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Archive for the ‘Témoignage d’une rescapée’ Category

Le texte qui suit est une lettre (authentique) écrite par Mme Cicatrice, après 7 ans de relation avec M. Ventricule. Inutile de vous dire qu’elle a échoué au fond des océans. Quelques mois plus tard, la situation fut si dure, que 18 mois après avoir écrit ce courrier, Mme Cicatrice prit son courage à deux mains et déménagea. Ce fut peut-être sa dixième ou sa onzième tentative de rupture « définitive ». Ce fut l’avant dernière car après avoir tout mis en œuvre pour la récupérer, M. Ventricule, bien qu’ayant été très persuasif, ne tarda pas à revenir sur chacune de ses promesses de pacotille !

Je suis usée par notre relation, je ne peux plus être moi-même sans que cela ne devienne un énorme problème, je ne peux pas me laisser aller à être moi tout simplement, sans que cela ne se retourne contre moi.

Par ailleurs, ton insistance à te rapprocher de moi tout en me répétant plusieurs fois par semaine que je n’ai qu’à partir ne me fait pas du bien.

Il n’y a rien de plus destructeur que cela pour moi actuellement. Je ne suis pas un yoyo qu’on fait monter et descendre à sa guise. Chaque fois que tu me dis que je n’ai qu’à partir, tu me confortes dans l’idée que j’ai pris la bonne décision, puisque cela continue comme avant : tu m’invites encore et toujours à prendre la porte une bonne fois pour toutes !

Je suis très lasse… si je ne peux être moi-même pour avoir la paix, je ne suis pas heureuse et si être moi-même se retourne contre moi, le jeu n’en vaut pas la chandelle, car cela ne me rend pas heureuse non plus !

Je vais faire mon possible pour ne plus te parler de choses qui me touchent car tu es maladroit dans tes réponses et cela m’enfonce encore plus. Te le faire remarquer ne fait qu’empirer car tu as visiblement beaucoup de mal à entendre ce en quoi tu me blesses !

À force de communication non-constructive (ce qui continue), je me dis que si je persévère dans l’erreur d’établir avec toi une relation sympa et ouverte, je ne tiendrais pas le coup bien longtemps.

Chaque fois, j’éprouve un vif regret de me laisser aller à te dire les choses, mais je constate qu’au fond, tu ne t’intéresses pas à moi, à qui je suis, à ce que je ressens…. Tout cela semble t’encombrer… Tu parles sans réfléchir aux conséquences, soit, mais moi, je n’ai plus envie d’en subir les conséquences !

Je suis à cran et j’ai beaucoup de problèmes à régler, alors je fais de mon mieux en ce moment !

Je vais essayer de trouver une solution pour partir avant qu’on éprouve l’un pour l’autre de la haine ou un ressentiment tel qu’on ne pourra plus du tout avoir la moindre parcelle de relation.

Je te demande de rester à distance, physiquement.

J’ai continué à venir vers toi, car j’ai espéré que, dans le temps, nous pourrions nous parler plus calmement sans que je ne me sente régulièrement agressée, remise en cause au plus profond de ma personnalité…. Cette relation est en train de tuer à petit feu ce qui me reste de joie de vivre et d’espièglerie… et cela, c’est hors de question !

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Monsieur Ventricule et Madame Cicatrice, dont nous avons déjà partagé un dimanche, partent en vacances, pour une semaine.

Cette fois-ci, ils feront une croisière, en voyage organisé. Elle n’aime pas l’idée des voyages organisés mais dans le pays d’Afrique où LUI veut se rendre, il n’est pas possible de voyager librement. Impossible de le convaincre de se rendre ailleurs ! Bien qu’au chômage à ce moment-là, elle finit par accepter car elle aime voyager sans modération. En outre, il a toujours payé les vacances.

M. Ventricule a repéré, la veille, une croisière possible dans une agence. Il demande à Mme Cicatrice de l’accompagner, en fin d’après-midi pour voir si cela lui conviendrait. La proposition semble honnête. Une fois sur place, le voyage est « adopté » mais il y a un couac. Monsieur n’a pas pris son chéquier et n’a pas 1000 euros de liquide sur lui pour payer les 2 places (presque 500 euros par personne). Comme il ne possède pas de carte bleue, il demande à sa compagne, devant la chargée de clientèle, de bien vouloir avancer le montant (énorme, compte tenu de sa situation financière) qu’il lui remboursera dès le lendemain. Il insiste sur le fait qu’il ne veut pas revenir une troisième fois.

Elle hésite un peu, le montant la stresse. Elle n’est pas sûre de comprendre pourquoi elle ressent un malaise, son esprit est confus ! Il met habilement et subtilement la pression en jouant sur le fait que, tout de même, elle peut lui faire confiance. Il fait comme s’il était surpris de la méfiance de sa compagne… mais sans trop en faire, le dosage est parfait ! Elle se sent piégée, elle cède.

Petit détail, le jour du départ, c’est le jour de son anniversaire, alors, elle se dit que, ma foi, c’est un joli cadeau !

Elle règle le montant. Comme ils doivent partir dans une dizaine de jours, il n’a pas jugé utile de prendre une assurance annulation.

Le lendemain, elle lui demande de bien vouloir lui faire le chèque. Dans ce genre de situation, il faut systématiquement le relancer, il la met chaque fois en situation de quémander… ce qu’il lui doit. Il se crispe, il sort le chéquier et écrit. Lorsqu’il lui tend le chèque, elle lit un montant correspondant au voyage d’une seule personne ! Elle lui demande de s’expliquer, sa réponse est claire et sans appel :

– Je ne t’ai jamais dit que je t’invitais.

Oui, il n’a pas dit qu’il l’invitait, sauf que…  il n’a pas non plus prévenu qu’il ne l’invitait pas, devinant qu’elle ne serait pas venue avec lui dans ces conditions. La manière dont les choses se sont passées ne peut que laisser supposer qu’il a savamment calculé son coup.

Elle est sidérée, elle lui en veut et s’en veut plus encore de s’être laissée berner, elle n’a rien vu venir ! C’est la première fois qu’il lui fait un coup pareil : c’est aussi leur premier voyage depuis qu’elle a emménagé chez lui, elle comprendra plus tard que ce déménagement va empirer de plus en plus sa situation. Pour l’heure, elle se souvient surtout que sa fille l’avait prévenue : attends un peu de vivre avec lui, tu verras à qui tu as affaire ! Elle commence à se dire qu’elle manque de vigilance. Elle se sent humiliée, utilisée et trahie : elle ne voulait pas aller dans ce pays, ni faire un voyage organisé, elle n’a pas les moyens de s’offrir un tel voyage en ce moment et pour son anniversaire, elle trouve le geste inélégant, carrément écœurant!!

Le jour du départ, il fait comme si son anniversaire n’existait pas. L’avion ayant un problème technique, le pilote les fait atterrir sur une île au large de l’Espagne. Les passagers auront finalement plus de 5 heures de retard, elle a faim et elle est fatiguée. Elle est un peu irritable et Monsieur ne le supporte pas ! Il est le seul à avoir ce droit !

Finalement, ils arrivent à destination. Il se couche dès leur arrivée (22h30-23h00) et la laisse se rendre seule au restaurant de l’hôtel, pour le dîner décalé par les problèmes de l’avion. Belle journée d’anniversaire !!

Toute la semaine, il ne lui parlera que lorsqu’il en aura envie. Après 5 jours, les clients sont invités à participer à une soirée à thème sur le bateau : il s’agit de s’habiller dans la tenue traditionnelle du pays. Après le repas, on danse sur les musiques orientales. Comme Mme Cicatrice aime danser, elle en profite à 100%.

Au coucher, il « fait la gueule » (passez-moi l’expression mais c’est la seule qui reflète la réalité), mais elle ne fait pas le lien avec la soirée car elle s’est bien amusée. Le lendemain matin, il ne lui adresse pas la parole, elle ne comprend pas pourquoi mais ne demande rien, pour éviter un conflit larvé redouté. Vers 11h30, il décide de « l’honorer », vite fait bien fait. A peine a-t-il fini, qu’il évoque la soirée de la veille : il lui reproche d’avoir dansé ! Elle ne voit pas quel est « l’objet du délit » ? Tout simplement sa manière trop sensuelle de danser, qui exciterait les hommes… !! Elle proteste en disant qu’elle a dansé d’une manière totalement dénuée d’ambiguïté. Il insiste, il dit s’être senti mal. Il en parle comme si elle avait littéralement fait un strip-tease ! Il ne le dit pas mais le discours, hors contexte, laisserait penser qu’elle a « aguiché » les hommes qui étaient là. Elle sait pertinemment que c’est faux. S’ensuit une violente dispute au cours de laquelle elle lui fait comprendre que personne au monde ne l’empêchera de danser, pas même lui ! Elle est si déterminée qu’il n’insiste pas mais il lui fait payer ce double affront (oser danser ainsi devant d’autres hommes et ne pas se plier à sa demande implicite de ne plus danser à l’avenir) en ne l’accompagnant pas au déjeuner !

