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Archive for the ‘1-Contre-manipuler : règles’ Category

Après avoir constaté que votre interlocuteur est un manipulateur, que vous avez tendance à la dépendance affective, peut-être vous sentez-vous mal. Ne cédez pas à la panique, ne commencez pas à vous dévaloriser ou à penser que votre vie est fichue ! NON NON ! Mais sachez qu’il est urgent (peut-être même vital ?) de passer à l’action… L’heure n’est probablement pas venue de vous demander si vous envisagez de consulter un thérapeute pour bâtir votre estime de vous-même ! C’est une décision importante, alors prenez le temps d’y réfléchir et de le choisir, le cas échéant.

Vous pouvez ici-même, et tout de suite, apprendre les clés de la contre-manipulation, qui, contrairement à ce que son nom suggère, ne relève pas de la manipulation mais plutôt d’une manière de la contrer pour ne pas donner prise au manipulateur. Si ses principes sont faciles à comprendre, leur application l’est beaucoup moins. Pourquoi ?

Parce que cela demande une gymnastique d’esprit, un lâcher prise sur nos croyances, nos habitudes et nos valeurs personnelles les plus profondes. Cela nous demande de nous débarrasser de nos réflexes et conditionnements, ce qui n’est pas facile en temps normal, mais face à ce type de personnalité, l’exercice se complique. Pour autant, il est possible d’apprendre à se positionner différemment, à communiquer autrement, non pas pour manipuler à notre tour, mais pour ne pas lui donner l’opportunité de s’engouffrer dans une de nos faiblesses. L’objectif est qu’il se heurte à quelque chose de lisse, dénué des brèches (psychologiques) dans lesquelles il sait si naturellement se faufiler.

Exemple : vous êtes victime d’une attaque verbale indirecte et insidieuse de votre conjoint, sur votre physique, lors d’une soirée où vous êtes invités chez des amis. Il attend que votre assiette soit bien remplie pour se lancer : ‘ Je ne comprends pas pourquoi malgré son régime, elle n’a pas perdu un gramme !? ‘ Bien que formulée à demi-mots, personnellement, vous savez qu’il veut vous mettre mal à l’aise avec vos rondeurs. C’est la n-ième fois qu’il s’en prend à vous de cette manière.

Votre réaction ne se fait pas attendre : probablement un énervement qui conduit à la dispute fatale. Blessée, et pour préserver votre amour-propre, vous risquez de crier. C’est ce qu’il souhaitait : maintenant, il peut ouvertement vous taxer d’hystérique, de folle furieuse et montrer votre violence du doigt (alors qu’il a porté le coup le premier !). Choquée, ridiculisée et humiliée, vous n’avez pas pu empêcher la colère de monter. Il a gagné : vous passez pour ce que vous n’êtes pas.

Une réaction de contre manipulation serait une économie de stress pour vous et une façon « de le laisser en plan », le bec dans l’eau, seul face à son attaque : souriez, riez, faites une blague second degré qui éloigne du sujet ou demandez une explication pour l’inciter à se « mouiller » dans ses propos. Vous pouvez dire  » Finalement, j’ai remarqué que mes rondeurs faisaient tout mon charme !  » ou encore  » cela met pourtant mes collègues hommes en appétit! « . HUMOUR ET LÉGÈRETÉ !!!

Les témoins n’étant, en général, pas à même de mesurer l’enjeu, vous devez vous protéger : il ne doit pas sentir que vous êtes blessée et vous devez vous préserver.

Les attaques sont multiples et inattendues, vicieuses et humiliantes, alors il faut connaître quelques phrases qui ne donnent pas prises, des réponses passe-partout, et il faut s’entraîner.

En quoi la contre-manipulation consiste-t-elle ?

A – SES PRINCIPES GÉNÉRAUX (Isabelle Nazare-Aga, « Les manipulateurs sont parmi nous », Editions de l’Homme, 2005)

• Faites des phrases courtes

• Restez dans le flou

• Utilisez des phrases toutes faites, les proverbes et les principes

• Utilisez le « on » (généralités)

• Faites de l’humour dès que le contexte le permet

• Souriez, surtout en fin de phrase

• Faites de l’auto-dérision (soyez humoristique à propos de vous-même)

• Restez poli(e)

• N’entrez pas dans la discussion si elle ne mène à rien ou à la dévalorisation

• Evitez l’agressivité

• Utilisez l’ironie seulement si vous renvoyez un message et si vous êtes sûr de vous

• Ne vous justifiez pas ! Vous défendre ou tenter de lui faire entendre raison donne prise au manipulateur.

• Lorsque le manipulateur détourne le sujet, revenez-y immédiatement.

• Feignez verbalement l’indifférence, le but étant de vous protéger, en ne réagissant pas à ses provocations :

C’est votre opinion… Vous (on) pouvez (peut) le penser…

Vous (on) pouvez (peut) le croire…

C’est une (votre) interprétation… Vous (on) pouvez (peut) le voir sous cet angle…

Vous le voyez (prenez) comme vous voulez… Vous avez le droit de le penser…

Je peux vous dire oui si c’est ce que vous voulez entendre… Si vous le dites…

Si vous le pensez… C’est une façon de voir…

Oh ! On parle souvent de choses que l’on ne connaît pas…

Vous ne voyez qu’une partie des choses, c’est normal… Quand on ne sait pas, on peut toujours se l’imaginer…

Vous pouvez vous l’imaginer…

J’ai une opinion différente… C’est possible… C’est possible, pour vous/toi… C’est vrai…

C’est exact… N’est-ce pas !?… Cela peut arriver… Je n’ai pas le don de voyant…

Il faut savoir l’être parfois… Et encore, vous ne savez pas tout…

J’ai dû prendre modèle sur quelqu’un…

Cela m’amuse de faire comme tout le monde justement…

Tout le monde le sait… Cela dépend… Ce n’est pas moi qui en parle apparemment…

C’est trop facile… Cela ne prend pas à tous les coups…

J’aime l’originalité… Et oui ! Je ne fais rien comme tout le monde…

Cela fait mon charme…

Tout le monde ne pense pas comme toi… Je ne suis pas de cet avis…

Chacun ses goûts !

Ces expressions répertoriées sont des réponses de protection contre de situations ou remarques manipulatrices (Isabelle Nazare-Aga, « Les manipulateurs sont parmi nous », Editions de l’Homme, 2005).

Isabelle Nazare-Aga conseille : « Le plus important est de lui montrer que ses calomnies ne vous touchent plus, même si cela continue d’être faux pendant encore un certain temps. Aussi, décelez les doubles contraintes et demandez-lui s’il y a une option qu’il ou elle préfère à l’autre. Ensuite, faites ce qui vous convient« .

Décelez la communication typiquement perverse ou l’intentionnalité de destruction psychique ou physique.

• Tu m’appartiens

• Je fais de toi ce qui me plaît

• Tu n’es qu’une serpillère et je te pisse dessus

A cela, Isabelle Nazare-Aga conseille encore : Si vous entendez des phrases comme ça, sauvez-vous sans laisser d’adresse ! On ne gagne pas contre un pervers ! Encore moins lorsqu’il entre dans l’intimité de la chambre à coucher.

Suite des règles de contre-manipulation ici.

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