Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Syndrome du Sauveur’ Category

Syndrome du Sauveur

Un homme qui se promenait vit un cocon dans un petit trou.

Il s’arrêta de longues heures à observer la chrysalide, devenue papillon, qui s’efforçait de sortir par ce petit trou. Après un long moment, le papillon semblait faiblir et lui donnait l’impression qu’il allait abandonner. L’homme était convaincu que le jeune papillon avait fait tout ce qu’il pouvait pour sortir de ce trou, sans succès. Alors, il décida de l’aider : il prit un canif et ouvrit le cocon.

Le papillon sortit aussitôt mais son corps était maigre, faible et engourdi, ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine. L’homme continua à l’observer, pensant que d’un moment à l’autre, les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu’il puisse prendre son envol.

Il n’en fut rien ! Et le pauvre papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries.

Jamais il ne put voler.

Monarchs emerging

On peut supposer que l’homme, en voulant éviter au papillon la douloureuse expérience qu’il traversait, a agi avec les meilleures intentions du monde.

Pourtant, le papillon ne lui n’avait rien demandé. Pensant avoir trouvé une solution aidante, il l’a cependant desservi par sa « générosité », ce stade étant un passage obligé dans le développement final de l’insecte car c’est là qu’il se renforce : l’effort qu’il doit fournir pour sortir est précisément ce qui lui permettra de développer ses ailes. C’est seulement à ce prix-là qu’il va pouvoir les déployer.

Dans un couple, il est normal de s’entraider dans les mauvais moments, mais il faut distinguer cela d’une attitude qui consiste à sans cesser vouloir épargner l’autre de tous les tracas de la vie, en particulier si celui-ci ne demande RIEN, ce qui est la particularité du sauveur : il va chercher à soulager le « sauvé » en réglant ses problèmes à sa place. On l’entendra dire « je vais l’aider à sortir de son problème d’argent, je vais rembourser ses dettes à sa place etc. ».

Au premier abord, cela pourrait paraître généreux mais en réalité le sauveur ne demande pas son avis à l’autre. Plus le « sauveur » agit, plus le « sauvé » se sent redevable.

Se rendre indispensable à l’autre est une manière inconsciente pour le sauveur de gagner l’estime voire l’amour de l’autre. Au fil du temps, la relation est de plus en plus déséquilibrée.

Si le partenaire retrouve assez d’autonomie pour régler lui-même ses problèmes, le sauveur-Saint-Bernard, en perte de repères, va se sentir inutile. Pour reprendre la main, certains s’arrangent pour rendre l’autre de nouveau fragile. Et voilà que le sauveur reprend du poil de la bête ! C’est une manière de (re)prendre le pouvoir sur l’autre, plus vulnérable que soi. Ce qui importe au sauveur c’est d’obtenir la reconnaissance, l’approbation, l’amour de celui qu’il aide.

Parfois le « sauvé » se sort de ses problèmes et le sauveur cherche quelqu’un d’autre à sauver, passant ainsi de partenaires fragiles en partenaires fragiles.

Ainsi il arrive qu’un sauveur et un pervers narcissique se rencontrent et, comme deux pièces d’un puzzle, feront route commune, parfois très longtemps !

Publicités

Read Full Post »