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Archive for the ‘La dépendance affective’ Category

Je vous recommande cette très récente émission (15  juin 2016) qui évoque une étude sur le lien entre attachement et cerveau.

Il y est question notamment de l’impact de l’insécurité affective au cours de l’enfance sur la vie d’adulte.

Et oh surprise, on sait désormais que des événements traumatisants peuvent modifier le fonctionnement de certains gènes en les désactivant…

Le début d’un intérêt pour la transgénéalogie ?

Reportage sur la dépendance affective (37 mn)

 

 

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Abandon

Voici un article dont je me fais le relais et dont le titre original est  :

La peur de l’abandon attire et entretient les relations de souffrance 

La peur de l’abandon est l’une des causes les plus repandues du mal-être et du mal de vivre. » dit Daniel Dufour, médecin et animateur de stages de développement personnel. À l’origine de cette souffrance, qu’il appelle « abandonnite », « il y a toujours une situation mal vécue au cours de la vie fœtale, de la prime enfance ou de l’enfance, qui n’est pas forcément un abandon effectif. » Ici, c’est un père absent ; là, une mère débordée, un couple de parents fusionnel, ou encore l’arrivée d’un petit dernier, un séjour en pension, le décès d’un grand-père auquel nous étions particulièrement attachés. D’où vient-elle ?

L’abandon est une perception de l’enfant

Généralement, de l’enfance, de cet instant ou notre mère s’est mise à s’occuper un peu moins de nous soit parce qu’elle était fatiguée, ou avait moins de temps. La peur de l’abandon a alors commencé à germer inconsciemment car nous savions que nous ne pouvions survivre sans cet adulte, et cette peur est désormais prête à se réactiver chaque fois que notre amoureux manifeste un peu de distance…

Ceux qui ont vécu la peur de l’abandon plus fortement que les autres dans l’enfance deviennent souvent des « êtres abandonniques », c’est-à-dire qu’ils ont souvent peur d’être abandonnés.

LE MANQUE D’AMOUR

Le manque d’amour peut engendrer chez l’enfant un sentiment inconscient de culpabilité. L’enfant fera alors tout pour attirer l’attention vers lui par des caprices ou des accès de colère. Ce qui pourra susciter de la réprobation par la mère sera interprété comme du rejet par l’enfant.  La culpabilité s’exprime alors par: « si je n’ai pas été aimé, c’est que je ne suis pas digne d’être aimé ».

LA SURPROTECTION MATERNELLE

La surprotection maternelle se caractérise par un surinvestissement de l’enfant. En surprotégeant son enfant, la mère peut créer une relation de dépendance. La dépendance affective s’exprime par le besoin d’être toujours rassuré par le partenaire. La demande est tellement constante qu’elle engendre à la longue une lassitude et donc un retrait de l’amour et des élans de démonstration affective. Ici le sentiment d’abandon survient après coup et n’est pas dû à une séparation traumatique d’avec la mère.

L’ENFANT SÉPARÉ DE SA MÈRE

La séparation de l’enfant avec sa mère n’est plus à démontrer. L’enfant bien « aimé » construira des relations saines avec son entourage affectif. L’enfant mal « aimé » les détruira par son besoin irrépressible de réparer une estime personnelle défaillante. Il fait porter le blâme sur les autres en leur reprochant leur manque d’attention. A l’origine de l’abandonnite, il y a toujours un abandon vécu. Cet épisode a lieu soit dans la vie foetale, soit au cours de la prime enfance. Très souvent le souvenir de cet épisode premier n’est plus conscient chez la personne souffrant de d’abandonnisme et qualifie de « normal » l’épisode traumatisant et ne l’associe pas forcément à un véritable abandon. Ainsi s’empresse t-elle d’oublier ou de nier le traumatisme initial en le minimisant ou en le normalisant. Très souvent la personne trouve que ce qu’elle ressent est disproportionné par rapport à l’événement vécu.

Les conséquences de cette peur et comment se manifeste-t-elle ?

Pour ceux qui font face à cette phobie, elle est souvent synonyme :

  • d’un excès de jalousie : la peur de l’abandon est si puissante que la personne qui en est atteinte met tout en œuvre pour être sûr que l’autre ne va pas l’abandonner.
  • de relations conflictuelles,
  • etc etc…

L’enfant grandit avec l’idée qu’on peut l’abandonner et pour pallier à ce risque, il pense devoir s’adapter en faisant tout pour ne plus vivre ces situations.

