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Archive for the ‘Des vacances de rêves !’ Category

Monsieur Ventricule et Madame Cicatrice, dont nous avons déjà partagé un dimanche, partent en vacances, pour une semaine.

Cette fois-ci, ils feront une croisière, en voyage organisé. Elle n’aime pas l’idée des voyages organisés mais dans le pays d’Afrique où LUI veut se rendre, il n’est pas possible de voyager librement. Impossible de le convaincre de se rendre ailleurs ! Bien qu’au chômage à ce moment-là, elle finit par accepter car elle aime voyager sans modération. En outre, il a toujours payé les vacances.

M. Ventricule a repéré, la veille, une croisière possible dans une agence. Il demande à Mme Cicatrice de l’accompagner, en fin d’après-midi pour voir si cela lui conviendrait. La proposition semble honnête. Une fois sur place, le voyage est « adopté » mais il y a un couac. Monsieur n’a pas pris son chéquier et n’a pas 1000 euros de liquide sur lui pour payer les 2 places (presque 500 euros par personne). Comme il ne possède pas de carte bleue, il demande à sa compagne, devant la chargée de clientèle, de bien vouloir avancer le montant (énorme, compte tenu de sa situation financière) qu’il lui remboursera dès le lendemain. Il insiste sur le fait qu’il ne veut pas revenir une troisième fois.

Elle hésite un peu, le montant la stresse. Elle n’est pas sûre de comprendre pourquoi elle ressent un malaise, son esprit est confus ! Il met habilement et subtilement la pression en jouant sur le fait que, tout de même, elle peut lui faire confiance. Il fait comme s’il était surpris de la méfiance de sa compagne… mais sans trop en faire, le dosage est parfait ! Elle se sent piégée, elle cède.

Petit détail, le jour du départ, c’est le jour de son anniversaire, alors, elle se dit que, ma foi, c’est un joli cadeau !

Elle règle le montant. Comme ils doivent partir dans une dizaine de jours, il n’a pas jugé utile de prendre une assurance annulation.

Le lendemain, elle lui demande de bien vouloir lui faire le chèque. Dans ce genre de situation, il faut systématiquement le relancer, il la met chaque fois en situation de quémander… ce qu’il lui doit. Il se crispe, il sort le chéquier et écrit. Lorsqu’il lui tend le chèque, elle lit un montant correspondant au voyage d’une seule personne ! Elle lui demande de s’expliquer, sa réponse est claire et sans appel :

– Je ne t’ai jamais dit que je t’invitais.

Oui, il n’a pas dit qu’il l’invitait, sauf que…  il n’a pas non plus prévenu qu’il ne l’invitait pas, devinant qu’elle ne serait pas venue avec lui dans ces conditions. La manière dont les choses se sont passées ne peut que laisser supposer qu’il a savamment calculé son coup.

Elle est sidérée, elle lui en veut et s’en veut plus encore de s’être laissée berner, elle n’a rien vu venir ! C’est la première fois qu’il lui fait un coup pareil : c’est aussi leur premier voyage depuis qu’elle a emménagé chez lui, elle comprendra plus tard que ce déménagement va empirer de plus en plus sa situation. Pour l’heure, elle se souvient surtout que sa fille l’avait prévenue : attends un peu de vivre avec lui, tu verras à qui tu as affaire ! Elle commence à se dire qu’elle manque de vigilance. Elle se sent humiliée, utilisée et trahie : elle ne voulait pas aller dans ce pays, ni faire un voyage organisé, elle n’a pas les moyens de s’offrir un tel voyage en ce moment et pour son anniversaire, elle trouve le geste inélégant, carrément écœurant!!

Le jour du départ, il fait comme si son anniversaire n’existait pas. L’avion ayant un problème technique, le pilote les fait atterrir sur une île au large de l’Espagne. Les passagers auront finalement plus de 5 heures de retard, elle a faim et elle est fatiguée. Elle est un peu irritable et Monsieur ne le supporte pas ! Il est le seul à avoir ce droit !

Finalement, ils arrivent à destination. Il se couche dès leur arrivée (22h30-23h00) et la laisse se rendre seule au restaurant de l’hôtel, pour le dîner décalé par les problèmes de l’avion. Belle journée d’anniversaire !!

Toute la semaine, il ne lui parlera que lorsqu’il en aura envie. Après 5 jours, les clients sont invités à participer à une soirée à thème sur le bateau : il s’agit de s’habiller dans la tenue traditionnelle du pays. Après le repas, on danse sur les musiques orientales. Comme Mme Cicatrice aime danser, elle en profite à 100%.