Le lendemain, comme à son habitude lorsqu’il sent qu’il est allé trop loin et que cette fois-ci, il se pourrait que Mme Cicatrice envisage une rupture à leur retour, il lui offre un bijou ! A ce moment-là, elle se souvient qu’il lui avait dit avoir offert à sa précédente compagne un certain nombre de bijoux… Maintenant, elle a la certitude que cette compagne n’avait pas un don particulier pour se faire offrir des présents, mais qu’elle avait du vouloir le quitter régulièrement ! Cela se confirmera par la suite : elle sera gratifiée d’un joli cadeau à chaque moment très critique de la relation….

Alors, sympathiques les vacances avec M. Ventricule, non ?! Elle pourrait raconter d’autres « anecdotes », elle en a toute une série !

Il y a des comportements systématiques chez M. Ventricule, lorsqu’il est en vacances : il râle, il se plaint, il critique, il boude, il crée des conflits, il cherche à séduire d’autres femmes, il pourrit tout, mais il prend toujours soin de dire une ou deux choses agréables, pour paraître crédible par la suite : quand il parle de leurs vacances à des amis, il évoque des moments sympas, agréables, dépaysants, bref, on ne peut que croire qu’ils ont passé des vacances… de rêves ! Il dit combien il a apprécié la nourriture ici, la beauté des paysages là…

Mme Cicatrice est alors coincée. Comment avoir la parole libre, pour dire combien il a fulminé et rendu le séjour horrible ? Les amis ne comprendraient pas pourquoi, quelques semaines, mois ou années plus tard, elle aurait à redire sur ces « splendides vacances » alors qu’il est si enthousiaste et semble s’être tellement régalé !

Qui pourrait savoir comment le billet a été payé par Monsieur ? Qui ira leur raconter qu’il a boudé presque deux jours après la soirée ? Qu’il n’a pas mangé avec elle à deux reprises ? Qu’il a voulu la contraindre à ne plus jamais danser après avoir eu un moment intime avec elle, pour mieux faire passer sa « requête » ? Sans compter qu’il s’empresserait de lui démontrer son ingratitude en évoquant le cadeau final ! C’est vrai ça ! Quelle manque de reconnaissance ! Comment prouver le lien entre la dispute et le bijou ? Il serait si facile (et crédible) de soutenir qu’il a regretté de s’être fait des idées et qu’il a, ainsi, cherché à se faire pardonner !

Je sais que les victimes qui liront cet article saisiront sans difficulté ce lien car tous les PN ou presque fonctionnent ainsi ! Ils perçoivent, comme s’ils possédaient un radar, le moment où ils doivent faire LE geste pour éviter la rupture en germe dans le cœur de l’autre. Ils sont capables de faire le nécessaire pour tuer dans l’œuf le projet de séparation car quelque chose chez leur partenaire leur indique qu’ils ont probablement franchi le Rubicon.

L’homme qui frappe sa femme et lui offre des fleurs le lendemain procède de la même manière : le bouquet agit chaque fois comme une baguette magique, qui efface la faute, jusqu’au jour où, bien sûr, « ça ne prend plus » !

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Dimanche

Je vous propose de passer un dimanche en compagnie d’un PN de ma connaissance (27 caractéristiques sur les 30 listées par I. Nazare-Aga), cardiologue, la cinquantaine bien avancée, M. Ventricule, et de sa victime Mme Cicatrice, ensemble depuis 3 ans et vivant sous le même toit depuis 6 mois (Toutes les scènes ci-après ont existé).

8h15 : M. Ventricule, se réveille et dit à sa compagne, pour la première fois depuis 3 ans : « Tu veux des croissants ? », « Oui, avec plaisir »; « Ok, j’y vais! », « Vraiment ? » (elle fait son possible pour avoir un ton léger car elle n’y croit pas : il n’a pas pour habitude de faire quelque chose pour elle, comme ça, sans raison…), « Oui, je te le promets ! » (Réponse étrange, mais elle ne relève pas) Mme Cicatrice se sent coupable de sa propre méfiance et pour faire taire cette sensation désagréable, elle décide de rester couchée tandis qu’il sort de la chambre. Elle s’étire et pense au plaisir simple de se régaler de croissants. Elle l’entend mettre le café en route. 10 minutes plus tard, il est toujours dans la cuisine. Elle se lève et le rejoint. Il est tranquillement en train de déjeuner, tout seul !

– « Tu n’es pas sorti chercher les croissants ? » – « Non ! » – « Ha bon ? Tu m’avais promis » hasarde-t-elle, gênée par l’étrangeté du verbe « promettre » dans ce contexte, qui lui donne l’impression d’être infantilisée. Sourire sarcastique aux lèvres, il répond : « Comme disait Chirac, les promesses n’engagent que ceux qui les croient ! » Elle est abasourdie ! Elle n’a aucune envie de rire de cette blague douteuse. Il lui lance un regard mauvais, la situation est « délirante ». Mme Cicatrice est désorientée, elle n’y comprend rien.

C’est un « incident » typique des dimanches où M. Ventricule peut « faire la gueule » ou pourrir la journée sans aucune raison, dès le matin. C’est ainsi au moins 1 dimanche sur 3, statistiquement. Elle a l’habitude, elle slalome, se dérobe, se tait ou contre-attaque, selon l’énergie dont elle dispose, pour parer les coups, mais certains sont imprévisibles de méchanceté glaciale.

Elle se met à table. Sans ajouter un seul autre mot, il se lève moins d’une minute plus tard en la laissant en plan, sans débarrasser son bol et ses couverts, confirmant une fois de plus sa volonté de domination : si elle ne débarrasse pas ses affaires, la journée sera pire que si elle le fait. Le faire, c’est se plier…. Ne pas le faire c’est s’exposer à un argument fallacieux et inique : « j’étais pressé d’aller aux toilettes! » Comme si cela l’empêchait de mettre sa vaisselle dans l’évier à 2 mètres de là… Elle se sent coincée car elle cherche la voie de moindre dépense énergétique. Elle veut juste préserver son dimanche en évitant un conflit de plus. Elle s’interroge, tentant de trouver une raison à ce comportement. Qu’a-t-elle fait ou dit au réveil pour provoquer son irritation ? Elle se sent blessée et tente de se convaincre que ça va passer. Elle ne parvient pas à retenir les larmes qui coulent en silence dans son bol.

8h35 : Il est dans la salle de bain. Abandonnant son déjeuner, intriguée, elle se lève et s’approche doucement. Elle l’entend parler et veut savoir de quoi il retourne. Elle tend l’oreille : « Salope ! connasse ! pour qui tu te prends ? tu n’es rien, tu comprends ? rien ! Tu crois peut-être que tu vas me plier ? Pauvre conne ! Tu n’es qu’une merde et j’en ai rien à foutre de toi ! Je t’emmerde ! »

Elle se demande s’il a oublié qu’elle était là ou s’il fait exprès pour qu’elle entende son propos.

Au bout de 2-3 minutes, elle rentre dans la salle de bain. Il la regarde étrangement, il a l’air de voir un fantôme. Bien qu’elle remarque son étonnement, elle lui demande à qui il parle. « Je ne parle pas ! ». « Si, tu parles depuis au moins 3 minutes », « Pas du tout ! ». Il nie plusieurs fois. Elle commence à perdre patience. « Arrête de mentir, tu n’arrêtes pas d’insulter, de traiter une personne de connasse et de salope, ça fait un moment que j’écoute derrière la porte et ce n’est pas la première fois ! A qui parlais-tu ? ». « Si ça peut te rassurer, il ne s’agit pas de toi ! ». « Ha oui ? vraiment ? alors à qui parles-tu, il n’y a que moi dans cette maison ! » « Pas à toi ! ». « Je veux savoir à qui tu parles car je ne te crois pas, pour moi, c’est moi que tu insultes déjà depuis quelques temps! » Elle a durci le ton, dans un élan de lucidité où elle rassemble quelques forces. Il finit par lui dire « Je parle à la mère de mes enfants! ». « Pardon ? à la mère de tes enfants ? Tu me prends pour une imbécile ? Vous êtes séparés depuis 15 ans ! ». « Elle a pourri ma vie, m’a éloigné de mes enfants, je te jure que ce n’est pas à toi que je parlais, il faut me croire! ». « Comment veux-tu que je te croie alors que tu as commencé en me soutenant que tu ne parlais pas ? » Il insiste, tente désespérément de la persuader en invoquant le fait qu’il ne voulait pas la mêler à cela ! De guerre lasse, elle dit « qu’elle veut bien le croire ». Elle n’en pense pas un mot, mais elle est déjà fatiguée de bon matin… Elle finit par sortir de là. Elle ne saura jamais qui est vraiment la cible de ses insultes régulières. Probablement chaque femme qu’il a connue, y compris elle-même !

Elle est assommée par cette conversation « de la quatrième dimension », ses idées s’embrouillent.

Il sort de la salle de bain, d’humeur mitigée, cherchant à faire oublier la dernière scène. L’enchaînement des incidents du matin a refroidi sa compagne. Elle le sent agacé. Normal, il sait qu’elle n’est pas totalement convaincue par les arguments qu’il a avancés il y a quelques minutes. Elle redoute un nouvel assaut. Elle a une fois de plus l’impression de devenir folle.

9h : L’assaut redouté arrive : il pique une crise car elle a laissé « traîner » un objet dans l’entrée depuis « au moins deux semaines ! » (en réalité, depuis à peine 2 jours). Dans un réflexe de défense, elle lui montre ce que lui laisse traîner, depuis 2 à 3 semaines, dans la chambre, dans le couloir, le salon et la salle de bain. Il n’entend rien, il lui coupe la parole, change de pièce et l’insulte en lui tournant le dos. Il finit en disant « j’en ai rien à branler de ce que tu penses ! ». Elle sait qu’il le pense vraiment.