L’enfant va par exemple :

  • essayer de faire plaisir à tout le monde en mettant ses propres besoins de côté,
  • accepter toutes les formes d’irrespects tant qu’il n’est pas abandonné (même la violence),
  • devenir dépendant (drogue, dépendance affective, jeu, dépenses, sexe…),
  • croire qu’il n’a aucune valeur et que les autres sont bien supérieurs à lui étant donné qu’il ne mérite pas l’attention dont il a besoin,
  • créer lui-même des situations de rupture pour éviter qu’on l’abandonne,
  • refuser toute forme d’engagement durable (pas de CDI, pas de mariage, pas de crédit sur 20 ans, pas d’enfant,…).

Quelles sont les solutions face à la peur de l’abandon et comment sortir de ce schéma ?

Inutile de chercher à l’extérieur ce qui vous manque à l’intérieur. Vous cherchez éperdument à compenser le manque de nourriture affective en essayant de puiser ou de soutirer aux autres des bribes d’affection. Cependant quand vous arrivez à trouver une personne qui répond à vos exigences d’amour, vous finissez par épuiser ses ressources parce que vous en demandez toujours plus. De nouveau frustré par l’éloignement du conjoint, vous lui en fait le reproche. Et c’est reparti pour un tour de manège. Guérir du syndrome d’abandon est complexe et doit être étudié au cas par cas, même s’il coexiste des généralités de comportements.

« L’abandonné » manque de confiance en soi et d’estime personnelle. Il n’agit que dans un rapport subjectif. Il lui faudra apprendre à porter un regard objectif dans les relations et se donner à lui-même de l’amour.

On pourra également s’intéresser à divers outils de développement personnel afin de sortir de ce schéma :

  • d’améliorer son image de soi,
  • de développer sa confiance en soi,
  • d’apprendre à gérer nos émotions,
  • etc  etc…

Comment peut-on faire pour guérir ?

Il est très important de se dire ça : nous sommes devenus des adultes, nous ne sommes plus des enfants fragiles et impuissants, notre vie n’est plus en jeu si l’on nous abandonne. Aujourd’hui, 1 / nous survivrons, 2 / nous pouvons agir !

Devenons également plus rationnels ! Si notre partenaire manifeste moins d’amour, c’est peut-être tout simplement qu’il est dans une phase de fatigue… Il a LE DROIT de ne pas être toujours au top !

Et bien sûr, il faut essayer de remonter aux situations d’enfance, celles qui ont fait naître cette peur (même les situations les plus anodines)… Les identifier, ça aide à se dire quand le schéma se (re) présente : « Je me rappelle de cette blessure mais je ne suis plus faible, je ne transpose pas cette vieille peur car je suis maintenant adulte et je peux m’assumer moi-même, je ne dépends pas de l’autre, ma vie ne dépend pas de l’amour de l’autre mais de moi et de l’amour que je me donne à moi-même. » Normalement, déjà, ça va un peu mieux…

Ensuite si cela na suffit pas vous pouvez consulter un spécialiste : un psychologue, un psychothérapeute, une psychanalyse, ils pourront permettre un travail sur vous afin de découvrir l’origine et de comprendre les raisons pour lesquelles vous avez peur d’être abandonné.

Cet  article est initialement paru sur ce site :

La peur de l’abandon attire et entretient les relations de souffrance

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Les besoins n’ont pas d’âge !

À 30 ans une personne a encore besoin d’affection ! À 50 ans, elle a encore besoin d’être appréciée et reconnue. Quel que soit son âge, celui qui vit une existence peu nourrissante, tend à déprimer. Qui n’a pas connu quelqu’un qui a sombré dans la dépression par manque affectif ou peut-être une personne qui aura fini par se suicider parce que ses besoins dans l’enfance n’avaient pas été assez nourris ?

Vous-même, si vous êtes victime d’un pervers narcissique, savez mieux que quiconque à quel point un compliment, une approbation, même par le seul regard, vous font du bien, vous redonnent de l’énergie !

Tous, nous avons besoin d’affection, nous avons besoin d’être importants pour quelqu’un qui compte à nos yeux ou encore d’être reconnus par quelqu’un que nous estimons. L’absence de satisfaction de ces besoins entraîne toutes sortes de symptômes et de troubles psychiques et physiques, tout comme les carences au plan physique le font.

