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Archive for the ‘Des jours en enfer’ Category

Dimanche

Je vous propose de passer un dimanche en compagnie d’un PN de ma connaissance (27 caractéristiques sur les 30 listées par I. Nazare-Aga), cardiologue, la cinquantaine bien avancée, M. Ventricule, et de sa victime Mme Cicatrice, ensemble depuis 3 ans et vivant sous le même toit depuis 6 mois (Toutes les scènes ci-après ont existé).

8h15 : M. Ventricule, se réveille et dit à sa compagne, pour la première fois depuis 3 ans : « Tu veux des croissants ? », « Oui, avec plaisir »; « Ok, j’y vais! », « Vraiment ? » (elle fait son possible pour avoir un ton léger car elle n’y croit pas : il n’a pas pour habitude de faire quelque chose pour elle, comme ça, sans raison…), « Oui, je te le promets ! » (Réponse étrange, mais elle ne relève pas) Mme Cicatrice se sent coupable de sa propre méfiance et pour faire taire cette sensation désagréable, elle décide de rester couchée tandis qu’il sort de la chambre. Elle s’étire et pense au plaisir simple de se régaler de croissants. Elle l’entend mettre le café en route. 10 minutes plus tard, il est toujours dans la cuisine. Elle se lève et le rejoint. Il est tranquillement en train de déjeuner, tout seul !

– « Tu n’es pas sorti chercher les croissants ? » – « Non ! » – « Ha bon ? Tu m’avais promis » hasarde-t-elle, gênée par l’étrangeté du verbe « promettre » dans ce contexte, qui lui donne l’impression d’être infantilisée. Sourire sarcastique aux lèvres, il répond : « Comme disait Chirac, les promesses n’engagent que ceux qui les croient ! » Elle est abasourdie ! Elle n’a aucune envie de rire de cette blague douteuse. Il lui lance un regard mauvais, la situation est « délirante ». Mme Cicatrice est désorientée, elle n’y comprend rien.

C’est un « incident » typique des dimanches où M. Ventricule peut « faire la gueule » ou pourrir la journée sans aucune raison, dès le matin. C’est ainsi au moins 1 dimanche sur 3, statistiquement. Elle a l’habitude, elle slalome, se dérobe, se tait ou contre-attaque, selon l’énergie dont elle dispose, pour parer les coups, mais certains sont imprévisibles de méchanceté glaciale.

Elle se met à table. Sans ajouter un seul autre mot, il se lève moins d’une minute plus tard en la laissant en plan, sans débarrasser son bol et ses couverts, confirmant une fois de plus sa volonté de domination : si elle ne débarrasse pas ses affaires, la journée sera pire que si elle le fait. Le faire, c’est se plier…. Ne pas le faire c’est s’exposer à un argument fallacieux et inique : « j’étais pressé d’aller aux toilettes! » Comme si cela l’empêchait de mettre sa vaisselle dans l’évier à 2 mètres de là… Elle se sent coincée car elle cherche la voie de moindre dépense énergétique. Elle veut juste préserver son dimanche en évitant un conflit de plus. Elle s’interroge, tentant de trouver une raison à ce comportement. Qu’a-t-elle fait ou dit au réveil pour provoquer son irritation ? Elle se sent blessée et tente de se convaincre que ça va passer. Elle ne parvient pas à retenir les larmes qui coulent en silence dans son bol.

8h35 : Il est dans la salle de bain. Abandonnant son déjeuner, intriguée, elle se lève et s’approche doucement. Elle l’entend parler et veut savoir de quoi il retourne. Elle tend l’oreille : « Salope ! connasse ! pour qui tu te prends ? tu n’es rien, tu comprends ? rien ! Tu crois peut-être que tu vas me plier ? Pauvre conne ! Tu n’es qu’une merde et j’en ai rien à foutre de toi ! Je t’emmerde ! »

Elle se demande s’il a oublié qu’elle était là ou s’il fait exprès pour qu’elle entende son propos.