Elle se rend dans la cuisine où elle entreprend de faire la vaisselle pour s’occuper et tenter de réfléchir. De son côté, il va et vient, trie quelques papiers et l’ignore totalement.

9h30 : Sans rien lui dire, il téléphone à un couple d’amis. Il tombe sur l’épouse et se montre particulièrement sympa, avenant, il fait des blagues et rit ostensiblement. Elle ne peut pas prouver que son attitude vise à la blesser, à la provoquer, mais elle connaît ses motivations. La dernière fois que c’est arrivé, elle lui a fait remarquer qu’il était odieux avec elle mais charmant au téléphone avec son amie Marie-Hélène, il a répondu : « Je lui parle comme ça parce qu’elle ne m’a rien fait, ELLE ! » Elle lui a demandé ce qu’elle avait bien pu faire. Réponse du charmant médecin : « Tu n’as qu’à chercher, tu finiras bien par trouver ! » Bien sûr, elle n’a jamais trouvé. Elle connaît ses esquives, ses ficelles, ses fausses excuses, ses manœuvres et ses fausses démonstrations. Son propre père faisait de même.

Donc, il propose à cette amie de venir déjeuner à midi avec son mari. Le ton joyeux de l’appel ne peut que donner l’impression que tout va bien : comment les interlocuteurs pourraient-ils imaginer une seconde ce qui se passe chez leur ami cardiologue, dont le masque est si parfait ? L’amie et son mari ont d’autres engagements pour midi mais l’invitent -avec Mme Cicatrice- à venir manger le soir. Il y aura peut-être un autre couple qu’ils ne connaissent pas. Il raccroche, la soirée est donc fixée par PN qui agit comme s’il était seul. Elle le lui fait remarquer. Il rétorque « C’est moi qui ramène l’argent dans cette maison, je fais ce que je veux ! » Quel meilleur moyen de faire la démonstration de sa domination, de son mépris ?

Au bord des pleurs, elle se réfugie sur internet. Il fulmine, il râle, grogne et finit par la rejoindre 10 mn plus tard. D’un ton agressif il dit :

10h : « J’ai besoin de l’ordinateur ». « Tu vois bien que je m’en sers ! » « Oui, mais c’est urgent ». Elle sait que c’est un mensonge, mais si elle résiste, le clash sera violent. Si elle abdique, elle le laisse prendre le pouvoir mais préserve une paix relative. Elle se déconnecte et quitte le bureau sans rien dire. 5 mn plus tard, il s’habille pour aller faire son jardin. Ouf ! Malgré la paix dans la maison, elle a le plus grand mal à s’organiser, son cerveau est brouillé, son niveau d’énergie ne remonte pas. Elle travaille tout de même un peu sur l’ordinateur.

11h30 : Elle a réussi à faire deux ou trois choses, en traînant. Elle n’a envie de rien, se demande ce qu’elle a fait, tourne en rond dans sa tête et dans la maison. Elle commence à préparer un repas. Il revient dans la maison, tout sourire, lui disant « tiens, je t’ai ramassé des pommes ! », content de lui, comme si cette action était la générosité incarnée. Chaque fois qu’il fait quelque chose de ce genre, il fait en sorte de se comporter comme s’il venait de faire un geste d’une générosité absolue. Elle entend le message subliminal « Tu vois, je suis formidable, je cueille des pommes pour toi ! » Sauf que dans les 48h, il les aura toutes mangées ou il suggérera à Mme Cicatrice de faire une compote. Il aime les fruits, elle n’est pas dupe, c’est pour lui-même qu’il les a cueillis, mais elle s’abstient de le lui dire. En outre, si elle lui avait demandé de cueillir des pommes, il aurait « oublié », car, dans 90% des cas, toute demande est vécue par lui comme un ordre, surtout en l’absence de témoin. Elle le remercie quand même et lui annonce ce qu’elle prépare pour déjeuner. « Super, à tout à l’heure ma Chérie ». Ma Chérie ??? Il fait comme si de rien n’était !

12h30 : Il revient du jardin, dit d’un air joyeux « ça sent bon dans cette maison ! » et part se doucher en sifflotant. Il prépare ainsi sa demande de relation sexuelle du jour (elle reconnaît les signes avant-coureurs). Le repas se déroule sans problème, il lui parle, il la regarde même… ce qui n’est pas toujours le cas. Une fois le repas fini, il va faire une sieste et lui demande de la rejoindre, en plaisantant, en riant. Les relations sexuelles lui pèsent parfois, en particulier après une attaque, mais lorsqu’elle refuse, il y a des chances pour qu’il utilise des mesures de rétorsion. Il est possible qu’il devienne au contraire doux et mielleux, quitte à retarder le moment. Cela dépend de la date de la dernière relation sexuelle, des problèmes qu’il a eus récemment avec certains patients, et des situations qu’il n’a pas pu maîtriser. Elle cède, pour ne pas réveiller son agressivité.

14h30 : Il se réveille en forme mais elle sent qu’il est distant. Il propose une balade. Elle dit qu’elle préfère se reposer mais sa manière d’insister l’enjoint à se plier, encore une fois pour préserver son énergie. Elle sait qu’elle devrait ne pas céder mais ne peut s’y résoudre. Ils vont se balader et sur le chemin, ils rattrapent peu à peu un homme accompagné de deux femmes, dont l’une porte un short.

M. Ventricule ralentit pour mieux « reluquer » les jambes nues de la femme, il les fixe de manière anormale, lubrique même. Peu à peu, ils finissent tout de même par les rejoindre. PN les aborde : « quelle belle journée ! » « oui oui, dit l’homme, le temps idéal pour prendre l’air ». Et là PN sort le grand jeu « En plus vous êtes bien accompagné, n’est-ce pas !? » Petits sourires polis des femmes. Il poursuit : « nous, on se balade ici souvent ! » Il raconte sa vie, il fait durer. « Vous allez loin ? » « Oh…. on fera demi-tour quand on en aura assez ! » Vous allez voir, là-haut c’est très beau, on a une vue splendide ! » Tout ce blabla dans le but de charmer et séduire Mme Minishort.

Pendant ce temps, Mme Cicatrice, un peu timide, attend que son numéro de charme finisse enfin. Elle ne fait aucune remarque, par la suite, car il lui dira qu’elle se fait des idées ! Elle sait, surtout, qu’il n’attend que ça pour provoquer un conflit. En outre, il aime lui rappeler qu’en tant que cardiologue il voit des femmes déshabillées à longueur de journée, parfois très belles, même très intelligentes, célibataires de surcroît et qu’il n’aurait aucun mal à séduire ! Bref, ils finissent par repartir, en ralentissant. Il scrute les petites fleurs (dont il se fiche éperdument), pour rester à proximité de la femme en short ! Le trio, finalement, s’arrête longuement avant de redescendre, stoppant sans le savoir, la tentative de séduction du PN.

Sur le chemin du retour, il réussit à provoquer une dispute à propos du fait qu’il participe trop aux tâches ménagères (sic !). Si ce n’était pas si délirant, ce serait comique ! Il en profite pour dévaloriser son travail de professeur d’italien, qui lui laisse du temps. Lui n’a pas assez le temps. Son métier est prenant, certes mais elle lui rappelle qu’ils ont un contrat moral sur la question, qu’il s’est engagé à remplir sa part pour des tâches qu’il avait lui-même décidé de faire. Le ton monte jusqu’au moment où il lui dit « je ne sais pas si tu réalises, mais je suis le plus grand cardiologue sur la Terre actuellement! » (CQFD). Bien qu’abasourdie par cette mégalomanie, elle ne cédera pas !

18h : Retour à la maison, distant, frustré de n’avoir pas pu faire plier sa compagne, il cherche un moyen de la punir. Il ne lui parle pas, ne la regarde pas. Il se plaint d’avoir mal au dos ! Elle ne relève pas !

18h15 : Sa fille aînée lui téléphone, il s’enferme dans la chambre à coucher pour lui parler. 10 mn plus tard, il ressort. Il en parle comme si l’appel s’était bien passé. Elle avait besoin d’argent pour s’acheter une nouvelle voiture. Il monologue sur le sujet puis finit par se répandre en méchancetés : elle est conne comme sa mère, elle est nulle et elle le fait chier ! Mme Cicatrice ne relève plus, elle a déjà entendu ces « analyses » à l’emporte-pièces des dizaines de fois. Elle sait tout « le bien » qu’il pense de sa fille. Elle sait qu’au fond, il n’a aucune considération pour elle ni pour personne. Lorsqu’il prétend le contraire, c’est un merveilleux mensonge. Il veut tout de même l’assentiment de Mme Cicatrice, il veut la faire adhérer à sa vision (comme toujours). Elle élude, car elle n’est pas d’accord avec ses analyses lapidaires. Elle n’en dira rien, encore une fois. Cela ne la mènera qu’à recevoir une salve de reproches. Ne pas être d’accord avec lui, c’est être CONTRE lui. Tout est une affaire de guerre et il a besoin d’alliés même si les alliés et les ennemis changent de positions dans le temps, en fonction de ses intérêts. Sa fille, aujourd’hui l’ennemie, peut, demain, devenir une précieuse alliée dans une nouvelle guerre contre un autre membre de la famille.