Faisons un point sur les besoins des individus :

Les êtres vivants (humains ou animaux) ont des besoins vitaux : manger, boire, dormir.

Si ces besoins ne sont pas comblés régulièrement, cela entraîne la mort. Au-delà des besoins physiques, il existe également des besoins affectifs. Ceux-ci ne sont pas aussi palpables, tangibles. Cependant, les connaissances actuelles en psychologie permettent d’affirmer qu’il est important de répondre à ces besoins. On sait par exemple, qu’un bébé tombe dans un état de torpeur (« marasme ») s’il n’est pas soigné, avec une attitude au moins bienveillante. Il peut même en mourir. On sait aussi pourquoi un enfant risque de développer des problèmes psychiques graves s’il reçoit, du parent qui en prend soin et sur une période prolongée, un message fondamental de haine camouflé dans un discours positif.

Abraham Maslow (1er Avril 1908 – 8 Juin 1970) est un psychologue réputé dans de domaine de la psychologie du travail et considéré comme le principal meneur de l’approche humaniste, surtout connu pour son explication de la motivation par la hiérarchie des besoins, souvent représentée, à tort, par une pyramide des besoins.

Maslow estime que les besoins élémentaires (physiologiques et de sécurité) étant satisfaits, la personne cherche ensuite à satisfaire les autres besoins d’ordre supérieur de façon à alimenter sans cesse les motivations. Un besoin d’ordre supérieur ne peut être satisfait que si les précédents le sont. Ainsi, pour appliquer ce modèle au monde professionnel, rien ne sert de vouloir motiver les salariés au niveau de l’estime et de l’accomplissement, si des menaces de licenciements portent atteinte à la sécurité et si les salaires ne sont pas suffisants pour satisfaire pleinement les besoins physiologiques.

• Les besoins physiologiques sont directement liés à la survie des individus ou de l’espèce. Ce sont typiquement des besoins concrets (boire, manger, dormir, se réchauffer…).

• Le besoin de sécurité consiste à se protéger contre les différents dangers qui nous menacent. Il s’agit donc d’un besoin de conservation d’un existant, d’un acquis. On nomme besoins de sécurité ceux qui sont liés à l’aspiration de chacun à être assuré du lendemain physiquement et moralement :

Sécurité d’un abri, des ressources, sécurité physique contre la violence, sécurité morale et psychologique, sécurité familiale ou du moins affective, sécurité médicale, sociale et de santé.

• Le besoin d’appartenance et d’amour révèle la dimension sociale de l’individu qui a besoin de se sentir accepté par les groupes dans lesquels il vit (famille, travail, association, …). L’individu se définissant par rapport à ses relations, ce besoin appartient au pôle « relationnel ». Il cherche à communiquer, à s’exprimer au sein d’un groupe auquel il se sent appartenir. Ce besoin va de pair avec le besoin de reconnaissance et de considération. Toute personne a besoin d’aimer, d’être aimée, de former un couple.

• Le besoin d’estime prolonge le besoin d’appartenance. L’individu souhaite être reconnu en tant qu’entité propre au sein des groupes auxquels il appartient. C’est le besoin d’être respecté pour ce qu’on est, dans sa différence, de se respecter soi-même et de respecter les autres. Il procure le sentiment d’être utile et d’avoir de la valeur, point de départ de l’acceptation de soi et du développement de l’indépendance. Toute personne doit éprouver de l’estime pour elle-même et sentir que les autres ont de la considération pour elle. Le besoin d’estime de soi est rattaché au désir de force, de réussite, de mérite, de maîtrise et de compétence, de confiance en soi face aux autres, d’indépendance et de liberté. Une personne a aussi besoin d’être reconnue et appréciée des autres. Lorsque ces deux besoins sont satisfaits, la personne a confiance en elle et se sent utile ; s’ils ne sont pas satisfaits, la personne peut se sentir faible et inférieure.

• Le besoin de s’accomplir est selon Maslow le sommet des aspirations humaines. Il vise à sortir d’une condition purement matérielle pour atteindre l’épanouissement. Nous le considérons donc comme antagoniste aux besoins physiologiques.

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Le terme « dépendance affective » a été popularisé à partir du livre « Ces femmes qui aiment trop » de Robin Norwood.

Mais prenons garde à ne pas confondre cette « dépendance » affective avec la dépendance à une drogue ou à l’alcool !

