaissante pour la main que vous aurez tendue. D’une façon ou d’une autre, vous aurez la confirmation que c’est une belle personne !

En attendant, ouvrez l’œil et grand vos oreilles. Si vous êtes dans ce type de relation, avec l’impression de ne pas servir à grand-chose, ou pire, à rien, impuissant(e) à aider quelqu’un qui ne peut ou ne veut pas s’en sortir, interrogez-vous sur votre syndrome du sauveur et votre capacité à prendre vraiment soin de vous.

 

Read Full Post »

Syndrome du Sauveur

Un homme qui se promenait vit un cocon dans un petit trou.

Il s’arrêta de longues heures à observer la chrysalide, devenue papillon, qui s’efforçait de sortir par ce petit trou. Après un long moment, le papillon semblait faiblir et lui donnait l’impression qu’il allait abandonner. L’homme était convaincu que le jeune papillon avait fait tout ce qu’il pouvait pour sortir de ce trou, sans succès. Alors, il décida de l’aider : il prit un canif et ouvrit le cocon.

Le papillon sortit aussitôt mais son corps était maigre, faible et engourdi, ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine. L’homme continua à l’observer, pensant que d’un moment à l’autre, les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu’il puisse prendre son envol.

Il n’en fut rien ! Et le pauvre papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries.

Jamais il ne put voler.

Monarchs emerging

On peut supposer que l’homme, en voulant éviter au papillon la douloureuse expérience qu’il traversait, a agi avec les meilleures intentions du monde.

Pourtant, le papillon ne lui n’avait rien demandé. Pensant avoir trouvé une solution aidante, il l’a cependant desservi par sa « générosité », ce stade étant un passage obligé dans le développement final de l’insecte car c’est là qu’il se renforce : l’effort qu’il doit fournir pour sortir est précisément ce qui lui permettra de développer ses ailes. C’est seulement à ce prix-là qu’il va pouvoir les déployer.

Dans un couple, il est normal de s’entraider dans les mauvais moments, mais il faut distinguer cela d’une attitude qui consiste à sans cesser vouloir épargner l’autre de tous les tracas de la vie, en particulier si celui-ci ne demande RIEN, ce qui est la particularité du sauveur : il va chercher à soulager le « sauvé » en réglant ses problèmes à sa place. On l’entendra dire « je vais l’aider à sortir de son problème d’argent, je vais rembourser ses dettes à sa place etc. ».

Au premier abord, cela pourrait paraître généreux mais en réalité le sauveur ne demande pas son avis à l’autre. Plus le « sauveur » agit, plus le « sauvé » se sent redevable.

Se rendre indispensable à l’autre est une manière inconsciente pour le sauveur de gagner l’estime voire l’amour de l’autre. Au fil du temps, la relation est de plus en plus déséquilibrée.

Si le partenaire retrouve assez d’autonomie pour régler lui-même ses problèmes, le sauveur-Saint-Bernard, en perte de repères, va se sentir inutile. Pour reprendre la main, certains s’arrangent pour rendre l’autre de nouveau fragile. Et voilà que le sauveur reprend du poil de la bête ! C’est une manière de (re)prendre le pouvoir sur l’autre, plus vulnérable que soi. Ce qui importe au sauveur c’est d’obtenir la reconnaissance, l’approbation, l’amour de celui qu’il aide.

Parfois le « sauvé » se sort de ses problèmes et le sauveur cherche quelqu’un d’autre à sauver, passant ainsi de partenaires fragiles en partenaires fragiles.

Ainsi il arrive qu’un sauveur et un pervers narcissique se rencontrent et, comme deux pièces d’un puzzle, feront route commune, parfois très longtemps !

Read Full Post »