18h20 : Tentant de changer de sujet, elle lui demande : « A quelle heure sommes-nous invités ? », il répond froidement : « Il n’y pas d’heure ! Tu sais bien qu’on peut arriver chez eux comme on veut ! ». Il enfile un vieux pantalon pour aller au jardin !! Ouf, un peu de répit.

19h10 : Encore un horrible dimanche! Elle tourne et vire, range deux ou trois affaires, nettoie la salle de bain en vitesse, pour s’occuper, pour ne pas qu’il trouve encore une raison de vociférer, pour se vider la tête, pour ne pas rester là, à se demander quoi faire, quoi penser de cet homme, de cette relation… Finalement elle se dit qu’il faut se préparer pour l’invitation mais, avant, elle le rejoint au jardin : « Il faudra penser à te préparer, il est déjà 19h10 ». Excédé car elle ne lui a pas donné raison au sujet de sa fille, il lui répond qu’elle le fait chier, qu’elle n’a pas à faire son éducation !

19h25 : Il rentre, se douche et se prépare en 5 mn. Il lui parle très gentiment. Il lui dit qu’elle est très bien habillée et que ça lui fait « un beau cul » ! Elle se contente de dire « merci » du bout des lèvres.

Elle déteste la vulgarité, il le sait mais Meussieur fait un compliment, elle lui doit donc reconnaissance et gratitude, alors ce n’est pas le moment de lui dire « arrête d’être vulgaire ». Elle connaît déjà la réponse « Ce que tu peux être susceptible, décidément on ne peut rien te dire! Je fais des efforts, je viens de te faire un compliment, tout le monde utilise le mot ‘cul’ (ha !?), pas la peine d’en faire tout un plat… Tu es chiante ! « 

19h45 : La soirée chez les amis commence. L’épouse du couple inconnue est assez jolie. Au moment de passer à table, M. Ventricule fait tout son possible pour être assis précisément en face d’elle ! Toute la soirée, il va parler de son métier. Le mari inconnu pose des questions, justifiant la prise de parole constante de M. Ventricule, trop heureux d’avoir un auditoire qu’il veut suspendu à ses lèvres. Il cherche à séduire, il donne des détails, des précisions, rectifie, explique, répond patiemment à chaque question ! Mme Cicatrice connaît par coeur « sa technique », elle ne dit rien, leurs hôtes sont contents car l’ambiance est bonne. Il parle sans arrêt, il boit un peu, il rit un peu et ne laisse aucune place aux autres et, surtout, il ne s’intéresse nullement à eux. Seul son intérêt compte. Personne ne peut soupçonner comment M. Ventricule a traité sa compagne toute la journée. Personne ne se rend compte qu’il ne se tourne pas une seule fois vers elle, ne serait-ce que pour lui demander si elle veut du pain, à boire, ou juste pour lui adresser un regard gentil. Elle n’existe pas, elle ne lui sert qu’à venir accompagné aux soirées et à satisfaire au repos du guerrier.

Vivement dimanche prochain !!!

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Il faut tout d’abord rappeler que tous les PN –pervers narcissiques- ne sont pas des clones, mais en laissant la parole à cette femme rescapée qui donne son témoignage, on s’aperçoit assez vite que des dizaines, voire des centaines de proies ont peu ou prou l’impression que c’est leur vie de couple que l’on raconte, à quelques détails près. Cette précision me paraît indispensable car parfois, les victimes, bien qu’ayant compris certaines choses, vont se raccrocher à un détail et conclure « non, il n’est pas comme ça, donc ce n’est pas un PN ».

Autant dire : non, même s’il est né en France, de parents et grands-parents français, qu’il parle français, qu’il s’appelle Durand et qu’il est pharmacien de père en fils depuis 4 générations, à Paris, je ne peux pas le considérer comme vraiment français car il n’apprécie pas le vin et le fromage le rend malade.

Ces seuls critères n’enlèvent rien au fait qu’il soit français !! Tous les italiens ne sont pas des mangeurs de pizzas et les allemands des buveurs de bières. Il s’agit de tendances culturelles mais de grâce… restons prudents sur les stéréotypes.

Il en va de même pour les PN : l’un voudra pratiquer l’échangisme et d’autres expériences hors-normes et l’autre ne prônera que la fidélité (tout en ayant, pour certains d’entre eux, des attitudes claires de séduction vis-à-vis des autres femmes ou tout en vous demandant si vous avez déjà eu des rapports à trois ou avec une autre femme ou encore si vous iriez volontiers dans un club échangiste ! Il pose la question « comme ça ! » par curiosité, mais jamais il ne ferait une chose pareil…). Bien sûr il ne quittera pas sa proie, un autre, lui, finira par le faire (très rarement, il est vrai, et tout en ayant en tête une stratégie de soumission : il finira, mine de rien, par refaire surface pour rappeler l’ex à son « bon » souvenir, ils se comportent comme un pitbull).

Bien sûr l’un fera des cadeaux parfois coûteux (si ceux-ci le glorifient et donnent une belle image de lui) et un autre sera radin, parfois la forme diverge mais le fond reste toxique et dénué d’altruisme.

Voici un ensemble de ressentis et attitudes qui devraient permettre à toute victime, encore en proie au doute, de continuer à clarifier sa situation amoureuse et/ou conjugale. Il s’agit de faire un point sur le glissement de vos comportements qui ne sont plus naturels parce que vous avez la sensation que la relation agit comme une toile d’araignée gluante, qui se resserre, vous étouffe, vous brise et vous éloigne de vos valeurs, de vos aspirations et de vous-même.

Un bilan s’impose, après quelques mois, quelques années de mal-être et qui, immanquablement finit par ressembler à celui des autres victimes (témoignages recueillis).

En vrac, tentez de confronter vos constats personnels à ces affirmations :

– Vous voyez de moins en moins (ou plus du tout) vos ami(e)s, vos proches, car le/la PN a fait le vide autour de vous, (vos amis et votre famille ne sont jamais assez bien pour le/la PN).

– Vous vous demandez régulièrement ce que vous devez faire pour l’aider à prendre conscience du mal qu’il/elle vous inflige, pour l’aider à changer, STOP, ça ne marchera jamais !!

– Vous vous demandez régulièrement ce que vous avez bien pu faire ou dire pour mériter un tel traitement de défaveur.

– Vous remarquez que lorsque vous êtes seuls, il critique régulièrement les uns ou les autres ouvertement ou à demi-mots sur des actes que lui-même pose. Par exemple, au volant, il critiquera les conducteurs qui bloquent la rue en ne prenant pas la peine de se garer à quelques mètres de là mais il pourra faire exactement la même chose parfois dans la minute qui suit. Si vous le lui faites remarquer, il s’emportera ou vous accusera de défendre les autres au lieu d’être de son côté !

– Il vous fait sentir qu’il vous a fait l’honneur de vous choisir, donc vous devez être reconnaissante.

– A bien l’écouter, il semble qu’aucune de ses ex n’a su voir qu’il était exceptionnel, d’ailleurs aucune d’elles n’en valait la peine ! Prêtez bien attention à la manière dont il en parle. Faites de même à propos de ses enfants et, surtout, observez comment il les traite. Quelles sont les véritables relations qu’il entretient vraiment avec eux (s’il les voit encore) ? En général, il les critique, les juge durement (en leur absence) et ne s’intéresse pas réellement à leur vie. À la rigueur, il se penche sur leurs résultats scolaires car s’ils sont bons, cela LE valorise. Leurs « défauts » ont été transmis par leur mère et leurs qualités par lui-même.

– Vous remarquez que lorsqu’il vous laisse « libre », par exemple, d’aller rendre visite à un proche ou un(e) ami(e), il peut vous le faire payer très cher, parfois à retardement (il boude pendant des jours, vous critique ou vous insulte plus que d’ordinaire, pour rien….), d’où la difficulté parfois à faire le lien, en particulier au début des changements de comportement.

– Vous sentez, au bout d’un certain temps, que vous n’êtes pas apprécié(e) pour ce que vous êtes mais pour ce qu’il retire de votre relation, au delà de l’aspect « énergie et joie de vivre ». Avec vous, il a d’autres avantages. Par exemple : du sexe, un certain confort domestique si vous savez très bien tenir une maison, de la bonne cuisine, une présence, une femme de ménage, quelqu’un qui finit par tout prendre en charge car il est trop occupé et ce n’est pas son rôle. Cela ne l’empêchera pas de vous critiquer, un jour ou l’autre sur chaque aspect. Il se peut que vous ayez l’impression, au bout d’un certain temps, qu’il vous présente à ses « amis » ou ses frères comme un trophée. Bien sûr, ce n’est jamais avoué ! Pourtant, vous le sentez, intuitivement, car « ça transpire » : ma compagne est belle, intelligente, diplômée, etc. C’est LUI que cela narcissise, mais il le serait autant par le choix d’une autre femme, dotée des mêmes qualités. Il est en compétition avec les autres hommes et si ses propres frères ou cousins vous courtisent, il se peut qu’il en retire plus de fierté (orgueil) que d’irritation.