Nous l’avons vu dans un autre article, l’enfant a besoin, pour se développer harmonieusement, d’être traité comme une personne à part entière et d’avoir l’opportunité de répondre à ses besoins. C’est même indispensable à sa santé mentale. Cela reste vrai chez les adultes.

Nous continuons d’avoir des besoins affectifs tout au long de notre vie. Nous devons les satisfaire pour conserver notre équilibre affectif et notre santé mentale. C’est même important pour notre santé physique! De plus en plus, on découvre l’effet néfaste des manques affectifs sur la santé physique.

Les besoins des individus :

Les besoins se classent selon leur importance vitale (pour un approfondissement, vous pouvez vous référer à la page suivante). Je me suis servie de la classification de Maslow, dont je ne cite et résume ici que les 4 premiers niveaux.

1- Les besoins physiologiques sont directement liés à la survie des individus ou de l’espèce. Ce sont typiquement des besoins concrets (boire, manger, dormir, se réchauffer…).

2- Le besoin de sécurité consiste à se protéger contre les différents dangers qui nous menacent. Il s’agit donc d’un besoin de conservation d’un existant, d’un acquis.

À ce niveau là de la hiérarchie des besoins, déjà, la victime du manipulateur n’est pas rassurée, elle est sur ses gardes, voire sur le qui-vive !

3- Le besoin d’appartenance et d’amour révèle la dimension sociale de l’individu qui a besoin de se sentir accepté par les groupes dans lesquels il vit (famille, travail, association, …). Il cherche à communiquer, à s’exprimer au sein d’un groupe auquel il se sent appartenir. Toute personne a besoin d’aimer, d’être aimée et de former, si possible, un couple.

À ce niveau là de la hiérarchie des besoins, la victime du manipulateur n’est pas satisfaite. Le manipulateur se nourrit de manière pathologique, au détriment de l’autre. C’est un pas de plus vers la négation des besoins de celui qui subit la violence psychologique.

4- Le besoin d’estime prolonge le besoin d’appartenance. L’individu souhaite être reconnu en tant qu’entité propre au sein des groupes auxquels il appartient. C’est le besoin d’être respecté pour ce qu’on est, dans sa différence, de se respecter soi-même et de respecter les autres.

En résumé, c’est le besoin de s’occuper pour être reconnu, d’avoir une activité valorisante (valorisation propre et aux yeux des autres). C’est le besoin de faire des projets, d’avoir des objectifs, des opinions, des convictions et de pouvoir les exprimer.

C’est le besoin de savoir que l’on compte pour les autres et que l’on est reconnu par eux, et en particulier ceux qui comptent pour nous. Pour satisfaire ce besoin, les strokes (+ ou -) sont l’aliment premier. L’être humain est capable de faire beaucoup pour l’obtenir.

Définition du stroke

Stroke positif : expression de considération, d’affection, remarques valorisantes, jeux de plaisir…

Stroke négatif : remarques désobligeantes, déconsidération, insultes…

C’est au cœur de ce besoin que le manipulateur est le plus toxique !

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Rappel : Définition du stroke

Stroke positif : expression de considération, d’affection, remarques valorisantes, jeux de plaisir…

Stroke négatif : remarques désobligeantes, déconsidération, insultes…

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L’enfant qui n’a pas été assez aimé, stimulé, qui n’a pas reçu un nombre de strokes positifs suffisant, et qui a subi des strokes négatifs en trop grande quantité, cherchera longtemps, dans sa vie d’adulte à satisfaire les besoins de sécurité, d’appartenance, d’amour et d’estime auprès de personnes incapables de lui apporter cela. Il y a même de forts risques qu’il soit attiré par des personnes dont le comportement sera le prolongement de celui des parents. Il demeurera dans cette relation toxique, ne parviendra pas facilement à s’en libérer.

La dépendance affective se mesure par ces 8 comportements ou critères signifiants :

• Le sujet a du mal à prendre des décisions dans la vie courante sans être rassuré ou conseillé de manière excessive par autrui.

• Il a besoin que d’autres assument les responsabilités dans la plupart des domaines importants de sa vie.

• Il a du mal à exprimer un désaccord avec autrui de peur de perdre son soutien ou son approbation.

• Il a du mal à initier des projets ou à faire des choses seul (par manque de confiance en son propre jugement ou en ses propres capacités plutôt que par manque de motivation ou d’énergie).

• Il cherche à outrance à obtenir le soutien et l’appui d’autrui, au point de faire volontairement des choses désagréables.