Au coucher, il « fait la gueule » (passez-moi l’expression mais c’est la seule qui reflète la réalité), mais elle ne fait pas le lien avec la soirée car elle s’est bien amusée. Le lendemain matin, il ne lui adresse pas la parole, elle ne comprend pas pourquoi mais ne demande rien, pour éviter un conflit larvé redouté. Vers 11h30, il décide de « l’honorer », vite fait bien fait. A peine a-t-il fini, qu’il évoque la soirée de la veille : il lui reproche d’avoir dansé ! Elle ne voit pas quel est « l’objet du délit » ? Tout simplement sa manière trop sensuelle de danser, qui exciterait les hommes… !! Elle proteste en disant qu’elle a dansé d’une manière totalement dénuée d’ambiguïté. Il insiste, il dit s’être senti mal. Il en parle comme si elle avait littéralement fait un strip-tease ! Il ne le dit pas mais le discours, hors contexte, laisserait penser qu’elle a « aguiché » les hommes qui étaient là. Elle sait pertinemment que c’est faux. S’ensuit une violente dispute au cours de laquelle elle lui fait comprendre que personne au monde ne l’empêchera de danser, pas même lui ! Elle est si déterminée qu’il n’insiste pas mais il lui fait payer ce double affront (oser danser ainsi devant d’autres hommes et ne pas se plier à sa demande implicite de ne plus danser à l’avenir) en ne l’accompagnant pas au déjeuner !

Le lendemain, comme à son habitude lorsqu’il sent qu’il est allé trop loin et que cette fois-ci, il se pourrait que Mme Cicatrice envisage une rupture à leur retour, il lui offre un bijou ! A ce moment-là, elle se souvient qu’il lui avait dit avoir offert à sa précédente compagne un certain nombre de bijoux… Maintenant, elle a la certitude que cette compagne n’avait pas un don particulier pour se faire offrir des présents, mais qu’elle avait du vouloir le quitter régulièrement ! Cela se confirmera par la suite : elle sera gratifiée d’un joli cadeau à chaque moment très critique de la relation….

Alors, sympathiques les vacances avec M. Ventricule, non ?! Elle pourrait raconter d’autres « anecdotes », elle en a toute une série !

Il y a des comportements systématiques chez M. Ventricule, lorsqu’il est en vacances : il râle, il se plaint, il critique, il boude, il crée des conflits, il cherche à séduire d’autres femmes, il pourrit tout, mais il prend toujours soin de dire une ou deux choses agréables, pour paraître crédible par la suite : quand il parle de leurs vacances à des amis, il évoque des moments sympas, agréables, dépaysants, bref, on ne peut que croire qu’ils ont passé des vacances… de rêves ! Il dit combien il a apprécié la nourriture ici, la beauté des paysages là…

Mme Cicatrice est alors coincée. Comment avoir la parole libre, pour dire combien il a fulminé et rendu le séjour horrible ? Les amis ne comprendraient pas pourquoi, quelques semaines, mois ou années plus tard, elle aurait à redire sur ces « splendides vacances » alors qu’il est si enthousiaste et semble s’être tellement régalé !

Qui pourrait savoir comment le billet a été payé par Monsieur ? Qui ira leur raconter qu’il a boudé presque deux jours après la soirée ? Qu’il n’a pas mangé avec elle à deux reprises ? Qu’il a voulu la contraindre à ne plus jamais danser après avoir eu un moment intime avec elle, pour mieux faire passer sa « requête » ? Sans compter qu’il s’empresserait de lui démontrer son ingratitude en évoquant le cadeau final ! C’est vrai ça ! Quelle manque de reconnaissance ! Comment prouver le lien entre la dispute et le bijou ? Il serait si facile (et crédible) de soutenir qu’il a regretté de s’être fait des idées et qu’il a, ainsi, cherché à se faire pardonner !

Je sais que les victimes qui liront cet article saisiront sans difficulté ce lien car tous les PN ou presque fonctionnent ainsi ! Ils perçoivent, comme s’ils possédaient un radar, le moment où ils doivent faire LE geste pour éviter la rupture en germe dans le cœur de l’autre. Ils sont capables de faire le nécessaire pour tuer dans l’œuf le projet de séparation car quelque chose chez leur partenaire leur indique qu’ils ont probablement franchi le Rubicon.

L’homme qui frappe sa femme et lui offre des fleurs le lendemain procède de la même manière : le bouquet agit chaque fois comme une baguette magique, qui efface la faute, jusqu’au jour où, bien sûr, « ça ne prend plus » !

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