– Vous avez l’impression d’être interchangeable, y compris dans l’intimité. Par exemple il dira « c’est beau les seins d’UNE femme », en vous caressant, au lieu de « j’aime TES seins ». « UNE femme », vous ramène à une parmi d’autres, vous dépersonnalise encore une fois ! Si cela vous blesse, il vous trouve susceptible.

– Vous ne pouvez jamais compter sur sa parole, ses promesses, qui ne sont que des leurres : il peut même aller jusqu’à dire « les promesses n’engagent que ceux qui les croient » ! Attention : s’il vous promet d’aller consulter, ne le croyez pas, c’est une ruse, il n’ira nulle part ou bien il acceptera d’y aller pour vous dénigrer et dire combien vous êtes mauvaise…. Il peut aussi dire, devant témoin, qu’il a l’intention de vous emmener en voyage (car vous aimez les voyages par exemple) en Guadeloupe ou aux Seychelles, le présenter de manière à être entendu comme une promesse. Il ne vous emmènera nulle part et il le sait ! Il réussit à faire croire aux témoins qu’il est généreux et désireux de vous faire plaisir ! Bien sûr, il dira ensuite « cette année, j’ai eu trop de dépenses » ou bien « pour le moment je dois encore payer ceci cela, on verra cela plus tard ! ». « Plus tard » n’existe pas, encore un mensonge, un leurre, destiné à se faire passer pour un généreux prince ! Si par chance il vous emmène, constatez qu’il aura choisi la destination, plus ou moins habilement (pour rendre visite à quelqu’un qu’il connaît, etc. À y regarder de près, vous verrez qu’il avait un intérêt, même bien caché) et s’il paye votre part, considérez que ce n’est que justice car il se sera servi de vous pour ne pas voyager seul !

– Lorsqu’un conflit éclate, il vous reproche votre agressivité, celle-là même qu’il a provoquée par son mépris, son mutisme, sa condescendance, son silence, ses critiques gratuites et infondées, sa goujaterie, sa misogynie…. et, le comble, c’est qu’il se sert de votre agressivité pour mieux se placer en victime : si vous étiez plus conciliant(e), plus douce, moins pénible, moins tatillon(ne), moins sensible, il serait différent. Autrement dit, vous êtes exclusivement responsable de ce qui ne fonctionne pas entre vous, par inversion des relations de cause à effet, et il sait parvenir à vous en convaincre, la plupart du temps.

– S’il prend une décision, vous constatez qu’il ne vous demande généralement pas votre avis car il part du principe que vous êtes acquis(e) à sa cause et que vous ne remettrez pas en question ce qu’il a décidé, même si cela nuit à votre vie; si vous partagez votre désaccord, vous serez soumis(e) à des mesures de rétorsion violentes et/ou durables, ou bien il trouvera encore des arguments fallacieux pour vous faire fléchir.

– Un jour vous commencez à vouloir tenir un journal tellement ses attitudes sont incroyables. Il se peut même que vous ayez envie d’enregistrer vos « conversations » ou disputes pour qu’il s’écoute dans ses délires. En général il s’y oppose farouchement.

– Vous remarquez que, tout comme il vous définit comme une personne nulle, il ne parle de lui-même qu’en termes quasi exclusivement élogieux, ou au moins en termes positifs. Les qualités qu’il prétend avoir n’existent généralement pas (il est bon bricoleur, bon cuisinier, il sait s’occuper du jardin, etc.).

– Votre sens de l’humour s’est éteint ou presque, car selon le PN, il est nul, lourd, potache (alors qu’il va bien rire à des blagues de personnalités connues pour leur humour plus que potache, voire très vulgaire ! Il n’y verra aucun paradoxe mais vous passerez pour une enquiquineuse si vous le faites remarquer !).

– Il prétend souvent (de manière déguisée) bien connaître les gens, la psychologie, l’âme humaine alors que ses raisonnements et analyses sont régulièrement basés sur de faux postulats.

– Vous serez parfois atterrée de l’entendre relever une qualité de telle ou telle personne alors que vous avez la même. Par exemple : il dira de la femme d’un « ami » qu’elle est généreuse/douée en cuisine/vive d’esprit/ etc., alors que vous voyez bien que ce n’est pas flagrant, mieux vous êtes vous-même bien meilleure pour cette chose-là, très douée ! Parfois la perversion est différente : il critiquera une personne sur un aspect qui le dérange chez vous aussi. Par exemple, si vous n’aimez pas cuisiner plus que cela, il dira « je me demande comment Pierre peut supporter que sa femme n’aime pas cuisiner! c’est important quand même, on mange 3 fois par jour, tous les jours de sa vie ! Elle pourrait faire un effort ! » Intuitivement, vous savez qu’il VOUS attaque indirectement. Aucun moyen de le prouver, bien sûr, et c’est tout l’art de sa manipulation. Si vous faites un commentaire, il vous dira que vous êtes dingue, parano et s’offusquera que vous osiez imaginer de telles conclusions. Il insistera sur le fait qu’il parlait de la femme de Pierre ! Ce qui est vrai, initialement, d’où l’impossibilité de prouver qu’il vous visait.

– A la longue, vous êtes constamment fatigué(e), lessivé(e), sans raison apparente.

– Vous avez l’impression que votre vie ne vous appartient plus : il décide, il contrôle, il domine.

– Vous vous sentez dépersonnalisé(e), automatisé(e), robotisé(e), vous avez l’impression d’avoir adopté les « valeurs » de l’autre (qui n’en sont pas), son rythme de vie, son regard sur le monde, son mode alimentaire, etc., comme si vous étiez un double de son ombre.

– Vous avez l’impression de devoir en faire toujours plus, pourtant, plus vous en faites, moins il est content !

– Professionnellement, il vous a convaincu(e) de quitter le monde du travail (pour élever des enfants par exemple), ou bien, il/elle vous a tant malmené(e) que vous avez accumulé des erreurs professionnelles menant au licenciement. Si ce n’est pas le cas, vous avez de la chance, gardez votre travail, c’est votre planche de salut. Ne comptez pas sur lui pour vous encourager pas à tenter d’obtenir une promotion, il tentera plutôt de vous dissuader d’avoir de l’ambition en misant par exemple sur le fait qu’il pourvoie aux besoins du ménage ou sur le fait que vous allez trop vous investir et être moins présente pour LUI ou encore que vous n’avez pas les capacités (sans le dire aussi ouvertement) !

– Vous vous sentez menacé(e) psychologiquement, vous avez la sensation de devoir vous protéger de lui (d’elle), de devoir vous justifier sur vos actes, parfois même mineurs.

Si vous êtes malade, il s’en fiche, pire, cela l’irrite car vous n’avez pas « le droit d’être malade » : vous avez été choisi(e) pour votre bonne humeur, votre joie de vivre et votre énergie vitale. Le moindre signe de faiblesse et « vous faites votre cinéma », vous êtes (de plus en plus) persuadée que si vous tombiez gravement malade, il vous laisserait « crever comme un chien ».

– Vous vous sentez en insécurité dans les moindres recoins de votre vie. Par exemple, il est capable de quitter le véhicule pour aller aux toilettes d’une aire d’autoroute, alors que vous y êtes déjà, vous-même, en laissant tourner le moteur, tandis que vos papiers et vos bagages s’y trouvent. Si vous le lui faites remarquer il vous trouve « pénible » et peut vous rétorquer « je ne vois pas où est le problème, il n’est rien arrivé ! ». Ou bien il prend des risques inconsidérés en bateau, à la montagne (alors qu’il n’est pas un pro) ou ailleurs, en jouant à celui qui s’y connaît (ce qui est un mensonge ou une absolue déformation de la réalité).

– Vous vous sentez jugé(e), évalué(e) : il peut vous mettre la pression pour que vous jouiez un air de piano, devant des amis, alors que vous n’avez pris que cinq ou six leçons. Une fois que vous avez joué (tant bien que mal, sans échauffement ni entraînement) il peut vous noter (ex: je te mets 14/20) devant les invités. Une fois ces derniers partis, il peut se flatter de vous avoir valorisée et s’offusquer que vous ne soyez pas plus reconnaissant(e) que cela.

– Vous constatez qu’il se valorise facilement tout seul. Il s’auto-congratule pour tout et n’importe quoi. Par exemple, il fait à manger et se flatte d’avoir fait un repas succulent, délicieux…. Cela vous empêche du coup d’émettre un seul commentaire négatif même minime (manque de sel ou excès de poivre…) et vous musèle au cas où son repas serait infect. Si vous osez émettre une micro suggestion, il vous dira alors que vous n’êtes jamais content(e), qu’il vient de passer du temps pour vous faire plaisir et que tout ce que vous trouvez à faire c’est le critiquer… Cela ne l’empêche nullement de vous noter sévèrement dans vos prestations culinaires !

– Vous êtes de plus en plus « susceptible » et  intolérant(e) aux critiques. Votre seuil de tolérance est à zéro, y compris avec d’autres personnes ; vous ne parvenez plus à prendre du recul sur la provenance des remarques, même anodines, même de la part de personnes bien intentionnées.