• Il se sent mal à l’aise ou impuissant quand il est seul par crainte exagérée d’être incapable de se débrouiller.

• Lorsqu’une relation proche se termine, il cherche de manière urgente une autre relation qui puisse assurer les soins et le soutien dont il a besoin.

• Il est préoccupé de manière irréaliste par la crainte d’être amené à se débrouiller seul.

A la lecture de cette liste, beaucoup de lecteurs se croiront dépendants affectifs !!

En réalité, ce trouble de la personnalité est une facette que nous portons presque tous en nous-même. Personne n’est totalement indépendant, car nous avons vraiment tous besoin les uns des autres. Ainsi, à certains moments ou dans certains domaines, vous êtes dépendant et c’est normal.

Mais la personnalité ‘pathologiquement dépendante‘ le sera dans toutes les occasions et dans tous les domaines, de manière très intense, voire douloureuse.

Un exemple : dans un magasin, une personne très dépendante n’osera pas refuser d’acheter un article, inutile et même coûteux, que lui montre le vendeur, de peur de lui déplaire.

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Je vous propose de faire un point sur la manière dont vous vous êtes construit(e), enfant. Avez-vous reçu beaucoup d’attention, d’affection, de soutien et de câlins ? Avez-vous reçu des félicitations et des encouragements réguliers ? Avez-vous reçu une bonne nourriture émotionnelle ? Probablement pas, si vous lisez ces lignes.

Découvrez ici les deux parties d’une interview de Isabelle Nazare-Aga (partie 2).

 


Pourquoi ce manque de nourriture affective ? Peut-être vos parents avaient-ils manqué eux mêmes de reconnaissance, peut-être se servaient-ils de vous pour décharger leurs frustrations, leurs colères, leurs sentiments négatifs. Peut-être répétaient-ils les mêmes comportements que leurs propres parents (dureté, absence de tendresse, d’écoute, de considération…) ?

Dans tous les cas de figure, vous avez probablement fait tout ce que vous pouviez pour les satisfaire dans le seul but qu’ils vous aiment. Malgré tout, vous avez peut-être eu la sensation que ce n’était jamais suffisant : qu’il fallait être encore meilleure, dans tous les domaines. Au fil des années, vous avez alors fini par penser que vous ne seriez jamais totalement à la hauteur !

 

Alors, pour obtenir l’indispensable nourriture affective, essentielle pour de bonnes fondations émotionnelles, vous êtes-vous lentement conditionnée à plaire à tout prix pour les satisfaire et contenter aussi vos maîtres, vos professeurs et bien d’autres personnes autour de vous.

Un bon moyen de repérer si vos parents ont effectivement contribué à ne pas vous donner assez confiance en vous, de manière tangible, est de lire les listes suivantes et de voir en quoi elles vous concernent.

Il s’agit d’un extrait de l’excellent livre de Susan Forward (Parents toxiques : comment se libérer de leur emprise).

Comptez combien de fois vous répondez « oui, tout le temps », « oui, très souvent » ou « oui, régulièrement ». Certaines questions peuvent être angoissantes ou embarrassantes, ce qui est bien normal car il est question ici de VOS parents. Or, il est difficile d’admettre que ce sont nos parents qui ont pu nous faire du mal. Pensez à répondre « oui » même si un seul des parents est concerné par la réponse.

Vos parents sont-ils un peu, beaucoup, extrêmement ou pas du tout toxiques ?

Tout d’abord, quelle relation vos parents ont-ils eue avec vous lorsque vous étiez enfant ?

1. Est-ce que vos parents vous disaient que vous étiez méchant ou bon à rien ?

2. Vous adressaient-ils des insultes ?

3. Vous critiquaient-ils sans cesse ?

4. Est-ce que vos parents utilisaient la douleur physique pour vous inculquer la discipline ?

5. Est-ce qu’ils vous battaient avec une ceinture, une brosse ou d’autres objets ?

6. Est-ce que vos parents vous faisaient des choses qu’il fallait tenir secrètes ?

7. Avez-vous subi des violences sexuelles de quelque nature que ce soit ?

8. Aviez-vous presque toujours peur de vos parents ?

9. Aviez-vous peur de manifester de la colère contre vos parents ?

Vos parents avaient-ils une vie qui vous embarrassait ou vous perturbait ?