Au bout de 2-3 minutes, elle rentre dans la salle de bain. Il la regarde étrangement, il a l’air de voir un fantôme. Bien qu’elle remarque son étonnement, elle lui demande à qui il parle. « Je ne parle pas ! ». « Si, tu parles depuis au moins 3 minutes », « Pas du tout ! ». Il nie plusieurs fois. Elle commence à perdre patience. « Arrête de mentir, tu n’arrêtes pas d’insulter, de traiter une personne de connasse et de salope, ça fait un moment que j’écoute derrière la porte et ce n’est pas la première fois ! A qui parlais-tu ? ». « Si ça peut te rassurer, il ne s’agit pas de toi ! ». « Ha oui ? vraiment ? alors à qui parles-tu, il n’y a que moi dans cette maison ! » « Pas à toi ! ». « Je veux savoir à qui tu parles car je ne te crois pas, pour moi, c’est moi que tu insultes déjà depuis quelques temps! » Elle a durci le ton, dans un élan de lucidité où elle rassemble quelques forces. Il finit par lui dire « Je parle à la mère de mes enfants! ». « Pardon ? à la mère de tes enfants ? Tu me prends pour une imbécile ? Vous êtes séparés depuis 15 ans ! ». « Elle a pourri ma vie, m’a éloigné de mes enfants, je te jure que ce n’est pas à toi que je parlais, il faut me croire! ». « Comment veux-tu que je te croie alors que tu as commencé en me soutenant que tu ne parlais pas ? » Il insiste, tente désespérément de la persuader en invoquant le fait qu’il ne voulait pas la mêler à cela ! De guerre lasse, elle dit « qu’elle veut bien le croire ». Elle n’en pense pas un mot, mais elle est déjà fatiguée de bon matin… Elle finit par sortir de là. Elle ne saura jamais qui est vraiment la cible de ses insultes régulières. Probablement chaque femme qu’il a connue, y compris elle-même !

Elle est assommée par cette conversation « de la quatrième dimension », ses idées s’embrouillent.

Il sort de la salle de bain, d’humeur mitigée, cherchant à faire oublier la dernière scène. L’enchaînement des incidents du matin a refroidi sa compagne. Elle le sent agacé. Normal, il sait qu’elle n’est pas totalement convaincue par les arguments qu’il a avancés il y a quelques minutes. Elle redoute un nouvel assaut. Elle a une fois de plus l’impression de devenir folle.

9h : L’assaut redouté arrive : il pique une crise car elle a laissé « traîner » un objet dans l’entrée depuis « au moins deux semaines ! » (en réalité, depuis à peine 2 jours). Dans un réflexe de défense, elle lui montre ce que lui laisse traîner, depuis 2 à 3 semaines, dans la chambre, dans le couloir, le salon et la salle de bain. Il n’entend rien, il lui coupe la parole, change de pièce et l’insulte en lui tournant le dos. Il finit en disant « j’en ai rien à branler de ce que tu penses ! ». Elle sait qu’il le pense vraiment.

Elle se rend dans la cuisine où elle entreprend de faire la vaisselle pour s’occuper et tenter de réfléchir. De son côté, il va et vient, trie quelques papiers et l’ignore totalement.

9h30 : Sans rien lui dire, il téléphone à un couple d’amis. Il tombe sur l’épouse et se montre particulièrement sympa, avenant, il fait des blagues et rit ostensiblement. Elle ne peut pas prouver que son attitude vise à la blesser, à la provoquer, mais elle connaît ses motivations. La dernière fois que c’est arrivé, elle lui a fait remarquer qu’il était odieux avec elle mais charmant au téléphone avec son amie Marie-Hélène, il a répondu : « Je lui parle comme ça parce qu’elle ne m’a rien fait, ELLE ! » Elle lui a demandé ce qu’elle avait bien pu faire. Réponse du charmant médecin : « Tu n’as qu’à chercher, tu finiras bien par trouver ! » Bien sûr, elle n’a jamais trouvé. Elle connaît ses esquives, ses ficelles, ses fausses excuses, ses manœuvres et ses fausses démonstrations. Son propre père faisait de même.

Donc, il propose à cette amie de venir déjeuner à midi avec son mari. Le ton joyeux de l’appel ne peut que donner l’impression que tout va bien : comment les interlocuteurs pourraient-ils imaginer une seconde ce qui se passe chez leur ami cardiologue, dont le masque est si parfait ? L’amie et son mari ont d’autres engagements pour midi mais l’invitent -avec Mme Cicatrice- à venir manger le soir. Il y aura peut-être un autre couple qu’ils ne connaissent pas. Il raccroche, la soirée est donc fixée par PN qui agit comme s’il était seul. Elle le lui fait remarquer. Il rétorque « C’est moi qui ramène l’argent dans cette maison, je fais ce que je veux ! » Quel meilleur moyen de faire la démonstration de sa domination, de son mépris ?

Au bord des pleurs, elle se réfugie sur internet. Il fulmine, il râle, grogne et finit par la rejoindre 10 mn plus tard. D’un ton agressif il dit :

10h : « J’ai besoin de l’ordinateur ». « Tu vois bien que je m’en sers ! » « Oui, mais c’est urgent ». Elle sait que c’est un mensonge, mais si elle résiste, le clash sera violent. Si elle abdique, elle le laisse prendre le pouvoir mais préserve une paix relative. Elle se déconnecte et quitte le bureau sans rien dire. 5 mn plus tard, il s’habille pour aller faire son jardin. Ouf ! Malgré la paix dans la maison, elle a le plus grand mal à s’organiser, son cerveau est brouillé, son niveau d’énergie ne remonte pas. Elle travaille tout de même un peu sur l’ordinateur.