– Vous avez l’impression qu’il n’a pas besoin d’amour mais qu’il a plutôt un besoin abyssal d’être admiré sans retenue, sans recul, sans esprit critique. Si vous n’êtes pas d’accord avec son comportement ou ses paroles, vous êtes contre lui ou vous prenez parti pour les autres. Il double sur une ligne continue, vous devez l’approuver d’avoir su évaluer le risque sans se tromper. Vous l’entendez hurler après quelqu’un au lieu de tenter une attitude conciliante, votre réprobation sera vécue comme une trahison, un changement de camp de votre part ! Aucune explication ne trouvera grâce à ses yeux, il ne pourra rien entendre, rien admettre.

– Vous vous dites qu’il est incapable d’envisager les relations autrement que dans la configuration « dominant/dominé », il ne conçoit pas la possibilité d’une relation égalitaire ET complémentaire. C’est vrai, car c’est en dehors de son mode de fonctionnement !

– Vous pensez régulièrement qu’il/elle est handicapé(e) affectif(ve), et c’est le cas.

– Vous constatez qu’il y a des petites choses anodines que vous ne partagez plus par peur de ses réactions inadaptées et excessives. Par exemple, si vous avez déjeuné avec des collègues vous ne direz plus qui était présent (sauf s’il n’y a que des personnes du même sexe que vous).

– Vous doutez de plus en plus de ce que vous voyez et entendez, vous ne savez plus comment interpréter les évènements.

– Dans vos « discussions », vous avez l’impression de tourner en rond, de revenir toujours sur les mêmes sujets, des heures durant et sans jamais rien résoudre, du coup il vous reproche de revenir sur les mêmes thèmes alors que, selon lui, « c’est réglé », donc vous êtes un(e) emmerdeur(se) !

– Il vous invite, vous incite fortement à consulter un psy car « vous êtes fou/folle », déséquilibré(e), malade. Il peut aller jusqu’à affirmer qu’il a d’ailleurs du mérite à vous supporter, avec tout ce que vous lui faites subir ! Selon lui, personne d’autre ne pourrait en supporter autant…. C’est faux !

– Vous remarquez (sans osez y croire tant la vérité criante est douloureuse) que, fondamentalement, il ne se réjouit pas de vos succès (si vous réussissez un examen, il ne vous dira pas « allons fêter cela au restaurant ! » Si vous le lui faites remarquer, il pourra même dire, avec aigreur « de toute façon, je m’y attendais, toi aussi d’ailleurs, non ? pas la peine d’en faire toute une histoire ! ». Pire, il se réjouit secrètement de vos « échecs » en minimisant leur impact sur vous.

– Si vous passez un entretien d’embauche, ne le lui dites pas, il pourrait vous pourrir la journée précédente et vous faire passer une nuit horrible pour vous ôter l’énergie et la confiance dont vous aurez besoin pour réussir à montrer vos compétences, votre valeur. Le peu qu’il vous reste de cette confiance doit être préservé à tout prix.

– Vous remarquez qu’il s’offusque si vous ne lui révélez pas tout (par exemple que votre cousin a un enfant illégitime dont il ne veut pas entendre parler, ce qui n’a aucun impact sur votre couple) alors qu’il est lui-même le roi de la dissimulation et qu’il vous cache des choses cruciales pour le couple (comme vous mettre devant le fait accompli en vous informant qu’il va faire venir untel plusieurs semaines sous votre toit alors que cette personne sème le trouble).

– Vous avez de moins en moins d’énergie depuis la rencontre et vous dites n’avoir plus goût à rien, pas même vos passions. Si ce n’est pas (encore) le cas, vous avez beaucoup de chance, profitez !

– Vous êtes de moins en moins créatif(ve).

– Vous aimeriez parler de votre enfer mais à qui ? Vous sentez que personne ne pourra vous croire et vous en avez la confirmation lorsque vous osez enfin révéler certaines choses. On vous écoute avec perplexité (en pensant « qu’elle le quitte si c’est à ce point néfaste ! ») dans le meilleur des cas, sinon, vous passez souvent pour une personne fragile, parano, hystérique, trop sensible, voire masochiste !

– Vous commencez à somatiser sérieusement : vous avez des douleurs articulaires, des aigreurs d’estomac, des problèmes médicaux de plus en plus souvent, de plus en plus douloureux ou profonds.

Vous aimeriez mourir et vous avez déjà pensé au suicide : STOP, ne faites surtout pas ça, il n’en vaut pas la peine !!!!

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J’aimerais vous présenter une femme, victime de deux PN consécutifs. Si j’ai choisi son témoignage c’est parce qu’elle a dérouté son entourage familial et amical par son parcours amoureux incompréhensible.

J’éviterais les détails qui pourraient permettre de l’identifier, parce que tout ce que vous lirez est vrai.

Elle est diplômée de l’enseignement supérieur et ses ami(e)s apprécient en elle d’indéniables qualités (selon leurs propres mots, ils la décrivent comme généreuse, lucide, drôle, courageuse, sensible, forte, pleine de vie, aventureuse, patiente avec les enfants, etc.) d’autant qu’ils connaissent son enfance maltraitée. Sportive, elle aime les défis, l’exploration d’autres cultures. Sa curiosité et son ouverture d’esprit lui permettent d’aller vers les autres en compensant une timidité parfois exacerbée. Bien que souvent perçue comme une « cérébrale », elle surprend ceux qui franchissent son apparente froideur, découvrant une femme finalement chaleureuse, intuitive et clownesque.

Malgré ses atouts, elle manque cruellement de confiance en elle. Bien que sa vie lui ait permis à maintes reprises de constater qu’elle a des compétences, des aptitudes, elle vit dans le doute permanent du bien fondé de ses idées et de ses actes. Chaque nouvelle expérience l’insécurise, l’effraye, la tétanise, c’est selon… Elle pense systématiquement qu’elle ne sera pas capable (de comprendre, de bien faire, de s’en sortir, etc.). Habituée à croire que les autres sont évidemment plus qualifiés qu’elle, elle ne se met pas en avant et n’ose pas prendre sa place. Pourtant, elle apprend vite, travaille de manière efficace et irréprochable. Cela lui permet d’ailleurs de se faire respecter dans sa vie professionnelle.

Dans sa vie de couple, c’est une autre histoire : elle ne se voit et se juge qu’au travers des opinions négatives du partenaire. S’il lui fait un compliment elle pense automatiquement que c’est du « baratin » mais s’il la critique, naturellement, elle considère l’incrimination comme légitime. Estimant le propos fondé, elle le valide puis cherche à agir différemment, à « se corriger ». Elle est incapable de procéder à un tri pourtant utile : simple opinion personnelle de l’interlocuteur ? Projection ? Volonté gratuite de nuire ? Elle cherche à s’adapter aux attentes de l’autre, comme elle le faisait lorsqu’elle était enfant : se contorsionner pour ne pas déplaire et obtenir quelques miettes de considération potentielle.

Bien que ses analyses soient généralement fines et pertinentes, lorsqu’il s’agit d’elle-même, elle perd toute capacité à prendre du recul et à démêler le vrai du faux. C’est donc sur le plan émotionnel qu’elle se fait piéger. Son intelligence cérébrale ne lui est d’aucun secours !

Les conséquences personnelles dramatiques de ce manque d’assurance réelle, qu’elle a appris à camoufler ou à compenser habilement, contrastent fortement avec l’image qu’elle donne.

Une très longue thérapie -plus de 10 ans- l’aidera à venir à bout de cette faille. Cependant elle vivra deux relations amoureuses dévastatrices avant de comprendre ce qui, dans son enfance, l’aura préparée à ces deux rencontres fatales.

Elle connaîtra 3 thérapeutes successifs qui s’enchaîneront dans le temps au fil des étapes franchies. Elle s’intéressera à tous les outils mis à disposition du public : transgénéalogie et investigation de l’arbre généalogique, thérapie transpersonnelle, kinésiologie (ou neuro-training), analyse transactionnelle, etc.

Le premier PN déboule dans sa vie après 3 ans d’une thérapie intense, auprès d’une excellente psychologue. Loin d’avoir éradiqué ses mauvaises habitudes au moment de la rencontre, elle est encore fragile mais a l’impression que tout est réglé, car cet homme-là est beau, intelligent, très cultivé, sportif, et très drôle. De surcroît, il est célibataire, fidèle et semble solide. Mais lui, sent très vite qu’il peut jouer sur l’image qu’il va lui donner d’elle. Elle offre, en ne sachant pas réagir de manière adaptée à ses attaques perfides, la voie royale pour se faire « piétiner » ! Mal en point, lorsqu’elle quitte cet homme après plusieurs années de souffrance, un peu avant ses 40 ans, elle ne prend pas le temps d’analyser ce qui l’a conduite dans les affres d’une telle relation car le second PN est déjà dans sa vie.

A son corps défendant, elle jouera encore une fois la même histoire. Tout simplement, celle qu’elle a eu avec ses deux parents : fondée sur une dévalorisation avérée ou sous-jacente, du mépris, un besoin parental de dominer, de contrôler, par les coups, si nécessaire, une absence de prise en compte de ses états d’âme, de ses chagrins, de ses joies, de sa vie. Elle vit dans le déni absolu de sa personnalité. Je passerais sur les nombreux détails d’une vie familiale asphyxiante, réglée à la minute près, sans conflit apparent mais où le débat d’idées n’avait aucune place, puisqu’il fallait penser comme « le père ». Elle grandit dans le climat délétère d’une famille dysfonctionnelle, en apparence « relativement normale ».