1. Est-ce que vos parents s’enivraient ou se droguaient ?

2. En étiez-vous perturbé, embarrassé ou effrayé ?

3. En éprouviez-vous de la peine, de la honte ?

4. Est-ce que vos parents étaient profondément déprimés ou inaccessibles, à cause de difficultés d’ordre émotionnel, ou d’une maladie mentale ou physique ?

5. Est-ce qu’il vous a fallu prendre soin de vos parents à cause de leurs problèmes ?

Ensuite, dans votre vie d’adulte…

1. Vous trouvez-vous impliqué dans des relations destructives ou abusives ?

2. Avez-vous le sentiment que si vous devenez trop intime avec quelqu’un, cette personne vous fera souffrir et/ou vous abandonnera ?

3. Vous attendez-vous au pire en ce qui concerne les gens ?

4. La vie en général ?

5. Avez-vous du mal à savoir qui vous êtes, ce que vous ressentez et ce que vous voulez ?

6. Avez-vous peur que les gens cessent de vous aimer s’ils découvrent votre véritable personnalité ?

7. Lorsque vous réussissez, vous sentez-vous angoissé, avez vous peur que quelqu’un ne découvre que vous n’êtes qu’un imposteur ?

8. Vous arrive-t-il de devenir furieux ou triste sans aucune raison apparente ?

9. Êtes-vous perfectionniste ?

10. Avez-vous des difficultés à vous détendre ou à vous amuser ?

11. Tout en ayant les meilleures intentions, vous surprenez vous à vous comporter exactement comme vos parents ?

Enfin, dans votre relation actuelle d’adulte avec vos parents…

1. Est-ce qu’ils continuent à vous traiter comme un enfant ?

2. Est-ce que beaucoup des décisions majeures de votre vie sont fondées sur l’approbation de vos parents ?

3. Éprouvez-vous des réactions émotionnelles ou physiques intenses à la pensée de passer du temps avec vos parents – ou après avoir passé du temps avec eux ?

4. Avez-vous peur de ne pas être d’accord avec vos parents ?

5. Est-ce que vos parents vous manipulent avec des menaces ou des reproches ?

6. Est-ce que vos parents vous manipulent avec l’argent ?

7. Vous sentez-vous responsable de la façon dont vos parents se sentent ?

8. S’ils sont malheureux, avez-vous le sentiment que c’est votre faute ?

9. Pensez-vous que c’est à vous d’arranger les choses pour eux ?

10. Croyez-vous que, quoi que vous fassiez, ce n’est jamais assez bien pour vos parents ?

11. Croyez-vous qu’un jour, d’une façon ou d’une autre, vos parents vont s’améliorer ?

Si vous avez répondu « oui » à au moins 12 de ces 36 propositions, vous êtes en droit de considérer que vos parents ne vous ont pas pleinement aidé à devenir un adulte vraiment confiant. Vous faites peut-être partie de ces personnes pouvant avoir développé une personnalité plus ou moins dépendante. Tout dépend du score que vous avez obtenu, mais plus avez de points plus le manque d’attention dont vous avez été victime a fonctionné comme un poison émotionnel, en créant en vous des besoins quelques fois excessifs d’être apprécié, voire approuvé en tant qu’adulte.

Un manipulateur sait profiter de ce que vous êtes encore en recherche de cette reconnaissance : il décèle vite qu’il peut vous faire céder, obtenir de vous ce que vous n’avez pas forcément envie de faire. Vous céderez parce que le manipulateur touche chez vous une corde sensible, une de celle que vous ne voulez pas sentir vibrer car cela vous cause des désagréments (la culpabilité, la sensation de ne pas être à la hauteur…, autant de ressentis que vous voulez faire cesser). Faire ce que le manipulateur exige vous permet de faire cesser cette vibration.

Remarquez que cela est valable en dehors de toute relation avec un manipulateur tel que décrit dans la littérature. Les vibrations que l’on veut voir cesser nous font agir de façon inadaptée ou dire des choses que l’on ne pense pas pour « avoir la paix », ou pour « éviter une situation ou une émotion très déplaisante ».

Considérez par exemple ces 2 types de situations :

Un parent et son enfant mineur :

Le fils hurle ou fait du chantage pour obtenir quelque chose : le parent préfèrera peut-être céder pour ne pas avoir à affronter la crise !

La fille pleure pour obtenir une sortie avec ses copines : le père ou la mère finira peut-être par céder là encore, pour éviter de faire face à la tristesse de son adolescente ou pour ne pas passer pour un parent ringard !