11h30 : Elle a réussi à faire deux ou trois choses, en traînant. Elle n’a envie de rien, se demande ce qu’elle a fait, tourne en rond dans sa tête et dans la maison. Elle commence à préparer un repas. Il revient dans la maison, tout sourire, lui disant « tiens, je t’ai ramassé des pommes ! », content de lui, comme si cette action était la générosité incarnée. Chaque fois qu’il fait quelque chose de ce genre, il fait en sorte de se comporter comme s’il venait de faire un geste d’une générosité absolue. Elle entend le message subliminal « Tu vois, je suis formidable, je cueille des pommes pour toi ! » Sauf que dans les 48h, il les aura toutes mangées ou il suggérera à Mme Cicatrice de faire une compote. Il aime les fruits, elle n’est pas dupe, c’est pour lui-même qu’il les a cueillis, mais elle s’abstient de le lui dire. En outre, si elle lui avait demandé de cueillir des pommes, il aurait « oublié », car, dans 90% des cas, toute demande est vécue par lui comme un ordre, surtout en l’absence de témoin. Elle le remercie quand même et lui annonce ce qu’elle prépare pour déjeuner. « Super, à tout à l’heure ma Chérie ». Ma Chérie ??? Il fait comme si de rien n’était !

12h30 : Il revient du jardin, dit d’un air joyeux « ça sent bon dans cette maison ! » et part se doucher en sifflotant. Il prépare ainsi sa demande de relation sexuelle du jour (elle reconnaît les signes avant-coureurs). Le repas se déroule sans problème, il lui parle, il la regarde même… ce qui n’est pas toujours le cas. Une fois le repas fini, il va faire une sieste et lui demande de la rejoindre, en plaisantant, en riant. Les relations sexuelles lui pèsent parfois, en particulier après une attaque, mais lorsqu’elle refuse, il y a des chances pour qu’il utilise des mesures de rétorsion. Il est possible qu’il devienne au contraire doux et mielleux, quitte à retarder le moment. Cela dépend de la date de la dernière relation sexuelle, des problèmes qu’il a eus récemment avec certains patients, et des situations qu’il n’a pas pu maîtriser. Elle cède, pour ne pas réveiller son agressivité.

14h30 : Il se réveille en forme mais elle sent qu’il est distant. Il propose une balade. Elle dit qu’elle préfère se reposer mais sa manière d’insister l’enjoint à se plier, encore une fois pour préserver son énergie. Elle sait qu’elle devrait ne pas céder mais ne peut s’y résoudre. Ils vont se balader et sur le chemin, ils rattrapent peu à peu un homme accompagné de deux femmes, dont l’une porte un short.

M. Ventricule ralentit pour mieux « reluquer » les jambes nues de la femme, il les fixe de manière anormale, lubrique même. Peu à peu, ils finissent tout de même par les rejoindre. PN les aborde : « quelle belle journée ! » « oui oui, dit l’homme, le temps idéal pour prendre l’air ». Et là PN sort le grand jeu « En plus vous êtes bien accompagné, n’est-ce pas !? » Petits sourires polis des femmes. Il poursuit : « nous, on se balade ici souvent ! » Il raconte sa vie, il fait durer. « Vous allez loin ? » « Oh…. on fera demi-tour quand on en aura assez ! » Vous allez voir, là-haut c’est très beau, on a une vue splendide ! » Tout ce blabla dans le but de charmer et séduire Mme Minishort.

Pendant ce temps, Mme Cicatrice, un peu timide, attend que son numéro de charme finisse enfin. Elle ne fait aucune remarque, par la suite, car il lui dira qu’elle se fait des idées ! Elle sait, surtout, qu’il n’attend que ça pour provoquer un conflit. En outre, il aime lui rappeler qu’en tant que cardiologue il voit des femmes déshabillées à longueur de journée, parfois très belles, même très intelligentes, célibataires de surcroît et qu’il n’aurait aucun mal à séduire ! Bref, ils finissent par repartir, en ralentissant. Il scrute les petites fleurs (dont il se fiche éperdument), pour rester à proximité de la femme en short ! Le trio, finalement, s’arrête longuement avant de redescendre, stoppant sans le savoir, la tentative de séduction du PN.

Sur le chemin du retour, il réussit à provoquer une dispute à propos du fait qu’il participe trop aux tâches ménagères (sic !). Si ce n’était pas si délirant, ce serait comique ! Il en profite pour dévaloriser son travail de professeur d’italien, qui lui laisse du temps. Lui n’a pas assez le temps. Son métier est prenant, certes mais elle lui rappelle qu’ils ont un contrat moral sur la question, qu’il s’est engagé à remplir sa part pour des tâches qu’il avait lui-même décidé de faire. Le ton monte jusqu’au moment où il lui dit « je ne sais pas si tu réalises, mais je suis le plus grand cardiologue sur la Terre actuellement! » (CQFD). Bien qu’abasourdie par cette mégalomanie, elle ne cédera pas !