Les blessures morales et physiques s’accumulent au fil de son enfance laminée, meurtrie. Elle se sent comme une étrangère, comme une enfant qu’on aurait adoptée pour se donner bonne conscience sans avoir les moyens de lui donner ce dont elle a vraiment besoin : de l’amour, de la tendresse, des câlins, du partage, des échanges, des rires, de la danse, du chant, bref, de la joie, du bonheur simple, de la vie. Elle survit avec un nœud au creux du ventre du matin au soir, elle guette sans cesse les moindres regards, les moindres réactions parentales non verbales et elle apprend à ne pas être qui elle est, en se sur-adaptant, pour éviter un surcroît de violences. Elle attend, vainement, chaque jour des encouragements, des félicitations, un soutien, une gratification dans le regard de ses parents, incapables, de par leur propre histoire respective, de lui accorder l’attention qui l’aiderait à grandir en confiance.

Elle étouffe son âme d’enfant espiègle, joueuse, joyeuse, aimant la vie, la nature. Elle est avide de tout cet amour qu’on ne lui donne jamais, de cette tendresse si fondamentale à son équilibre et qu’elle puisera ici ou là, par bribes, auprès de monitrices de colonies de vacances. Ces parenthèses fugaces lui sont peut-être, sûrement, salutaires.

Ainsi, le terrain est propice à la recherche de l’amour auprès d’hommes qui ne lui donnent pas plus que ses parents. Familière du désert affectif, c’est son premier repère relationnel, profondément enraciné en elle. Lorsqu’elle connaît des hommes bienveillants, aimants, gentils et généreux, elle les teste, les pousse à bout, en quête de vérification systématique de leur présumé amour. Un classique !

La boucle est ainsi bouclée : son enfance a creusé un sillon profond duquel elle ne sort pas. C’est la deuxième relation toxique, bien plus toxique que la première, qui va finir de lui faire prendre conscience de son manque de confiance lointain et de la manière dont elle entretient le schéma nocif à son corps défendant.  » Tout ce qui ne remonte pas à la conscience, revient sous forme de destin  » Jung. C’est vrai ! Et cela revient même plus fort !

Vers 40 ans, donc, elle commence à fréquenter cet homme qu’elle admire depuis longtemps : il excelle dans son métier (domaine médical). Il est reconnu par ses pairs, écrit des livres et fait des conférences.

Initialement, elle ne soupçonne pas sa perversité narcissique. C’est pourtant un sujet qu’elle connaît pour avoir déjà fréquenté le premier PN, avoir également croisé ce profil dans le monde du travail. Elle a lu Marie-France Hirigoyen, Isabelle Nazare-Aga et d’autres auteurs, elle n’ignore rien des divers degrés de toxicité de ces individus.

En 2009, sa vie amoureuse est un champ de ruine. Elle est consciente que l’homme dont elle partage la vie (je ne dis pas ‘l’homme avec qui elle partage sa vie‘, car il ne partage pas sa vie à elle) n’est pas bon pour elle, mais le mode de relation qu’il instaure lui est si familier. Elle est sous emprise et comme le conflit n’est pas un mode relationnel qu’elle apprécie, en spécialiste de la contorsion psychologique, elle s’adapte, dans la mesure du possible, comme toujours. Parfois, les conflits éclatent car Monsieur ne peut s’empêcher de les provoquer. Il se nourrit de la colère qu’il finit par susciter chez sa compagne, colère qu’il lui reproche aussitôt qu’il a réussi à la provoquer. Cela lui permet de remonter son propre niveau d’énergie.

Le mode de relation est totalement pathologique, elle est épuisée, de nouveau, et ne parvient pas à le quitter. Avec un salaire inférieur à 500 euros par mois, elle ne sait comment faire : elle n’a ni ressources financières confortables, ni l’énergie pour le quitter. C’est le retour de l’une de ses enfants (environ 30 ans) dans le foyer paternel qui sera un déclencheur salvateur. Avec l’aide d’une amie dont le soutien constant l’empêchera de se suicider, elle fera les démarches nécessaires auprès des services sociaux de sa ville, pour échapper à l’enfer !

Je vous propose donc, dans les articles concernant cette femme, un aperçu des propos que cet homme, lui tenait par ci, par là, dès qu’il entreprenait de la briser. La liste est non exhaustive.

Je mets en ligne un petit extrait d’une lettre qu’elle lui a écrite, persuadée alors de l’aider à prendre conscience de ses comportements.

J’évoque également une situation qu’elle a connue et qui a motivé sa décision de le quitter.

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Je souhaitais publier une conversation entre la femme dont j’ai parlé dans les deux premières parties (partie 1 et partie 2) et son ex-compagnon. Elle m’a donné l’accord de recopier un extrait de journal qu’elle a tenu. Ce passage date de décembre 2009. Il a été écrit quelques minutes à peine après « l’incident ».

Vous pourrez constater, peut-être, que cette situation, telle qu’elle est décrite, semble futile/ridicule/insignifiante au regard de celui ou celle qui ne sait pas ce qu’est un profil PN pour l’avoir subi dans sa chair. Je peux comprendre qu’on puisse envisager cette scène comme un accès de colère non contrôlée. Isolément, la réaction du PN pourrait se justifier par un agacement passager, une colère excessive pardonnable. On a peine à imaginer pourquoi « la cible » fait toute une histoire « pour si peu ».

En réalité, ce n’est pas ce dont il est question. Les victimes comprendront, percevront la tentative de soumettre l’autre : dans le contexte mortifère d’une telle relation, dans la vie de chaque jour, toutes les attitudes de mépris et de rejet prennent chaque fois un peu plus de place : elles se répètent de plus en plus souvent, sont de plus en plus violentes, durables, destructrices.

Les victimes souffrent en quelque sorte du syndrome de la femme battue. Comme les femmes battues, elles encaissent des coups (psychologiques dans leur cas) qui leur brisent les os (bras, nez, etc.). Chaque jour est une épreuve et, paradoxalement, c’est une « petite gifle » qui souvent, sans prévenir, les motive à franchir le pas de la rupture irréversible.

Voici le contexte :

Ce jour-là, un dimanche, elle aide un couple de copains à déménager. Elle y va seule car Monsieur trouve toujours ses amis (à elle) inintéressants, fades, superficiels ou un peu « gnan gnan » voire un peu tout cela à la fois (sauf s’il a un intérêt caché à ne pas les dénigrer).

Elle est heureuse de pouvoir s’échapper du domicile car depuis 7 mois, la fille de 30 ans de Monsieur (que j’appelle ici Clara) sème le trouble dans le couple depuis qu’elle a emménagé sous leur toit. Elle manipule, intrigue, provoque, critique, ne respecte aucune règle, se sert des affaires de sa « belle-mère » sans lui demander l’autorisation alors qu’elle la connaît à peine, quand elle les lui rend, elle ne les nettoie pas. Elle ment, prend la maison pour un hôtel, casse des objets car elle est brutale et ne prend pas soin des affaires. Elle ne partage pas les repas et monte sa nourriture dans sa chambre. Surtout, son père prend SYSTÉMATIQUEMENT fait et cause pour elle, contre sa compagne, qui n’en peut plus. Le père et elle forment un couple incestuel (pas d’inceste, mais une atmosphère malsaine plane dans la maison, la fille se comporte comme une compagne avec un père qui joue son jeu). La compagne se sent désormais comme une intruse, pire elle sait qu’elle est devenue le bouc émissaire de « ce couple infernal ».

Donc, on le comprend, ce déménagement dominical est une respiration pour elle, pendant quelques heures où son compagnon et sa fille sont loin d’elle. Elle pense rentrer vers 16h et le dit à Monsieur mais l’organisation des copains prend beaucoup de retard.

Elle voudrait appeler pour prévenir mais elle n’a pas le courage de le faire : elle sait qu’il prendra cette voix spéciale qui montrera sa réprobation et l’obligera à rentrer sous peine de représailles. Elle sait aussi que si elle ne l’appelle pas, elle aura des représailles également pour n’avoir pas appelé. Alors représailles pour représailles, elle n’appelle pas. Au passage, elle sent intuitivement que ce sera un test, s’il s’inquiète, il appellera, mais cela, elle n’y croit pas.

Et elle a raison ! Il n’appellera pas. Elle rentre vers 19h30, un nœud au ventre. Il est dans son fauteuil, face à la télévision, devant un match de foot.

Elle se penche pour l’embrasser, il la repousse violemment et bascule sur le côté pour ne pas quitter le match des yeux…. Mini dialogue qui suit, qu’elle entame :

  • Que se passe-t-il ?
  • Tu me gênes ! (regard fixé sur l’écran, ton qui signifie : ‘tu m’emmerdes’)
  • Ce n’est qu’un match de foot, tu peux au moins me dire bonsoir ! (lourd silence) Tu penses que le foot c’est plus important que « nous » ?
  • Oui ! (regard toujours fixé sur l’écran)

Elle prend un coup dans le cœur d’une violence inouïe, plus ça va, plus il la traite comme une serpillière, se sentant fort avec sa fille sous son toit.