Un homme et une femme en couple :

La femme ne veut pas adopter une certaine position sexuelle. L’homme la traite de « coincée » ou de « frigide ». Pour ne pas qu’il pense cela d’elle (car ces termes lui renvoient une mauvaise image d’elle-même), la femme finira peut-être par abdiquer.

La femme souhaite que son partenaire lui offre des cadeaux somptueux pour son anniversaire. Ce n’est pas le cas. Elle peut mettre la pression en insinuant qu’il est pingre ou qu’il ne l’aime pas tant que cela ou encore qu’elle envisage de le quitter s’il ne fait pas plus d’effort financier pour la combler.

Ainsi, on le pressent bien, un manque d’estime de soi est le terreau idéal du manipulateur.

Lorsque le partenaire manipulateur « fait sa cour », au départ, il vous apporte (en apparence) précisément toute cette attention dont vous êtes assoiffé(e). Il sent intuitivement que vous êtes sensible au sentiment de toute puissance que vous apporte la fusion avec l’être désiré. Il sent aussi que vous ne mettrez pas (ou quasi pas) de limites à ses comportements, ce qui est normal, puisque vous n’avez appris cela nulle part.

Dans la dépendance, on en vient à compter excessivement sur une personne en particulier pour assurer notre bonheur. Ce bonheur inassouvi d’être reconnu, apprécié. Cette dépendance produit l’attente inconsciente du Prince Charmant (un livre excellent sur ce thème : Quand le prince n’est plus charmant, de Susan Forward). Elle est votre talon d’Achille, justement très recherchée par le manipulateur : il s’engouffre dans la faille émotionnelle créée par votre réflexe (de l’enfance) de chercher à plaire, pour lutter contre la crainte d’être abandonné ou rejeté.

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De quoi un enfant a-t-il fondamentalement besoin? Être nourri, changé, lavé ? Certes, mais encore ?

Dès son plus jeune âge, il a d’autres besoins qu’il faut combler : comme celui d’être regardé, touché, encouragé, soutenu, félicité.

Il est impératif qu’il ait des échanges, qu’il soit reconnu comme un être humain à part entière et qu’il reçoive suffisamment d’amour et de reconnaissance personnelle pour développer toute sa personnalité et se faire confiance. Tout ceci doit le préparer à sa vie d’adulte, un adulte qui saura oser, qui saura aimer et se laisser aimer.

Si la déficience en amour, en reconnaissance, en tendresse, est trop importante, cela préparera plus facilement le terrain de la dépendance sur le plan affectif.

Par l’absence presque systématique de ce qui pourrait lui donner confiance en lui, cet enfant grandit avec un gouffre affectif à combler. Il cherchera à calmer sa soif d’affection auprès de partenaires qui ne donnent de l’amour qu’en faible quantité (il recevra des miettes et s’en contentera), ou qui le donnent de la mauvaise manière (il ne sera pas bien traité, ni considéré à sa juste valeur) ou, pire encore, qui ne donnent pas d’amour mais font littéralement preuve de mépris (il ne sera « rien », il ne sera jamais assez bien pour une personne jamais satisfaite quoi qu’il fasse pour lui plaire). Il s’engagera donc probablement vers des partenaires avec lesquels il reproduira inconsciemment les mêmes schémas relationnels que ceux établis avec ses parents, à savoir, des relations basées sur le manque d’amour, de considération, de valorisation, de soutien.

Ainsi, adulte, il tombera facilement dans les filets d’un manipulateur qui, lui, sait parfaitement faire croire à une personne manquant d’estime d’elle-même à quel point elle est une personne merveilleuse. Au moins les premiers temps, dans la phase de séduction !

En outre, au-delà des séquelles liées très directement à son enfance, la personne harcelée, a beaucoup de difficultés à accepter l’idée que son harceleur ne changera pas, qu’il lui manquera toujours de respect (régulièrement) et que parfois même, il en retire un certain plaisir. Ce n’est pas un manque d’intelligence qui l’empêche de l’admettre, mais ses croyances limitantes ou le syndrome du sauveur, ou d’autres raisons moins visibles.

Avez-vous l’impression que ce que vous venez de lire pourrait vous correspondre ? Qu’enfant, vous avez manqué de bonne nourriture affective ? Pour le confirmer, lisez l’article voyage au cœur de votre enfance.

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