18h : Retour à la maison, distant, frustré de n’avoir pas pu faire plier sa compagne, il cherche un moyen de la punir. Il ne lui parle pas, ne la regarde pas. Il se plaint d’avoir mal au dos ! Elle ne relève pas !

18h15 : Sa fille aînée lui téléphone, il s’enferme dans la chambre à coucher pour lui parler. 10 mn plus tard, il ressort. Il en parle comme si l’appel s’était bien passé. Elle avait besoin d’argent pour s’acheter une nouvelle voiture. Il monologue sur le sujet puis finit par se répandre en méchancetés : elle est conne comme sa mère, elle est nulle et elle le fait chier ! Mme Cicatrice ne relève plus, elle a déjà entendu ces « analyses » à l’emporte-pièces des dizaines de fois. Elle sait tout « le bien » qu’il pense de sa fille. Elle sait qu’au fond, il n’a aucune considération pour elle ni pour personne. Lorsqu’il prétend le contraire, c’est un merveilleux mensonge. Il veut tout de même l’assentiment de Mme Cicatrice, il veut la faire adhérer à sa vision (comme toujours). Elle élude, car elle n’est pas d’accord avec ses analyses lapidaires. Elle n’en dira rien, encore une fois. Cela ne la mènera qu’à recevoir une salve de reproches. Ne pas être d’accord avec lui, c’est être CONTRE lui. Tout est une affaire de guerre et il a besoin d’alliés même si les alliés et les ennemis changent de positions dans le temps, en fonction de ses intérêts. Sa fille, aujourd’hui l’ennemie, peut, demain, devenir une précieuse alliée dans une nouvelle guerre contre un autre membre de la famille.

18h20 : Tentant de changer de sujet, elle lui demande : « A quelle heure sommes-nous invités ? », il répond froidement : « Il n’y pas d’heure ! Tu sais bien qu’on peut arriver chez eux comme on veut ! ». Il enfile un vieux pantalon pour aller au jardin !! Ouf, un peu de répit.

19h10 : Encore un horrible dimanche! Elle tourne et vire, range deux ou trois affaires, nettoie la salle de bain en vitesse, pour s’occuper, pour ne pas qu’il trouve encore une raison de vociférer, pour se vider la tête, pour ne pas rester là, à se demander quoi faire, quoi penser de cet homme, de cette relation… Finalement elle se dit qu’il faut se préparer pour l’invitation mais, avant, elle le rejoint au jardin : « Il faudra penser à te préparer, il est déjà 19h10 ». Excédé car elle ne lui a pas donné raison au sujet de sa fille, il lui répond qu’elle le fait chier, qu’elle n’a pas à faire son éducation !

19h25 : Il rentre, se douche et se prépare en 5 mn. Il lui parle très gentiment. Il lui dit qu’elle est très bien habillée et que ça lui fait « un beau cul » ! Elle se contente de dire « merci » du bout des lèvres.

Elle déteste la vulgarité, il le sait mais Meussieur fait un compliment, elle lui doit donc reconnaissance et gratitude, alors ce n’est pas le moment de lui dire « arrête d’être vulgaire ». Elle connaît déjà la réponse « Ce que tu peux être susceptible, décidément on ne peut rien te dire! Je fais des efforts, je viens de te faire un compliment, tout le monde utilise le mot ‘cul’ (ha !?), pas la peine d’en faire tout un plat… Tu es chiante ! « 

19h45 : La soirée chez les amis commence. L’épouse du couple inconnue est assez jolie. Au moment de passer à table, M. Ventricule fait tout son possible pour être assis précisément en face d’elle ! Toute la soirée, il va parler de son métier. Le mari inconnu pose des questions, justifiant la prise de parole constante de M. Ventricule, trop heureux d’avoir un auditoire qu’il veut suspendu à ses lèvres. Il cherche à séduire, il donne des détails, des précisions, rectifie, explique, répond patiemment à chaque question ! Mme Cicatrice connaît par coeur « sa technique », elle ne dit rien, leurs hôtes sont contents car l’ambiance est bonne. Il parle sans arrêt, il boit un peu, il rit un peu et ne laisse aucune place aux autres et, surtout, il ne s’intéresse nullement à eux. Seul son intérêt compte. Personne ne peut soupçonner comment M. Ventricule a traité sa compagne toute la journée. Personne ne se rend compte qu’il ne se tourne pas une seule fois vers elle, ne serait-ce que pour lui demander si elle veut du pain, à boire, ou juste pour lui adresser un regard gentil. Elle n’existe pas, elle ne lui sert qu’à venir accompagné aux soirées et à satisfaire au repos du guerrier.

Vivement dimanche prochain !!!

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