Elle ne dit rien, estomaquée par l’injustice : non seulement il n’a aucune raison d’agir ainsi, mais ce rejet montre qu’il ruminait depuis plusieurs heures son accueil…. Il l’avait déjà vu agir ainsi avec sa dernière fille. Le mercredi midi, n’en pouvant plus du mépris silencieux installé depuis 3 jours, elle ose aborder la situation (sachant que la conversation n’aura aucune issue favorable). Elle lui rappelle ce qui s’est passé le dimanche et lui fait savoir qu’elle n’a pas aimé qu’il la repousse comme un vulgaire objet encombrant, en tournant la tête pour ne pas l’embrasser ni même le regarder… Elle finit ainsi :

  • Je suis sûre que tu n’aurais pas agi de la manière envers Clara dans les mêmes circonstances !?
  • Ben oui ! (confirmation avec ton méprisant, mais la tête baissée)
  • Donc, tu es conscient de ce que tu fais ? Tu sais ce que tu fais et à qui tu le fais ?
  • Ben oui ! (confirmation avec ton et le regard méprisant)
  • Donc, quand tu me traites comme une merde, tu en es conscient?
  • Ben oui ! (ton triomphant et regard hautain)
  • Alors quand tu me dis que le match de foot est plus important que moi, tu sais ce que tu fais !? Pourquoi tu fais ça ?
  • Juste pour t’emmerder ! (mou méprisante, regard haineux)

Ce furent les mots exacts de cet homme. Il savait ce qu’il faisait : il voulait l’emmerder (mot très courant dans son vocabulaire). Ne la voyant pas rentrer à l’heure dite, il lui a fait payer. Il n’a pas eu d’inquiétude pour elle, il n’a même pas pensé une seconde que peut-être elle avait eu un souci, un accident…. NON ! Il a ruminé pendant des heures sur la manière de la punir. Il se comporte en parent tyrannique et violent.

Cet homme était face aux conséquences (retard de sa compagne) induites par son propre comportement (violence réitérée depuis des années et plus encore depuis le retour de sa fille). C’est comme s’il disait « tu n’es pas encore rentrée !? soit !! alors tu vas voir, comment je vais sévir ! De quel droit prends-tu des libertés ? » Il n’envisage pas une seconde qu’elle voulait la paix pour se protéger de lui car en tant que PN, il se croit merveilleux, le meilleur des hommes pour elle. Sa paranoïa lui fait penser qu’elle cherche à lui nuire alors il sort ses armes pour la mettre à terre. Il procède à une inversion des relations de cause à effet !

Quatre mois plus tard, elle lui annonce qu’elle le quitte, la veille de son départ. Elle était passée par une association d’aide aux victimes de violence conjugale, via une assistante sociale. Une place s’était libérée dans un logement (collectif) d’hébergement d’urgence.

Quand elle lui fit l’annonce, la première question qu’il lui posa fut :

– Et moi alors, qu’est-ce que je vais devenir !? (mot pour mot)

Non seulement il n’est pas surpris qu’elle parte malgré son maigre salaire (inférieur à 500 euros net par mois), mais mieux encore, il se demande ce que LUI va devenir. Son égocentrisme l’étouffe. Quand elle le lui fait remarquer, il change d’attitude et joue la surprise : il s’étonne de ce départ qu’il dit « inattendu » alors qu’il l’a pourtant longuement, méthodiquement orchestré. Il n’a cessé pendant des mois de la pousser vers la sortie en l’humiliant quotidiennement, même devant sa fille. Il l’a mise au défi de « se casser » à plusieurs reprises et quand, enfin, elle part, c’est sur lui-même qu’il s’apitoie !

Avec moins de 500 euros par mois, elle dut consentir à vivre quelques mois dans ce lieu avant de bénéficier d’un petit 18 m2 individuel, pendant un an : ce fut le prix à payer pour sa liberté.

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La femme dont je parle dans l’article précédent écrivit, en vain, un jour à son compagnon (lettre destinée également à mettre de l’ordre dans ses idées brouillées et constamment parasitées), une lettre dont voici un extrait :

Je t’ai invité de nombreuses manières à dialoguer de manière constructive quand quelque chose n’allait pas, mais tu penses que je veux te donner des leçons. Du coup, au lieu d’apprendre une autre façon de parler, tu persistes dans ta façon de faire et tu utilises les registres suivants :

– Tu ne me parles pas (silence total)

– Tu ne réponds pas à ce que je dis mais tu réponds à côté du sujet (détournement)

– Tu nies tout ce que tu dis, même si tu viens juste de le dire à l’instant (déni)

– Tu accuses, tu reproches et tu dénonces exclusivement mon comportement au lieu d’avoir un regard sur le tien (accusations et reproches unilatéraux)

– Tu fuis toute tentative de dialogue en prétextant qu’on ne peut pas discuter avec moi, mais quand je te demande comment tu souhaites que le dialogue s’installe, puisque tu n’es pas d’accord avec ma façon de faire, tu n’as rien à me proposer !! Tes critiques sont donc gratuites et non constructives (fuite et dénigrement)

– Tu cries et tu insultes encore et encore, malgré tes promesses de ne plus le faire (tu ne tiens aucune promesse, pas seulement vis-à-vis de moi d’ailleurs, plus insultes et fausses promesses)

– Tu retournes les situations pour pointer du doigt vers moi et mes défauts, qui n’en sont pas forcément : en fait, tu pointes mes exaspérations légitimes devant tes comportements de mufle et de goujat (retournement de situation et inversion des relations de cause à effet)

– Tu répètes régulièrement que tu ne sais pas si tu veux rester avec moi et tu t’étonnes que je dise, du coup, régulièrement qu’il faut arrêter la relation.

– Tu n’entends rien de ce que je dis et tu ne retiens rien (tu fais toujours répéter)

– Tu oublies même ce que tu dis (mémoire sélective)

– Quand tu oublies ce que j’ai dit ou ce que TU as toi-même dit, tu nies que cela a été dit ! tu ne dis pas que tu ne t’en souviens pas, tu affirmes que ça n’a pas existé (déni)

– Tu analyses selon les éléments qui t’arrangent : tu omets de tenir compte de certains événements, même s’ils sont fondamentaux. En revanche, tu vas t’attacher à des choses de moindre importance ou même sans importance (analyses partielles)

– Tu m’imites, tu me singes de façon méchante (attitude infantile mais méprisante)

– Tu me lances régulièrement des regards réprobateurs, méchants, agressifs ou encore méprisants.

– Tu instaures systématiquement un rapport de forces, comme avec ta fille Paula qui t’a demandé de l’argent pour acquérir un bien immobilier. Quand je te demande au bout de 2-3 mois pourquoi tu n’as toujours pas répondu à son mail, ta réponse est « juste pour l’emmerder, elle me fait chier, pour qui elle se prend celle-là, elle est comme sa mère, c’est une donneuse de leçons qui veut me dire comment je dois me comporter et qui veut me dicter ce que je dois faire!«  (rapport de force)

Tu vois des donneuses de leçons partout, tu instaures le rapport de force dès que tu peux, tu as besoin de dominer et c’est toi qui veux plier l’autre à ta volonté en le soumettant par ton silence guerrier.

J’ai donc essentiellement droit à cela : silences méprisants, imitations singées, dévalorisations, insultes, jugements, humiliations, rapports de force et dénigrements.

Cette femme ne savait pas qu’elle vivait avec un PN et, on le voit bien, tout ce qu’elle décrit de leur relation n’est que souffrance. Ce qu’elle prenait pour du déni, parfois, n’en était pas toujours, il était dans ce que J-Charles Bouchoux nomme « le clivage », ce qui est différent. Par la suite, elle l’a quitté, il a accepté d’aller voir un psy pour une thérapie conjugale… je vous laisse deviner la suite…
Après une séance, il a décrété que le psy était nul, il lui a répété ce qu’il avait déjà si souvent dit avec force : « les thérapies c’est de la merde ». Il a failli annuler la deuxième séance, mais il s’est senti obligé de ne pas le faire (je passe les détails sur ce revirement). Lors de la deuxième séance, il a dénigré (face au psychiatre) ouvertement, « la femme de sa vie » pendant 20 minutes. Sa conclusion fut qu’elle devrait être borderline (ce qui est une maladie psychiatrique !!). Cette phrase était censée faire du psy un allié en lui montrant qu’il était pertinent dans ces analyses et, du même coup, il se plaçait en victime d’une malade qui lui rendait l’existence invivable. Notez qu’il n’avait aucune intention de la quitter pour autant, malgré tout le mal qu’il pensait d’elle.
L’acceptation de la thérapie, initialement, n’était qu’un stratagème pour la faire revenir, chose qu’il a à demi avoué en lui expliquant, entre les deux séances, que s’il ne voulait pas poursuivre c’est parce qu’elle n’était pas revenue vers lui suite au premier RDV ! Devant le psychiatre, il a donc continué à jouer la carte du patient désireux de se remettre en question :
– je vois, vous avez raison, je vais/dois travailler sur cet axe….
En réalité le psychiatre ignorait qu’il n’avait aucune intention de modifier quoique ce soit dans son attitude !
La vie a finalement repris ses droits et aujourd’hui elle vit pleinement, sort, rit, parle et se comporte naturellement, sans angoisse ni tensions. Elle ne craint pas de se faire houspiller dans son sommeil lorsqu’elle s’est décalée en dormant, elle ne craint plus de parler de ses émotions, elle recommence à croire en la bonté, la gentillesse et la bienveillance, sans avoir sans cesse un doute sur la sincérité des propos d’autrui.

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